Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
16 juillet 2026 4 16 /07 /juillet /2026 14:31

 

J’ai longuement hésité avant de prendre la décision dont je vais vous faire part. Et j’ai tenu à la rédiger en pesant chaque mot.

J’ai adhéré au Parti communiste français en 1951. Il y a 77 ans. Ma famille n’était pas communiste, c’est l’exemple de camarades que j’ai côtoyés, la lecture et la réflexion, le soutien du PCF aux peuples en lutte dans les années cinquante pour leur indépendance, qui m’ont conduit à m’engager. J’ai renoncé en 1965 à ma carrière d’instituteur pour me consacrer entièrement au Parti. Fils unique, j’y ai trouvé une famille, des frères, des sœurs, mes camarades, fraternels et chaleureux.

J’en ai vécu les succès et les échecs, les bonnes décisions et les erreurs, les joies et les peines. Le drame des guerres coloniales ; la critique justifiée du stalinisme ; la faute des pouvoirs spéciaux à Guy Mollet en 1956 ; 1968 et nos évolutions qui s’en suivirent ; le Programme commun et la victoire de Mitterrand en 1981 ; le tournant de la rigueur en 1983 ; la fin de l’Union soviétique ; le révisionnisme de Robert Hue et le redressement avec Marie-George Buffet. Pendant toutes ces années j’ai soutenu et contribué à la constante politique d’union des forces de gauche mise en œuvre par le PCF. J’ai combattu sans relâche l’extrême-droite qui s’était alliée en 1941 à l’occupant nazi.

Et voici, qu’à la fin de ma vie, la fille du tortionnaire Le Pen, l’héritière des collabos et des vichystes, puis de l’OAS, Marine Le Pen deux fois condamnée pour détournements de fonds publics est à la porte du pouvoir et le 40e Congrès du PCF refuse de s’engager dans la constitution d’une candidature commune de la gauche, des écologistes et des progressistes pour lui barrer la route. Notre parti renouvelle la même faute que celle tragique du Parti communiste allemand face à la montée du nazisme.

Je le dis avec beaucoup d’émotion, pour la première fois de ma vie, je ne ferai pas campagne et je ne voterai pas pour le candidat du parti. Je participerai dans les quelques mois qui nous restent jusqu’à la Présidentielle, aux initiatives pour parvenir à une candidature commune et le moment venu, si nous n’y parvenons pas, je voterai pour le candidat de gauche, écologiste ou progressiste qui m’apparaitra le mieux placé pour battre l’extrême-droite.

Je ne vous ferai pas le cadeau de quitter le parti. * Si vous l’osez, excluez moi. Un jour viendra où le PCF comme il l’a toujours fait se redressera. Pour ma part, jusqu’à mon dernier souffle je resterai communiste.

Bernard DESCHAMPS

9 juillet 2026, Assemblée des Communistes de Nîmes

 

Comme je m'y suis engagé devant les camarades de ma section (Nîmes), en plus de ma cotisation, je continuerai de verser 800€ par mois au Parti, représentant 50% de ma retraite de député (1978-1981, 1986-1988) payée par l'Assemblée nationale.

BD

Membre du Comité central du PCF, 1987-1996

Partager cet article
Repost0

commentaires

L
Cher Bernard, Chers Camarades et ami.e.s,<br /> <br /> Je viens de prendre connaissance du tweet du 4 août 2026 de Jean-Luc Mélenchon. Sa lecture met le doigt sur une contradiction stratégique réelle chez Mélenchon.<br /> <br /> Son message du 4 août accomplit simultanément trois choses :<br /> -Il condamne une ingérence russe (quid des ingérences des Etats-Unis etc.).<br /> -Il se solidarise avec Raphaël Glucksmann, qui est précisément l’un de ses concurrents directs dans l’espace de la gauche social-démocrate (anti-communiste et opposé au socialisme comme projet politique).<br /> -Il propose une coopération avec l’ensemble des forces politiques pour protéger la présidentielle de 2027, donc y compris la droite.<br /> <br /> Et cette troisième dimension est nouvelle. Le mot important de son tweet est « front commun ». Le trotskiste anti PCF Mélenchon est donc prê d'ores et déjà t au « recul », comme son vieux, sur les libertés individuelles et publiques. C’est donc tout sauf une perspective contre la fascisation.<br /> <br /> Mélenchon semble désormais intégrer dans sa stratégie la possibilité qu’il lui faille, pour conquérir l’Élysée, disposer d’une relation politiquement praticable avec une partie du bloc central, soit la bourgeoisie financière. Il prend d’ores et déjà un virage « cocardier » européiste opportuniste.<br /> <br /> S’il arrive au 2ème tour, il lui faudra obtenir une masse considérable de voix qui ne seront pas spontanément radicales. N’ayant construit aucun rapport de classe et produit aucune conscience de classe et ceci depuis 2012-2017, il devra alors convaincre et avoir le soutien des atlantistes :<br /> une partie de l’électorat socialiste ;<br /> une partie des écologistes ;<br /> une partie des classes moyennes ;<br /> une partie de l’électorat républicain modéré ;<br /> et probablement une partie de l’électorat du centre.<br /> <br /> Or son problème est précisément que son discours de rupture avec le « système », est pourtant très réformiste et déjà très modéré, voire en recul, par rapport à celui du PCF. Il est juste construit pour mobiliser et surtout épuisé la gauche au 1er tour et la livrer ensuite au Capital son 2ème tour.<br /> <br /> Mélenchon est d’ores et déjà engagé dans une stratégie d’élargissement du périmètre de sa légitimité présidentielle : après la NUPES, le NFP et le « front républicain », voici désormais le « front commun » contre les ingérences, jusqu’à l’affichage d’une solidarité avec Raphaël Glucksmann et les forces du centre. Le message est limpide : « Vous ne nous avez pas soutenus quand nous étions attaqués ; nous, nous vous soutenons maintenant. » C’est à la fois une main tendue et un rappel de dette. Surtout, cela installe Mélenchon dans la posture du candidat capable de dépasser ses intérêts électoraux immédiats au nom d’une règle commune, précisément pour devenir acceptable au-delà de son propre socle. Mais cette prétention à l’« anti-impérialisme » mérite d’être confrontée à ses choix réels : le 4 octobre 2023, il soutenait la position de Rabat sur le Sahara occidental, alignée sur celle de Washington et participant à la dynamique de rapprochement entre Rabat et Tel-Aviv. Son appropriation opportuniste de la cause palestinienne pour les élections européennes de 2024 ne saurait davantage masquer l’absence de rapports politiques avec les forces progressistes israéliennes et palestiniennes. Alors que le bloc Washington-Tel-Aviv-Rabat se trouve aujourd’hui en opposition avec Madrid sur plusieurs de ces questions, Mélenchon risque d’être, s’il arrive en tête, politiquement plus à droite que Pedro Sánchez. Car son objectif n’est plus seulement de conquérir la gauche : il est désormais de devenir acceptable pour les forces du Capital qui lui permettront d’exercer le pouvoir. Et pour cela, il lui faudra faire ce que font tous les gouvernements confrontés au réel des rapports de force : rassurer le Capital, rassurer les institutions européennes, rassurer l’appareil d’État, rassurer l’OTAN et rassurer les marchés. Cela signifie qu’une fois la victoire acquise, il lui faudra se débarrasser de ce qui, à gauche, pourrait encore entraver cette liberté de manœuvre — à commencer par les communistes — pour disposer d’un espace politique entièrement dégagé. Le précédent de Mitterrand est ici éclairant : après avoir dénoncé le « coup d’État permanent » et promis la « rupture avec le capitalisme », il a accompagné l’intégration européenne et l’ancrage atlantique et il a opéré le tournant de la rigueur. Les rapports électoraux, institutionnels et économiques l’avaient finalement conduit à appliquer une politique du Capital contre le Travail. Mélenchon nous prépare-t-il à la même conversion ? Tout indique en tout cas que son pari présidentiel porte déjà en lui cette contradiction : conquérir le pouvoir au nom de la rupture pour pouvoir ensuite gouverner au nom de l’acceptabilité. Après Mitterrand, belote et rebelote. Marx disait que l’histoire se répète : une première fois comme tragédie, une seconde comme farce.<br /> <br /> Fraternellement,
Répondre
D
On l'aura compris, je parle du rapport des forces entre formations politiques de gauche. En d'autres termes, le PCF doit il attendre d'être en position dominante ou tout au moins en position déterminante pour conclure des alliances? Je ne le pense pas. Ce sont les es circonstances qui exigent l'union.BD
Répondre
D
Le rapport des forces politiques (mouvement populaire et élections) est en effet déterminant. Mais dans le passé nous avons eu à combattre cette idée qu'il faudrait attendre d'avoir un rapport des forces suffisant pour conclure des accords avec les autres partis de gauche. Comment mesurer AVANT que le rapport des forces est suffisant ? Lors des législatives de 1936, le PCF avait obtenu 15,23%, la SFIO 19,18% et le parti radical 15,17%. En tout état de cause, quel que soit le rapport des forces, entre deux maux il faut choisir le moindre et éviter le pire. Le pire aujourd'hui est le RN.<br /> BD
Répondre
D
LES REFLEXIONS QUE M’INSPIRENT LES COMMENTAIRES DE MON TEXTE « A MES CAMARADES COMMUNISTES »<br /> Il a été lu 6 082 fois sur mon blog entre le 10 et le 18 juillet, et autour de 500 fois sur les réseaux sociaux. La plupart des commentaires sont approbateurs. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés. C’est pour moi un encouragement. Certains – peu nombreux – sont méprisants ou injurieux. Je les ignore. Par contre, un nombre appréciable conteste ma prise de position en argumentant sur le fonds. Cela mérite que l’on s’y arrête. <br /> Ai-je eu tort de faire référence à la montée du nazisme et à « la faute tragique du Parti communiste d’Allemagne » ? Certes les contextes historiques sont différents, « La République de Weimar n’est pas la France de 2027 », mais dans les deux situations, les Communistes doivent affronter la montée de l’extrême-droite raciste, antisémite et xénophobe. En Allemagne, le KPD qui, jusqu’alors avait prôné et pratiqué la politique du « front unique » contre le capital, va mettre sur le même plan ce qu’il définit comme le « social-fascisme » du parti socialiste SPD et le « national-socialisme ». Dans l’insistance de certains de mes interlocuteurs sur la différence des contextes historiques, je perçois en outre, bien qu’ils le nient, une sous-estimation de la dangerosité du Rassemblement national. Sous-estimation clairement affirmée par contre dans la phrase suivante : « Imagine-t-on Hitler ou Mussolini aux portes du pouvoir au bout de 55 ans d'échecs, d'attente (depuis que le FN existe, je crois)?! Cela n'a aucun sens. » Et assumée dans celle-ci : « Tu fais partie de cette minorité chez nous qui, par peur de voir advenir le RHaine au pouvoir est prêt à tout pour l’éviter. Ce souci est apparemment « de bon sens », mais il n’est qu’apparence. »<br /> Ce qui a le plus retenu mon attention est l’argumentation suivante : « Les stratégies successives d’union de la gauche, du Programme commun au NFP, n’ont pas empêché l’affaiblissement du mouvement ouvrier ni la progression continue du Front national puis du Rassemblement national. » Or c’est la politique d’union du PCF en 1936 qui a permis d’imposer les conquêtes sociales que l’on sait. C’est la politique d’union du PCF au sein du Conseil national de la Résistance qui est à l’origine entre autres de la Sécurité sociale. C’est la politique d’union du PCF avec le Programme commun qui a arraché les mesures positives des deux premières années du quinquennat de Mitterrand (35h, 5e semaine de congés payés, droits nouveaux des salarié.es dans les Comités d’entreprises, etc). Le coup d’arrêt du « tournant de la rigueur » de 1983 n’a pas été le fruit amer de l’union, mais la rançon de l’insuffisance du mouvement populaire. Enfin plus près de nous, la NFP a permis l’élection de député.es communistes et empêché que le RN gagne la majorité à l’Assemblée nationale. C’est chaque fois une question de rapports de forces. Le rassemblement est incontournable dans les luttes et dans les élections. N’opposons pas ces deux moments complémentaires de l’intervention populaire.<br /> Un de mes interlocuteurs ajoute : « on ne vaincra durablement l’extrême droite qu’en reconstruisant une conscience de classe et en redonnant au socialisme sa crédibilité comme alternative historique au capitalisme ». Une conscience de classe ne se forge pas en quelques mois. Or le danger fasciste est immédiat. Il faut y faire face immédiatement en regroupant toutes les forces qui lui sont hostiles. « Quand les blés sont sous la grêle/ Fou qui fait le délicat/ Fou qui songe à ses querelles/ Au coeur du commun combat », écrivait Aragon en 1943.<br /> Enfin, mais c’est un autre débat : pour moi, l’alternative au capitalisme c’est le communisme.<br /> Un mot pour terminer à l’adresse de mon camarade Dominique. L’être humain est à la foi pétri d’intelligence et de sentiments. Je suis pour ma part Communiste à la fois de cœur et de raison.<br /> Bernard DESCHAMPS<br /> 20 juillet 2026
Répondre
L
Cher Bernard,<br /> <br /> Je crois que notre désaccord ne porte ni sur la gravité du danger que représente le RN, ni sur la nécessité du rassemblement. Il porte sur la stratégie permettant réellement de le vaincre.<br /> <br /> C’est pourquoi je reste réservé devant le parallèle que tu établis avec l’Allemagne de Weimar. L’histoire ne peut être convoquée comme un simple argument d’autorité. Les rapports entre le SPD et le KPD ne commencent pas avec la « troisième période ». Ils sont marqués par la répression du mouvement spartakiste, les assassinats de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht en 1919, puis par l’échec des gouvernements ouvriers de Saxe et de Thuringe en 1923. La politique du « social-fascisme » demeure discutée par les historiens, mais réduire la victoire d’Hitler à cette seule orientation revient à effacer le rôle de la crise du capitalisme, des choix des élites conservatrices et des divisions plus anciennes du mouvement ouvrier allemand. La comparaison avec la France de 2027 me paraît donc devoir être maniée avec beaucoup de prudence.<br /> <br /> Notre divergence est ailleurs.<br /> <br /> Les grandes expériences que tu cites – Front populaire, Conseil national de la Résistance, Programme commun – n’ont jamais reposé sur l’effacement du Parti communiste derrière une autre force. Elles furent possibles parce qu’existaient un puissant mouvement ouvrier, un Parti communiste influent et un projet de transformation sociale qui donnait son contenu au rassemblement. Le rassemblement était le produit d’un rapport de force politique et social ; il n’en était pas le point de départ.<br /> <br /> C’est précisément ce que Gramsci appelle l’hégémonie : une force politique devient dirigeante lorsqu’elle parvient à faire partager son projet au peuple, non lorsqu’elle se contente d’additionner des appareils ou des suffrages.<br /> <br /> C’est pourquoi je pense que le 40ᵉ congrès marque une réorientation importante. Il ne refuse pas les alliances. Il réaffirme le socialisme comme horizon stratégique du Parti et rappelle que le rassemblement populaire ne peut être durable que s’il se construit autour d’un projet communiste clair.<br /> <br /> De ce point de vue, notre débat ne porte pas sur une personne mais sur deux conceptions de la stratégie. Depuis plus d’une décennie, une partie de la gauche s’organise autour d’une logique présidentielle, du vote utile et d’une personnalisation très forte de la vie politique. Cette stratégie a permis des résultats électoraux significatifs, mais elle n’a pas inversé le recul de l’organisation du monde du travail, ni empêché la progression de l’extrême droite, ni permis au Parti communiste de retrouver une influence durable. Il est donc légitime qu’un congrès communiste en tire un bilan.<br /> <br /> Comme l’enseignait Lénine, les alliances sont des tactiques ; elles ne sauraient se substituer à une stratégie. La question décisive est donc simple : une alliance renforce-t-elle l’autonomie politique du Parti communiste et la conscience de classe, ou conduit-elle à les subordonner à une autre orientation ?<br /> <br /> Je crois que le 40ᵉ congrès répond clairement à cette interrogation. Il ne choisit pas l’isolement ; il fait le pari qu’on ne reconstruira pas un rassemblement populaire durable sans reconstruire d’abord une force communiste autonome, porteuse d’un projet socialiste crédible, capable d’exercer une véritable hégémonie dans les classes populaires.<br /> <br /> C’est sur ce point, me semble-t-il, que notre désaccord est stratégique et qu’il mérite d’être discuté fraternellement.
D
À cause de Mitterrand, nous avons dû nous battre contre le FN/RN avec toutes les formes d'union de la Gauche possibles. Quel est le bilan ? Nul : le FN/RN progresse et aujourd'hui la Gauche ne décolle pas des 30 %, même avec le NFP. Il serait temps qu'elle se ressaisisse pour voter pour un projet SOCIALISTE et non contre... le racisme. Le fascisme est un enfant du capitalisme, né après la crise de 1929 , qui a conduit à la Seconde Guerre mondiale avec toutes ses atrocités, en particulier pour l'URSS de Staline et ses 27 millions de morts. Le capitalisme et sa branche apocalyptique, le fascisme, ne peuvent se combattre qu'avec la lutte des classes antagonistes, celle du SOCIALISME de la classe ouvrière du XXIe siècle et non pas avec des slogans antiracistes d'SOS Racisme ou de Bobos. <br /> En 2026, quels partis de Gauche sont pour le Socialisme ? Aucun : nous avons des social-démocrates ou des populistes de gauche qui ne peuvent conduire qu'à l'alternance, comme on le constate au lieu de l'alternative… Stop ! Bernard Deschamp nous dit encore !<br /> En toute logique, le candidat le mieux placé pour rassembler la Gauche pour des valeurs anticapitalistes, c'est Fabien Roussel. Si Bernard Deschamp en doute, il devrait regarder qui a conquis NÎmes : un Communiste tête de liste. "Je participerai dans les quelques mois qui nous restent jusqu’à la Présidentielle, aux initiatives pour parvenir à une candidature commune". Chiche !!! Fais campagne pour Fabien Roussel comme tu as fait campagne pour Bouget et tu seras en phase avec ton CV politique et surtout évite de faire appel à des arguments émotionnels… reste communiste avec une analyse marxiste. Pour ce qui est des responsabilités du KPD, il ne faut pas réécrire l'histoire comme elle t'arrange au présent : " Pourtant, entre 1921 et 1923, le KPD était le véritable laboratoire du front unique : des actions de masse aux côtés de la social-démocratie contre les monarchistes jusqu’à la préparation d’une troupe de choc insurrectionnelle réunissant des membres du SPD et du KPD. L’échec du gouvernement ouvrier SPD-KPD de Saxe-Thuringe et l’écrasement de la révolution allemande qui l’a suivi ont scellé le destin du KPD et de la République de Weimar".
Répondre
L
Cher Dominique,<br /> <br /> Je partage largement ton analyse sur la nécessité d’un bilan matérialiste des stratégies d’union. C’est d’ailleurs, me semble-t-il, tout l’intérêt du 40ᵉ congrès : il ne remet pas seulement en débat une candidature, il réaffirme le socialisme comme horizon stratégique du Parti.<br /> <br /> C’est une distinction essentielle. Le marxisme-léninisme n’a jamais rejeté les alliances tactiques ; Marx comme Lénine les considéraient comme des moyens, jamais comme une stratégie de substitution. La question décisive est donc toujours celle du contenu de classe du rassemblement.<br /> <br /> Le Front populaire, le CNR ou le Programme commun n’ont pas été de simples accords électoraux. Ils s’appuyaient sur un puissant mouvement ouvrier, un Parti communiste influent et un projet de transformation sociale qui donnait son sens au rassemblement. Ce n’est pas l’effacement du Parti qui rendait l’unité possible ; c’était sa force politique et son implantation populaire.<br /> <br /> À mes yeux, le 40ᵉ congrès retrouve précisément cette logique : le rassemblement n’est pas abandonné, mais il est remis au service d’un projet socialiste assumé. Autrement dit, on ne construit pas le socialisme pour préserver une alliance ; on construit le rassemblement autour d’une perspective socialiste crédible. C’est sans doute le principal apport stratégique du congrès.<br /> <br /> Fraternellement,
L
Cher Bernard,<br /> <br /> Je crois que notre désaccord n’est pas sur la nécessité du rassemblement ni sur la gravité du danger que représente le RN. Il porte sur la nature même du rassemblement. Les grandes expériences historiques que tu cites n’ont jamais reposé sur l’effacement du Parti communiste derrière une candidature commune.<br /> <br /> Elles furent possibles parce qu’existait un Parti communiste puissant, porteur d’un projet de transformation sociale, capable d’exercer une véritable hégémonie dans le mouvement populaire.<br /> <br /> C’est précisément cette capacité que le 40ᵉ congrès cherche aujourd’hui à reconstruire. Notre désaccord est donc moins tactique que stratégique : le rassemblement est-il le point de départ ou l’aboutissement d’un projet communiste ? Je crois, pour ma part, que l’histoire du Front populaire, du CNR comme du Programme commun montre que c’est toujours le projet communiste qui a donné sa force au rassemblement, jamais l’inverse.<br /> <br /> Fraternellement,

Présentation

  • : ww.bernard-deschamps.net
  • : Blog consacré pour une grande part aux relations entre l'Algérie et la France.
  • Contact

Recherche

Pages

Liens