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9 octobre 2026 5 09 /10 /octobre /2026 15:10

(Photo wikipedia)

EL MOUDJAHID

7 octobre 2026

  

Sahara occidental, Palestine, crises au Moyen-Orient et stabilité au Sahel : le chef de la diplomatie algérienne a défendu une approche fondée sur le droit international, le dialogue et le règlement politique des conflits. Il a également mis en garde contre l’affaiblissement du multilatéralisme et l’application sélective des règles internationales.

 

À l’occasion de la Journée nationale de la diplomatie algérienne, célébrée jeudi à Alger, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a réaffirmé les positions historiques de l’Algérie en faveur des causes justes et du droit des peuples à l’autodétermination.

 

Constat alarmant

 

Dans son allocution, prononcée à l’occasion du 81e anniversaire de la création de l’Organisation des Nations unies (ONU), le ministre a dressé un constat préoccupant de l’évolution des relations internationales. Il a notamment évoqué la crise du système international, le recul du respect du droit international et l’affaiblissement du multilatéralisme, dans un contexte marqué par la montée de l’unilatéralisme et des logiques de puissance.

 

Ahmed Attaf a dénoncé les tentatives de marginalisation du rôle des Nations unies ainsi que les pratiques contraires aux principes de leur Charte. Il a également critiqué l’application sélective des règles internationales, estimant que celles-ci doivent s’imposer à tous les États, indépendamment des rapports de force.

 

«La sécurité est indissociable de la justice, la stabilité de la légitimité et le développement de la paix», a-t-il souligné, affirmant qu’il est impossible de construire un ordre international plus juste sans rendre justice aux peuples opprimés et à ceux qui aspirent à exercer leur droit à l’autodétermination.

 

Sahara occidental : préserver le droit à l’autodétermination

 

Abordant la question du Sahara occidental, le chef de la diplomatie a rappelé que l’Algérie s’était engagée, au début de l’année, dans une démarche visant à contribuer à l’élaboration d’une solution politique juste et durable au conflit.

 

Pour Ahmed Attaf, le règlement de cette question doit permettre de garantir les droits du peuple sahraoui, de préserver la crédibilité des Nations unies et de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

 

Il a mis en garde contre toute tentative de détourner la question sahraouie de sa nature de question de décolonisation pour la réduire à celle des réfugiés. Les réfugiés sahraouis sont, a-t-il affirmé, «les dépositaires d’une cause juste et les défenseurs d’un droit originel à l’autodétermination».

 

Le ministre a ainsi insisté sur la nécessité de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable par les parties au conflit, dans le respect de la légalité internationale et du droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination.

 

Palestine : un soutien réaffirmé

 

Sur la question palestinienne, Ahmed Attaf a réitéré le soutien total de l’Algérie aux droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien, en particulier son droit à établir un État indépendant et souverain avec El Qods comme capitale.

 

Il a condamné les agressions contre les Palestiniens et appelé la communauté internationale à se mobiliser face aux violences à Ghaza et en Cisjordanie, tout en insistant sur le respect des résolutions internationales garantissant les droits nationaux du peuple palestinien.

 

Le ministre a également exprimé la solidarité de l’Algérie avec le Liban et la Syrie, condamnant les atteintes à leur souveraineté imputées à l’occupation israélienne.

 

Moyen-Orient : privilégier le dialogue

 

Évoquant les tensions dans la région du Golfe, Ahmed Attaf a regretté l’enlisement des efforts visant à ouvrir des perspectives de règlement du conflit. Il a renouvelé le soutien de l’Algérie aux initiatives de médiation et appelé à poursuivre les bons offices malgré les difficultés.

 

Il a condamné l’escalade dont sont victimes les États et les peuples de la région, réaffirmant la solidarité de l’Algérie avec les pays du Golfe. Il a plaidé pour que le dialogue et la raison l’emportent afin d’éviter une extension du conflit et des conséquences plus difficiles à maîtriser.

 

Le chef de la diplomatie a par ailleurs réaffirmé le soutien de l’Algérie à la légitimité, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Libye, du Soudan, de la Somalie et du Yémen. Il a rejeté toute démarche susceptible d’affaiblir les institutions de ces pays ou de favoriser les interventions étrangères.

 

Sahel : la sécurité ne peut se limiter à l’approche militaire

 

Consacrant une partie de son intervention à l’environnement régional de l’Algérie, Ahmed Attaf a souligné que la sécurité nationale était indissociable de la stabilité des pays voisins.

 

Il a présenté le Sahel comme un espace humain et historique intégré, où les enjeux sécuritaires sont étroitement liés aux défis économiques, sociaux et humanitaires. L’Algérie, a-t-il expliqué, privilégie le dialogue, la réconciliation et les initiatives s’attaquant aux causes profondes des crises, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.

 

Reprenant une analyse du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre a estimé que les problèmes du Sahel ne pouvaient être réduits à leur seule dimension sécuritaire et qu’une stabilité durable ne saurait reposer exclusivement sur des réponses militaires.

 

Dans cette perspective, l’Algérie entend poursuivre son accompagnement des pays de la région et contribuer au renforcement de leurs capacités, notamment dans le domaine énergétique et celui des infrastructures.

 

Ahmed Attaf a cité l’achèvement des tronçons restants de la route transsaharienne, dont certaines sections sont réalisées par des entreprises algériennes, ainsi que la mise en service récente de l’interconnexion des réseaux de fibre optique avec le Niger.

 

Il a également mis en avant le projet du Gazoduc transsaharien, présenté comme un pilier de l’intégration énergétique régionale et un levier de développement partagé.

 

Pour le ministre, le bon voisinage implique une responsabilité commune en matière de sécurité et de développement. L’objectif est de permettre aux peuples de la région de sortir de l’instabilité et de la précarité pour accéder à davantage de sécurité, de stabilité et de dignité.

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