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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 14:27

 

  map_of_bamako.jpg le 19 Octobre 2012

 

Une réunion internationale doit commencer à définir aujourd’hui (19 octobre, ndlr)  dans la capitale malienne, la feuille de route en vue d’une reconquête militaire au nord du pays, occupé depuis le mois d’avril par les groupes djihadistes. 

Une réunion internationale de haut niveau se tient ce jour à Bamako pour définir un « cadre stratégique » de reconquête militaire du Nord Mali, sous contrôle des groupes islamistes armés depuis six mois. La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Romano Prodi, récemment nommé envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU au Sahel, ainsi que le président nigérian Goodluck Jonathan sont attendus dans la capitale malienne.

Autre option : la voie du dialogue

Des représentants de l’Union européenne et de la diplomatie française devraient eux aussi assister aux travaux de ce groupe de soutien et de suivi sur la situation. Cette réunion fait suite à l’adoption, le 12 octobre, d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU invitant l’UA, la Cedeao et « tous les partenaires bilatéraux » à procéder, dans les quarante-cinq jours, « en consultation étroite avec le Mali », à « la planification conjointe » permettant à « une force militaire internationale (...) de voir le jour ». Même si la constitution d’une force ouest-africaine de 3 000 hommes reste à ce jour hypothétique, faute de troupes et de moyens suffisants, cette force militaire devra, selon les termes de la résolution, prêter « son concours aux forces armées maliennes en vue de la reconquête des régions occupées ». La réunion d’aujourd’hui, précisait encore la résolution, devra aussi définir « les modalités de l’aide internationale aux autorités de transition du Mali pour régler la crise dans le Nord ». Une aide qui devrait prendre la forme d’un « appui coordonné » aux préparatifs d’intervention militaire, « notamment sous la forme de formations militaires et de fourniture de matériels ».

Pourtant, précise une source onusienne sur le continent, la recherche d’une sortie de crise ne se résume pas à la perspective d’une intervention militaire : « On parle beaucoup de l’option militaire, côté français, mais pour la communauté internationale, il n’y a pas que cette option. Il y a aussi la voie du dialogue et du règlement pacifique du conflit. La résolution comporte aussi tout un volet sur le renforcement des institutions maliennes, le cadre de la transition, la réforme du secteur de la sécurité. » La référence, dans la résolution, à un « processus de négociations crédible en vue d’une solution politique viable, dans le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale » du Mali, a sans aucun doute contribué à rapprocher les points de vue.

Alger juge cette résolution « positive »

Jusque-là méfiante, l’Algérie a même jugé cette résolution « positive ». Elle « reprend de nombreux éléments de la démarche algérienne », se félicite Amar Belani, porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères. « La lutte contre le terrorisme reste l’objectif central de toute la démarche entérinée par cette résolution, ce qui rejoint la position des pays du champ (Algérie, Mauritanie, Niger, Mali – NDLR), qui prônent l’éradication du terrorisme et de ses affiliés du crime organisé, y compris par la force », ajoute-t-il. Mais c’est surtout la distinction entre groupes terroristes et groupes armés avec lesquels il serait possible de négocier qui satisfait l’Algérie.

La réunion d’aujourd’hui devrait aussi confirmer un engagement plus fort et plus visible de l’Union africaine. « La crise malienne (...) a un potentiel de propagation à l’ensemble de la région si elle n’est pas gérée, et même au reste du continent », affirmait Nkosazana Dlamini-Zuma, hier. « C’est donc une question très importante à laquelle nous devons nous attaquer. »

Manifestation contre l’intervention militaire. À l’appel de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam), environ 2 000 personnes ont manifesté hier dans les rues de Bamako contre l’envoi d’une force militaire internationale pour reconquérir le nord du Mali occupé par les groupes islamistes armés. « Non à la confiscation de notre souveraineté nationale », « Vive l’armée malienne », proclamaient les slogans, dirigés contre toute « présence étrangère » sur le sol malien. Le 11 octobre dernier, à la veille du vote de la résolution 2071, d’autres organisations, partis et syndicats maliens avaient rassemblé environ 10 000 personnes à Bamako en faveur d’une intervention militaire internationale.
Toujours hier, à Tombouctou, ville classée patrimoine mondial en péril, les islamistes ont détruit de nouveaux mausolées de saints vénérés par la population locale. Ils ont déjà procédé à la destruction de nombreux monuments religieux depuis juillet dans la ville aux 333 saints, mais aussi à Goudam et Gao.

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