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25 septembre 2025 4 25 /09 /septembre /2025 07:15

 EL WATAN

24/09/2025

 Salima Tlemçani

« Un moment fort d’émotion a été vécu, dans la nuit de lundi à mardi derniers, au siège des Nations unies, à New York, où s’ouvraient, en marge de la 80e Assemblée générale de l’Onu, les travaux du Sommet international de haut niveau consacré à la solution à deux Etats, Palestine-Israël, censé être l’issue politique au conflit israélo-palestinien.

Une veillée particulière marquée par des moments forts d’émotion a eu lieu, durant la soirée de lundi à mardi, au siège de l’Onu, à New York, où se déroulait la Conférence internationale de haut niveau, parrainée par la France et l’Arabie Saoudite, consacrée à la solution à deux Etats, l’un israélien et l’autre palestinien, en tant qu’issue politique au conflit israélo-palestinien, qui dure depuis plus de 77 ans.

Un à un, les chefs d’Etat, ministres des Affaires étrangères et hauts responsables se sont succédé devant la tribune de l’Onu pour dénoncer la situation humanitaire catastrophique, la famine, les bombardements ininterrompus et les déplacements forcés à Ghaza, mais aussi les annexions de facto, les violences des colons, les mesures d’expulsion en Cisjordanie, qui risquent de mettre fin à toute perspective d’un Etat palestinien, et appeler à une action rapide. L’événement fait suite à la Déclaration de New York, en juillet dernier, qui met en avant la solution à deux Etats, entérinée le 12 septembre par une résolution de l’Assemblée générale de l’Onu.

Tard dans la soirée de lundi dernier, le président français, Emmanuel Macron, chef de file de l’initiative, est entré dans la salle de l’Assemblée et s'est rendu à l’estrade pour faire un discours puissant, dans lequel il a annoncé officiellement, sous les applaudissements de la salle, la reconnaissance de la Palestine par la France. Il a ensuite présenté une feuille de route pour l’après-guerre à Ghaza, qui prévoit la mise en place d’une force internationale de stabilisation mandatée par l’Onu, et le désarmement du Hamas.

«Nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la solution qui seule permettra la paix pour Israël (…), il nous appartient maintenant ensemble de déclencher une mécanique de paix répondant aux besoins de chacun», a-t-il souligné. Et d’ajouter : «Nous sommes là car le temps est venu. Le temps est venu de libérer les 48 otages détenus par le Hamas. Le temps est venu d'arrêter la guerre, les bombardements à Ghaza, les massacres et les populations en fuite. Le temps est venu car l'urgence est partout.

Le temps de la paix est venu, car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir. Certains diront trop tard, d’autres diront trop tôt, mais il est sûr que nous ne pouvons plus attendre.» Macron a parlé d’une «responsabilité historique» qui «pèse sur nous.  Nous devons tout faire pour préserver la possibilité même d’une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité». Comme pour se justifier devant Israël, qui l’accuse d'«offrir un cadeau au Hamas», Macron a dénoncé les attaques du 7 octobre et affirmé : «Nous savons qu’aucune faiblesse n’est possible face au terrorisme.

Nous savons aussi le danger des guerres sans fin. Nous savons que le droit doit l’emporter sur la force. La reconnaissance des droits légitimes de la Palestine n’enlève rien aux droits du peuple israélien, que la France a défendu dès le début, et au respect desquels elle n’est pas moins attachée. Jamais la France n’a manqué à Israël quand sa sécurité était en jeu. Cette reconnaissance de l’Etat de Palestine est une défaite pour le Hamas.»

Cette reconnaissance, a souligné le président français, est «une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple en trop, qu’il est au contraire un peuple qui ne dit jamais adieu à rien», paraphrasant ainsi le grand écrivain-poète Mahmoud Darwish, avant de lancer : «Il est temps de mettre fin à la guerre à Ghaza, aux massacres et à la mort. Il est temps de rendre justice au peuple palestinien et donc de reconnaître l’Etat de Palestine à Ghaza, en Cisjordanie et à Jérusalem (Al Qods).»

 

«Le statuquo est devenu insoutenable»

Après ces paroles fortes, Macron a évoqué la feuille de route pour l’après-Ghaza, distribuée à l’Assemblée générale quelques heures avant le début de la Conférence, dévoilant ainsi ce que sera Ghaza une fois le cessez-le feu conclu. Il a parlé d’un nouveau pouvoir, «partagé entre l’Autorité palestinienne et la jeunesse palestinienne pour remplacer et désarmer le Hamas, avec l’appui de puissances de l’ONU», avant d’exprimer la volonté de la France de «contribuer à une mission internationale de stabilisation et à soutenir, avec ses partenaires européens, la formation et l’équipement des forces de sécurité palestiniennes». Et de déclarer qu’«il appartiendra à l’Etat de Palestine de rendre espoir à sa population (…) avec un cadre d’expression démocratique, sécurisée et renouvelé». Il a annoncé l’ouverture d’une ambassade de France dans le future Etat palestinien, «lorsque les otages détenus à Ghaza seront libérés et un cessez-le feu établi».

Lui emboîtant le pas, le chef de la diplomatie saoudienne, l’émir Faisal Ben Ferhane, a déclaré : «Nous sommes réunis ici parce que le statu quo est devenu insoutenable.» Il a appelé, ce faisant, à «une paix juste et durable, garantie par la communauté internationale».

Il a réaffirmé le soutien de son pays à une solution à deux Etats au nom de l’héritier du trône, Mohammed Ben Salmane, dont l’absence a été bien remarquée, puis dénoncé «les crimes brutaux» et «les agressions d’Israël et son insistance dans ses pratiques agressives qui menacent la paix et la stabilité régionales et internationales et sapent les efforts de paix dans la région». Pour lui, «seule la mise en œuvre d’une solution à deux Etats peut apporter une paix durable» d’autant qu’elle «reflète la volonté de la communauté internationale de rendre justice au peuple palestinien et de consolider ses droits légaux et historiques conformément aux cadres internationaux, aux résolutions pertinentes des Nations unies et à l’initiative de paix arabe».

Empêché de rejoindre New York, après le refus par l’administration Trump de lui octroyer, ainsi qu'à 80 autres membres de l’Autorité palestinienne, un visa d’entrée aux Etats-Unis, le président Mahmoud Abbas  a adressé, par visioconférence, son message à l’Assemblée générale. Il a commencé par condamner ce qu’il a qualifié de «crimes» commis par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre 2023», puis «le terrorisme de la colonisation, de l’annexion et de l’atteinte aux lieux saints musulmans et chrétiens à Jérusalem», avant d’appeler la communauté internationale à «concrétiser l’Etat indépendant de Palestine».

 

Les engagements de Mahmoud Abbas

Abbas s’est également engagé à «achever les réformes du système éducatif de l’Autorité palestinienne et à mettre les manuels scolaires aux normes de l’Unesco d’ici deux ans» et annoncé l’abandon par l’AP de la politique d’«indemnités versées aux prisonniers et aux martyrs, en la remplaçant par un autre programme d’aide sociale, actuellement en cours d’examen par un cabinet international». Il a fait la promesse de faire de l’Etat palestinien futur «un pays moderne et démocratique, fondé sur le pluralisme, le pouvoir décentralisé, l’Etat de droit, l’égalité, la justice et l’autonomisation des femmes et des jeunes».

Durant cette conférence, la majorité des Etats membres qui ont pris la parole ont exprimé leur condamnation de la guerre génocidaire menée par Israël et sa politique d’annexion, et appelé à un cessez-le feu et à la libération des otages.

Juste après le discours de Macron, la Belgique, Andorre, Malte, le Luxembourg, Monaco et Saint-Marin ont annoncé leur reconnaissance de la souveraineté de la Palestine. Ils venaient de rejoindre le Royaume-Uni, le Canada, le Portugal et l’Australie qui avaient ouvert le bal, dimanche dernier, en déclarant la reconnaissance de l’Etat de Palestine. «Nous devons transformer cette reconnaissance politique en un chemin crédible vers la coexistence», a déclaré l’ex-ministre des Affaires étrangères allemande, Annalena Baerbock, qui préside l’Assemblée générale, tout en exhortant les dirigeants du monde à «donner un sens concret à la solution à deux Etats».

Au total, plus d’une dizaine de pays se sont ajoutés aux 143 qui reconnaissent l'Etat de Palestine, sur un ensemble des 193 Etats membres de l’Onu, soit l’écrasante majorité.

Ce qu’il faut retenir, c’est le fait que seuls deux pays ont boycotté la conférence. Il s’agit des Etats-Unis et d'Israël, farouchement opposés à la solution à deux Etats. Ils étaient également absents aux travaux du premier sommet sur la question et à l’initiative de Paris et Riyad, à l’issue duquel l’Assemblée générale avait adopté, le 12 septembre, la «déclaration de New York».

Dans ce document, présenté comme «crucial» par Annalena Baerbock, les Etats membres ont appelé à une «mise en œuvre effective de la solution à deux Etats» et exhorté le Hamas à «remettre ses armes à l’Autorité palestinienne» et à «mettre un terme à son administration» sur le territoire. Pour Mme Baerbock, la Conférence de haut niveau «s’inscrit dans la continuation de la déclaration et le message que nous envoyons aujourd’hui est clair : non, nous n’abandonnons pas», a-t-elle martelé. »

Salima Tlemçani

 pour EL WATAN

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