Lettre ouverte à Fabien Gay<br />
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Cher camarade Fabien,<br />
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Je voulais te féliciter pour le travail que tu as mené au Sénat sur les aides publiques aux entreprises et pour la manière dont tu continues à porter cette question dans le débat public.<br />
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Le chiffre d’au moins 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises en 2023 a le mérite de rendre visible une réalité que le discours dominant cherche trop souvent à laisser dans l’ombre. Mais je trouve surtout important que ton travail ne se limite pas à dénoncer un montant : les 26 recommandations de la commission d’enquête ouvrent la question décisive de la transparence, du conditionnement, du suivi et de l’évaluation de l’argent public.<br />
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C’est précisément là que je vois un lien très fort avec les orientations de notre 40e Congrès. À Lille, nous avons réaffirmé que le travail, l’emploi, la production, la planification et la réindustrialisation doivent redevenir des leviers de transformation du pays, avec de nouveaux pouvoirs pour les travailleuses et les travailleurs. La planification quinquennale 2027-2032 ne peut pas consister seulement à fixer des objectifs : elle suppose de dire comment et de pouvoir mobiliser et orienter les moyens financiers, industriels et humains nécessaires pour les atteindre. <br />
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De ce point de vue, les 211 milliards posent une question politique fondamentale : qui décide de l’utilisation de l’argent public et au service de quels objectifs ? Une aide publique devrait pouvoir être liée à des engagements vérifiables en matière d’emploi, de salaires, d’investissement productif, de maintien des savoir-faire, de réindustrialisation et de transformation écologique. C’est une manière concrète de commencer à déplacer le pouvoir économique en remettant l’intérêt de la Nation au cœur des choix.<br />
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Je pense aussi que ce travail peut trouver une traduction particulièrement forte dans la campagne de Fabien Roussel.<br />
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Notre campagne ne doit pas seulement opposer les travailleurs aux « cadeaux faits aux entreprises ». Elle peut montrer concrètement comment reprendre le contrôle de l’argent public pour financer la production utile, les services publics, la transition écologique, l’énergie, le ferroviaire et la réindustrialisation. C’est cohérent avec le choix fait au Congrès de placer la planification au service du plan climat et la démocratie au cœur de notre stratégie.<br />
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Cela permettrait également de donner tout son contenu au mot d’ordre « Vivre ! » : vivre dignement de son travail, mais aussi produire en France, décider de ce que nous produisons, où nous investissons et pour quels besoins sociaux et écologiques.<br />
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Je trouve donc que ton travail apporte une matière très concrète à la bataille politique que nous avons ensemble engagée. Il permet de passer de la dénonciation du coût du capital à une question beaucoup plus offensive : comment le peuple travailleur peut-il reprendre progressivement le pouvoir sur l’utilisation des richesses qu’il produit et sur les choix économiques du pays ?<br />
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C’est, à mes yeux, l’un des meilleurs points de rencontre entre ton travail parlementaire, les décisions de notre Congrès et le mandat militant que nous avons donné à Fabien Roussel pour porter notre projet dans la campagne présidentielle. Nous comptons sur toi!<br />
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Parlons clair : notre projet politique devra s’appuyer sur une majorité parlementaire dans laquelle le PCF devra être fortement représenté, et bien sûr pas le RN. Dans le Gard, LFI vient de favoriser l’élection d’un candidat d’extrême droite, faisant ainsi battre notre camarade Cathy Chauvet au profit d’un sénateur RN.<br />
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La lutte antifasciste ne peut se limiter à des appels au barrage électoral dès le premier tour de la présidentielle, pas plus qu’elle ne peut reposer sur un populisme qui entretient la colère populaire sans lui donner les moyens de transformer les rapports sociaux.<br />
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Notre responsabilité est de renforcer la conscience de classe, de reconstruire une capacité d’action collective et de mener la bataille idéologique et culturelle à partir des réalités du travail, des salaires, de la production et de l’utilisation des richesses. C’est aussi tout le sens du travail sur les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises : poser concrètement la question de savoir qui décide, pour quels intérêts et sous quel contrôle.<br />
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La campagne de Fabien Roussel doit pouvoir contribuer à construire cette hégémonie culturelle du monde du travail, en faisant émerger une majorité populaire consciente de ses intérêts et capable de les traduire politiquement. Il ne s’agit pas seulement de résister à l’extrême droite, mais de donner aux travailleurs et à notre jeunesse les moyens de reprendre leur destin en main, de peser sur les décisions économiques et de conquérir de nouveaux droits. C’est ainsi que les orientations de notre Congrès pourront devenir une force matérielle de transformation de la société.<br />
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Enfin, j’approuve la lettre que tu as reçue de la fédération de la Haute-Garonne ainsi que sa proposition. Il n’est pas tolérable que ceux qui nous enjoignent de bafouer nos règles démocratiques et nos statuts, pour que certains d’entre nous se rallient par opportunisme ou par peur, soient les mêmes qui proclament : « Fabien Roussel n’est pas un camarade », tout en prétendant vouloir rassembler au-delà de la gauche au second tour.<br />
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Le respect de nos décisions collectives, de nos statuts et de la souveraineté des adhérents n’est pas une question secondaire : c’est une condition de la démocratie militante et de la crédibilité de notre parti. On ne peut pas invoquer le rassemblement quand il sert ses propres choix et récuser la légitimité des décisions collectives lorsqu’elles ne les servent pas. Nous avons besoin d’un PCF organisé et fidèle à son mandat militant, capable de défendre son projet de transformation sociale et de construire le rassemblement populaire sans renoncer à sa stratégie de classe.<br />
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Fraternellement,