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7 octobre 2026 3 07 /10 /octobre /2026 14:02

(Photo Adlène Meddi-Substack)

La présidence algérienne a officiellement annoncé, ce lundi 5 octobre, le décès, dans un hôpital de Genève (Suisse) de Boualem Boualem, ancien directeur de cabinet d’Abdelmadjid Tebboune. Elle a également présenté ses condoléances à sa famille.

 

« Magistrat, il occupe différents postes importants dans le régime du président Abdelaziz Bouteflika jusqu'en 2019. Il est conseiller à la Cour suprême. Il est aussi sénateur de la wilaya de Tiaret affilié au Rassemblement national démocratique (RND), de 2007 à 2012, après avoir été battu lors du scrutin de 2003, puis devient membre des commissions de supervision des élections en vue des élections législatives algériennes de 2012.

 

Le 8 octobre 2015, Abdelaziz Bouteflika crée l'Onplitic, un organe d'écoutes téléphoniques, et nomme Boualem patron de l'organisme. Il s'agit d'un organe d'écoutes téléphoniques, officiellement chargé de la surveillance des communications téléphoniques et électroniques.

 

Contrairement à la plupart des membres du régime Bouteflika, Boualem arrive à amplifier son influence après l'arrivée du nouveau président Abdelmadjid Tebboune. Il doit céder la présidence de l'Onplitic au général Abdelkader Lachkhem, mais il est recommandé à Tebboune par des personnes influentes. En janvier 2020, il devient conseiller juridique au cabinet du président de l'Algérie. Toujours en 2020, il fait maintenir en détention le général Ali Ghediri, un acteur majeur lors du Hirak et candidat aux élections présidentielles qui étaient prévues en avril 2019. Dès lors, le conseiller Boualem est qualifié « d'oreille secrète du Président Abdelmadjid Tebboune ».

 

Son maintien au pouvoir après les événements de septembre 2023 étonne certains observateurs. Le 11 novembre 2023, lorsque le directeur de cabinet du président, Nadir Larbaoui, est nommé Premier ministre, Boualem est désigné pour le remplacer à titre intérimaire. Boualem est confirmé dans ce poste en janvier 2024. Selon Algérie Focus, sa nomination s'inscrit dans l'objectif du président Tebboune d'assurer la continuité du gouvernement.

 

En mars 2024, il ajoute à ses fonctions déjà très étendues celle de présider la Haute commission nationale des recours liés à l’investissement, un puissant organe de contrôle du capitalisme algérien.

 

En octobre 2025, un décret présidentiel indique qu'« il est mis fin aux fonctions de conseiller auprès du Président de la République, chargé des affaires juridiques et judiciaires, relations avec les institutions, enquêtes et habilitations, exercées par M. Boualem Boualem ». Toutefois, Boualem Boualem reste directeur de cabinet du Président. En mai 2026, il disparaît provisoirement, puis réapparaît en juin 2026.

 

Le départ définitif de Boualem Boualem est à nouveau évoqué en septembre 2026. Il meurt le 5 octobre 2026.

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A360

Avec cette disparition, le clan présidentiel perd son homme fort, celui-là même qui aura tout entrepris pour émanciper la présidence de l’hégémonie des généraux, et particulièrement de l’emprise qu’exerce sur Tebboune l’actuel chef d’état-major de l’armée, Said Chengriha.

Par Mohammed Ould Boah

Le 06/10/2026

C’est un cancer du pancréas, une maladie quasiment incurable, qui vient d’emporter, à l’âge de 74 ans, Boualem Boualem, homme à tout faire d’Abdelmadjid Tebboune, dont il était le puissant directeur de cabinet, depuis 2023. Ce magistrat de formation a été d’abord nommé conseiller juridique à la présidence dès janvier 2020, soit quelques semaines seulement après le parachutage de Tebboune à El Mouradia par le général feu Gaïd Salah, ancien chef d’état-major de l’armée algérienne.

 

Avant l’annonce de sa mort, les Algériens se demandaient où était passé Boualem Boualem, disparu des radars depuis quelques mois, malgré une brève apparition en juin dernier, lors de la réception par Tebboune de l’équipe nationale algérienne de football, en partance pour le Mondial américain. C’était sa dernière apparition publique. Il est vrai qu’en voyant l’actuel ministre d’État, Brahim Merad, ancien ministre de l’Intérieur et ancien directeur de campagne de Tebboune, camper ces derniers mois le rôle de directeur de cabinet, d’aucuns ont compris que Boualem Boualem était soit limogé en douce, soit gravement malade.

 

Avant de servir sous Tebboune, Boualem Boualem a également travaillé sous les ordres de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika qui lui a confié la direction de l’Organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication. C’est à partir de ce poste, qui lui permettait d’accéder aux communications de hauts responsables algériens, qu’il a tiré sa maîtrise des rouages du pouvoir en Algérie. C’est ce qui explique qu’il était particulièrement honni par les hauts gradés de l’armée, sur lesquels il détenait des vertes et des pas mûres.

En janvier 2026, Boualem Boualem a fait une sortie médiatique pour éteindre le feu qui couvait entre l’armée et la présidence, suite au projet de modification technique de la constitution, en vue de permettre à Tebboune de briguer un 3e mandat. Un projet qui a mis en colère le général Chengriha, qui a séché le discours annuel de Tebboune devant le parlement, ainsi qu’une réunion du Conseil des ministres.

C’est Boualem Boualem, initiateur de ce projet, qui a été obligé de démentir cette idée de 3e mandat, avant que Tebboune ne fasse de même, un mois plus tard.

Le clash armée-présidence, initié par Boualem Boualem a été précédé par d’autres épisodes à travers lesquels le défunt directeur de cabinet de Tebboune s’évertuait à mettre les généraux sous la coupe de la présidence. La chute de nombreux chefs militaires de renseignement, comme celle de l’ancien patron de la police Farid Bencheikh… participaient au bras de fer. C’est dire que Tebboune a perdu, avec la mort de Boualem Boualem, l’homme qui s’occupait de l’essentiel du travail de la présidence, en étant à la fois un président-bis et même un chef de gouvernement-bis. Ses différentes tentatives de mettre la main sur les différents services de renseignement ont échoué. Said Chengriha ne l’a jamais laissé faire, lui répondant régulièrement par des limogeages et une instabilité chronique à la tête de ces services qui échappent totalement à l’emprise de la présidence et restent, comme durant la décennie noire des années 90, sous la coupe de l’état-major de l’armée.

Avec la disparition de Boualem Boualem, c’est Tebboune qui pleure et Chengriha qui affiche le sourire.

Par Mohammed Ould Boah

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