/image%2F1405552%2F20260720%2Fob_083c01_facebook-1783100904114-747886725453275.jpg)
Il a été lu 6 082 fois sur mon blog entre le 10 et le 18 juillet, et autour de 500 fois sur les réseaux sociaux. La plupart des commentaires sont approbateurs. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés. C’est pour moi un encouragement. Certains – peu nombreux – sont méprisants ou injurieux. Je les ignore. Par contre, un nombre appréciable conteste ma prise de position en argumentant sur le fonds. Cela mérite que l’on s’y arrête.
Ai-je eu tort de faire référence à la montée du nazisme et à « la faute tragique du Parti communiste d’Allemagne » ? Certes les contextes historiques sont différents, « La République de Weimar n’est pas la France de 2027 », mais dans les deux situations, les Communistes doivent affronter la montée de l’extrême-droite raciste, antisémite et xénophobe. En Allemagne, le KPD qui, jusqu’alors avait prôné et pratiqué la politique du « front unique » contre le capital, va mettre sur le même plan ce qu’il définit comme le « social-fascisme » du parti socialiste SPD et le « national-socialisme ». Dans l’insistance de certains de mes interlocuteurs sur la différence des contextes historiques, je perçois en outre, bien qu’ils le nient, une sous-estimation de la dangerosité du Rassemblement national. Sous-estimation clairement affirmée par contre dans la phrase suivante : « Imagine-t-on Hitler ou Mussolini aux portes du pouvoir au bout de 55 ans d'échecs, d'attente (depuis que le FN existe, je crois)?! Cela n'a aucun sens. » Et assumée dans celle-ci : « Tu fais partie de cette minorité chez nous qui, par peur de voir advenir le RHaine au pouvoir est prêt à tout pour l’éviter. Ce souci est apparemment « de bon sens », mais il n’est qu’apparence. »
Ce qui a le plus retenu mon attention est l’argumentation suivante : « Les stratégies successives d’union de la gauche, du Programme commun au NFP, n’ont pas empêché l’affaiblissement du mouvement ouvrier ni la progression continue du Front national puis du Rassemblement national. » Or c’est la politique d’union du PCF en 1936 qui a permis d’imposer les conquêtes sociales que l’on sait. C’est la politique d’union du PCF au sein du Conseil national de la Résistance qui est à l’origine entre autres de la Sécurité sociale. C’est la politique d’union du PCF avec le Programme commun qui a arraché les mesures positives des deux premières années du quinquennat de Mitterrand (35h, 5e semaine de congés payés, droits nouveaux des salarié.es dans les Comités d’entreprises, etc). Le coup d’arrêt du « tournant de la rigueur » de 1983 n’a pas été le fruit amer de l’union, mais la rançon de l’insuffisance du mouvement populaire. Enfin plus près de nous, la NFP a permis l’élection de député.es communistes et empêché que le RN gagne la majorité à l’Assemblée nationale. C’est chaque fois une question de rapports de forces. Le rassemblement est incontournable dans les luttes et dans les élections. N’opposons pas ces deux moments complémentaires de l’intervention populaire.
Un de mes interlocuteurs ajoute : « on ne vaincra durablement l’extrême droite qu’en reconstruisant une conscience de classe et en redonnant au socialisme sa crédibilité comme alternative historique au capitalisme ». Une conscience de classe ne se forge pas en quelques mois. Or le danger fasciste est immédiat. Il faut y faire face immédiatement en regroupant toutes les forces qui lui sont hostiles. « Quand les blés sont sous la grêle/ Fou qui fait le délicat/ Fou qui songe à ses querelles/ Au coeur du commun combat », écrivait Aragon en 1943.
Enfin, mais c’est un autre débat : pour moi, l’alternative au capitalisme c’est le communisme.
Un mot pour terminer à l’adresse de mon camarade Dominique. L’être humain est à la fois pétri d’intelligence et de sentiments. Je suis pour ma part Communiste à la fois de cœur et de raison.
Bernard DESCHAMPS
20 juillet 2026
