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23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 08:56

Au mépris des Résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU qui s’est toujours prononcée pour la décolonisation et l’autodétermination du Sahara occidental, les États-Unis ont présenté au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution soutenant le plan marocain « d'autonomie ».

«Une réelle autonomie sous la souveraineté marocaine est la solution la plus pertinente», indique le paragraphe 4 du texte. Le projet de résolution «exhorte les parties à s’engager dans les plus brefs délais dans des négociations sur la base de la proposition marocaine d’autonomie, comme étant le seul cadre de pourparlers pour parvenir à une solution acceptée par les parties».

Le projet de résolution réaffirme par ailleurs que ces discussions doivent se tenir «avant la fin du mandat de la MINURSO», prévue le 31 janvier 2026. En effet, la proposition américaine recommande de prolonger le mandat de la MINURSO jusqu’à cette date. Ce calendrier vise à accentuer la pression de manière inédite sur l’Algérie et le Polisario pour reprendre les négociations.

En l’état actuel du Conseil de Sécurité qui n’est pas représentatif de l’Assemblée générale de l’ONU, ce projet trumpien de Résolution ne peut être repousssé que par un veto d’un des membres permanents. (Membres permanents : Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie. Membres non permanents : Algérie, Corée du Sud, Danemark, Grèce, Guyana, Pakistan, Panama, Sierra Leone, Slovénie, Somalie.)

Laisserons-nous se développer le projet trumpien sans réaction populaire ?

Je publie ci-dessous la position du Front Polisario qui lutte avec le soutien de l’Algérie pour l’indépendance du Sahara occidental.

Bernard DESCHAMPS  



 

 DOCUMENT : Lettre adressée au Président du Conseil de sécurité par le Représentant du Front POLISARIO à l’Organisation des Nations Unies et Coordonnateur auprès de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental

« Permettez-moi avant tout de vous féliciter d’avoir accédé à la présidence du Conseil de sécurité ce mois-ci et de vous souhaiter plein succès dans votre mission.

Lorsqu’il a exercé son droit de réponse pendant le débat général de la quatre-vingtième session de l’Assemblée générale, le Représentant permanent du Maroc auprès de l’Organisation des Nations Unies a recommencé, selon son habitude, à déformer la vérité et à tenter désespérément d’induire en erreur les États Membres sur la question du Sahara occidental.

Le représentant du Maroc, État occupant, a prétendu faussement que son pays avait « inscrit» la question du Sahara occidental sur « la liste des territoires à décoloniser » de l’Organisation des Nations Unies. Cette affirmation est totalement infondée, comme le prouvent les documents officiels de l’Organisation des Nations Unies elle-même. Il suffit de se référer, par exemple, à la séance de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale (A/C.4/SR.1506) du 9 décembre 1963, où le représentant du Maroc s’est fermement opposé à ce que le Sahara occidental soit considéré comme un territoire non autonome après que l’Espagne, Puissance administrante, avait commencé à communiquer au Secrétaire général des renseignements sur le territoire en vertu de l’alinéa e de l’Article 73 de la Charte des Nations Unies.

En effet, l’histoire est tenace, et les faits aussi. Le seul « mérite » que le Maroc, État occupant, puisse s’attribuer est l’inscription, dans le cadre de sa politique expansionniste, d’un point intitulé « le problème de la Mauritanie » à l’ordre du jour de la quinzième session de l’Assemblée générale par le biais d’une lettre datée du 20 août 1960 adressée au Secrétaire général par le Ministre marocain des affaires étrangères (A/4445). Dans son « additif au mémoire explicatif sur le problème de la Mauritanie », le Maroc affirmait que « la Mauritanie, dans les frontières qui lui étaient assignées par la France, avait toujours fait partie intégrante du territoire national du Maroc » (A/4445/Add.1, par. 1).

Il est important, dans ce contexte, de se référer à la déclaration faite le 15 novembre 1960 par le Représentant permanent de la France auprès de l’Organisation des Nations Unies, Armand Bérard, lors de la quinzième session de l’Assemblée générale, dans laquelle il défendait la Mauritanie contre les prétentions « des expansionnistes marocains » (A/C.1/SR.1109, par. 24). Il est particulièrement important de noter que, dans son argumentation, le représentant français affirmait que la expansionnistes marocains » (A/C.1/SR.1109, par. 24). Il est particulièrement important de noter que, dans son argumentation, le représentant français affirmait que la Mauritanie et le Sahara occidental n’avaient jamais appartenu au Maroc, en s’appuyant sur certains des éléments qui seraient ensuite invoqués par la Cour internationale de Justice en 1975 pour réfuter les prétentions infondées de « souveraineté » du Maroc sur

le Sahara occidental.

Le représentant du Maroc, État occupant, a invoqué une fois de plus la résolution 3458 B (XXX) de l’Assemblée générale du 10 décembre 1975, dans laquelle l’Assemblée avait « pris acte » de « l’Accord de Madrid » intervenu à Madrid le 14 novembre 1975 entre l’Espagne, la Mauritanie et le Maroc, en affirmant à nouveau que l’accord tripartite « avait mis fin à la colonisation espagnole » du Sahara occidental en faveur du Maroc, État occupant.

Il est intéressant de noter que le représentant de l’État occupant se souvient de l’enseignement tiré de notre précédente lettre (S/2024/520), dans laquelle nous avions dénoncé son travestissement délibéré des termes de la résolution 3458 B (XXX) de l’Assemblée générale, comme suite à son affirmation fallacieuse selon laquelle l’Assemblée avait « entériné » « l’Accord de Madrid ». Toutefois, il lui reste encore beaucoup à apprendre pour cesser de propager des affirmations manifestement infondées, qui sont une insulte à l’intelligence des États Membres.

Il est bien établi que l’Assemblée générale n’a jamais « entériné » ni « approuvé » « l’Accord de Madrid ». Elle n’a jamais considéré que ledit Accord avait une incidence sur le statut international du Sahara occidental en tant que territoire soumis à un processus de décolonisation, conformément à sa résolution 742 (VIII) du 27 novembre 1953 et aux autres résolutions pertinentes. L’avis juridique rendu le 29 janvier 2002 par le Secrétaire général adjoint aux affaires juridiques et Conseiller juridique de l’ONU, à la demande du Conseil de sécurité, est également parfaitement clair sur la question.

Dans cet avis, le Conseiller juridique, Hans Corell, avait établi que « [l’] Accord de Madrid ne prévoyait pas de transfert de souveraineté sur le territoire ni ne conférait à aucun des signataires le statut de puissance administrante, statut que l’Espagne ne pouvait d’ailleurs unilatéralement transférer. Le transfert des pouvoirs administratifs au Maroc et à la Mauritanie en 1975 n’a[vait] pas eu d’incidence sur le statut du Sahara occidental en tant que territoire non autonome. » (S/2002/161, paragraphe 6). La conclusion du Conseiller juridique, qui est fondée sur la Charte des Nations Unies et les principes applicables du droit international, parle d’elle-même et se passe de commentaires.

De plus, si « l’Accord de Madrid » de 1975 « avait réglé » la question du Sahara occidental, comme continue de le prétendre le représentant de l’État occupant, pourquoi l’Assemblée générale et ses organes subsidiaires, ainsi que le Conseil de sécurité, demeurent-ils saisis de la question du Sahara occidental « au titre des questions relatives [...] à la décolonisation » dans le cas de l’Assemblée et « dans le cadre des questions relatives à la paix et à la sécurité » dans le cas du Conseil (A/80/290, para 2) ?

Le représentant de l’État occupant n’a jamais été en mesure de répondre à cette question ou à toute autre question simple à ce sujet. Cela fait ressortir toute l’absurdité de l’ensemble de l’« argument » sur la base duquel l’État occupant tente de « justifier » son occupation militaire illégale du Sahara occidental, qui dure depuis 1975 en violation flagrante de la Charte des Nations Unies et de l’Acte constitutif de l’Union africaine.

Dans sa déclaration, le représentant de l’État occupant a répété les mêmes affirmations au sujet des « projets d’investissement colossaux » et autres « entreprises fictives » menés au Sahara occidental occupé, qui relèvent du mensonge éhonté, empreint de colonialisme.

Si la situation au Sahara occidental occupé est telle que décrite par le représentant marocain, pourquoi l’État occupant continue-t-il d’empêcher le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme de se rendre dans le territoire depuis 2015, en dépit des demandes répétées que le Conseil de sécurité a adressées à l’État occupant pour que celui-ci facilite de telles visites (résolution 2756 (2024) du Conseil) ? Pourquoi l’État occupant continue-t-il de refuser l’entrée aux journalistes étrangers et aux observateurs indépendants et d’expulser ceux qui parviennent à entrer au Sahara occidental occupé ?

La réponse est claire : le Maroc, État occupant, craint que le monde ne découvre les atrocités et les crimes odieux perpétrés par ses forces répressives contre les Sahraouis au Sahara occidental occupé et le véritable enfer qu’endure une population qui vit sous une occupation militaire brutale depuis 1975.

Puisque charité bien ordonnée commence par soi-même, comme dit le dicton, au lieu de propager des affirmations sur des « projets d’investissement colossaux » fictifs au Sahara occidental occupé, le représentant du Maroc, État occupant, devrait se préoccuper de la pauvreté abjecte, de la misère et des conditions inhumaines dans lesquelles vivent des millions de ses compatriotes marocains, situation qui a récemment poussé nombre d’entre eux à descendre dans la rue pour manifester contre ces conditions misérables.

Le représentant de l’État occupant a invoqué de manière fallacieuse la façon dont la question du Sahara occidental était traitée par les organes compétents des Nations Unies. Cependant, ses insinuations ne font que démontrer sa méconnaissance de la Charte des Nations Unies et des pouvoirs spécifiques de chacun des organes principaux de l’Organisation, et, en l’occurrence, de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.

Sur la base des pouvoirs conférés aux organes compétents de l’Organisation des Nations Unies conformément à la Charte des Nations Unies, le Secrétaire général a clairement indiqué dans son rapport (A/80/290) sur la « Question du Sahara occidental », daté du 31 juillet 2025, que « le Conseil de sécurité examin[ait] la situation concernant le Sahara occidental dans le cadre des questions relatives à la paix et à la sécurité, appelant de ses vœux, dans des résolutions successives, une “solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental” ». La Commission des questions politiques spéciales et  de la décolonisation (Quatrième Commission) de l’Assemblée générale et le Comité  spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux l’examinaient au titre des questions relatives aux territoires non autonomes et à la décolonisation » (par. 2).

Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir porter le texte de la présente lettre à l’attention des membres du Conseil de sécurité.

                                                                                                                              L’Ambassadeur,

Représentant du Front POLISAR

à l’Organisation des Nations Unies

et Coordonnateur auprès de la MINURSO

(Signé) Sidi M. Omar

*Lettre datée du 3 octobre 2025, adressée au Président du Conseil de sécurité par la Représentante permanente de l’Afrique du Sud auprès de l’Organisation des Nations Unies Je souhaite vous faire tenir ci-joint une lettre qui vous est adressée par l’Ambassadeur et Représentant du Front populaire pour la libération de la Saguía el-Hamra et du Río de Oro (Front POLISARIO) à l’Organisation des Nations Unies et Coordonnateur auprès de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, Sidi Omar, concernant les faits récents ayant trait au Sahara occidental

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