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Les vénérables pierres chargées d’histoire de l’amphithéâtre ont vécu ce dimanche une nouvelle journée de communion collective, cette fois dans la joie de la célébration des traditions provençales et camarguaises. Pas de mises à mort, mais l’exaltation de la vie, de la compétition des hommes en blanc et de l’animal en robe noire. Les premiers s’envolant par-dessus les barrières pour échapper aux cornes effilées de leurs poursuivants. L’affrontement de deux formes du courage et de l’intelligence.
La célébration avait été précédée d’un fastueux défilé d’Arlésiennes aux robes chamarrées ; de gardians et de gardiannes chevauchant des montures d’une incroyable souplesse ; aux couleurs vert et rouge de la ville de Nîmes ; accompagné de fifres et de tambourins. Pour se terminer dans la soirée aux accents de la Coupo Santo écoutée par la foule debout et tête nue.
Dans l’intervalle un festival vertigineux d’adresse et d’agilité, de la part des hommes et des taureaux.
De l’ombre du toril surgit le noble animal. Selon son caractère, fougueux ou prudent, affrontant la lumière et l’éclat doré de la piste. Interrogatif, face aux sollicitations des silhouettes blanches. Regardant à droite et à gauche, longeant les barrières avant de s’avancer vers le centre de l’arène pour prendre la mesure de l’espace. Sollicité, il fonce d’un bond sur le téméraire qui ose l’affronter, le poursuit, s’étonne de cette main posée subrepticement sur son front et l’accompagne jusqu’au rouge obstacle que l’homme franchit d’un bond. Ces approches répétées l’énervent, il regrette ses verts pâturages et leurs eaux bienfaisantes, mais il se calme et se pose, la tête penchée, attentif aux mouvements que désormais, habitué à la lumière, il discerne avec netteté. Il choisit son futur adversaire qui s’en tirera miraculeusement après avoir cependant décroché un des glands suspendu à ses cornes. Le tonnerre d’applaudissements et les cuivres qui sonnent ne le surprennent plus car déjà entendus dans d’autres lieux.
A peine essoufflé, Il sera cependant heureux de retrouver l’ombre bienfaisante du toril.
Bernard DESCHAMPS
à l’issue de la Finale des As, octobre 2026.
