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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 14:07

ALGERIE, DEPUIS 1962 ?

    Dans un article (P.2) de l’Humanité du 13 septembre, la journaliste Rosa Moussaoui dénonce « le système qui baillonne et pille l’Algérie depuis 1962 ».

   1962 est l’année de l’accession de l’Algérie à l’indépendance imposée au colonialisme français au prix de centaines de milliers de morts et d’innombrables autres victimes des atrocités du colonisateur. La  « guerre d’Algérie » est une des pages sombres et honteuses de notre histoire. C’est une de celles qui font honneur au peuple algérien.

   Grâce à l’indépendance, à partir de 1962, l’Algérie a tourné la page du sous-développement ; créé une puissante industrie nationalisée  et confié les propriétés agricoles abandonnées par les colons à des collectifs de travailleurs ; créé des emplois et fait reculer le chômage ; développé l’enseignement public et vaincu l’analphabétisme dans lequel le colonialisme français avait enfermé le peuple algérien ; construit des hôpitaux, mis en œuvre une grande politique de santé et éradiqué plusieurs pandémies ; développé à l’extérieur une active politique de paix et d’amitié entre les Peuples.

   Cette période, sous les présidences d’Ahmed Ben Bella  puis de Houari Boumediene, de 1962 à 1978, année de la mort du Président Boumediene, ne fut pas sans défauts, ni erreurs. Des crimes aussi malheureusement furent perpétrés et, en écrivant ces lignes je pense à notre camarade Bachir Hadj Ali, le poète, secrétaire général du Parti communiste Algérien, horriblement torturé dans les geôles du régime et dont son ami, le peintre Mohamed Khadda a fait un tableau terrible devant lequel j’ai pleuré quand je l’ai vu pour la première fois chez Naget la veuve de Mohamed.

    L’Algérie indépendante était alors sous l’autorité d’un parti unique, le FLN, tous les autres étant interdits. Ce « système » qui perdurera jusqu’en 1989 était issu du Front de Libération National qui avait dirigé le combat de 1954 à 1962 et dans lequel ses initiateurs avaient imposé que se fondent toutes les autres forces patriotiques y compris les Communistes, au nom de l’unité et de l’efficacité du combat contre l’occupant français militairement très puissant.

   J’ai ce débat avec certain(e)s de mes ami(e)s y compris algérien(ne)s : qui est responsable de ces crimes ? Sans gommer les responsabilités individuelles, ne faut-il pas s’interroger sur les circonstances historiques qui les ont engendrés ? Et ces crimes gomment-ils les acquis de l’indépendance ? A mon sens non. Nier ces acquis, c’est au fond absoudre le colonialisme et remettre en cause le bienfondé du combat pour l’indépendance. Je ne pense pas que ce soit l’opinion de Rosa Moussaoui, mais c’est pour le moins maladroit. C'est une démarche, disons le mot « révisionniste » que dénonçaient déjà en 2004 Mohammed Harbi et l’historien Gilbert Meynier et que je retrouve aujourd’hui dans un certain nombre de déclarations. Cela doit nous préoccuper.

Bernard DESCHAMPS

13 septembre 2019

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