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26 septembre 2025 5 26 /09 /septembre /2025 06:27

(Photo journal Le Monde)

 

par Bernard Deschamps

Structure et composition actuelles de l’Armée nationale populaire

(à la date du 20 septembre 2025)

Chef d’Etat-major de l’ANP, ministre délégué de la Défense : Le général-major Saïd CHENGRIHA.

Saïd CHENCHIHA  est né le 1er août 1945 à El Kantara (dans l'actuelle wilaya de Biskra) .Son oncle Abdelkader CHENGRIHA est l’un des fondateurs du Croissant-Rouge algérien. Formé à l’école de Saint-Cyr-Coëtquidan, en France, il fait partie de la première « promotion de l’Indépendance». 

Forces terrestres (CFT) : 250 000 actifs.  Commandant, le général de corps d'armée Mustafa SMAÏLI depuis le 20 novembre 2024. Le général de corps d’armée, Mustapha SMAÏLI, né en 1954 à El Khroub (Constantine) est un officier issu de la génération post-indépendance qui a effectué sa formation militaire dans des écoles militaires en Algérie et à l’étranger.

Forces aériennes (CFA) : 25 000 actifs. Le 23 février 2025, le général-major Zoubir GHOUILA  a pris ses fonctions de commandant des Forces aériennes, remplaçant Mahmoud LARABA . Le général-major Zoubir GHOUILA est né le 23 mai 1961 à Bordj Ghedir, wilaya de Bordj Bou Arreridj. Il a rejoint l'Ecole Supérieure de l'Air de Tafraoui en tant qu'élève officier d'active. Pilote de Chasse de l'avion MiG-21. Le général-major Zoubir GHOUILA a été décoré de la médaille de l'ANP, de la médaille du mérite militaire et e la médaille d'honneur.

Forces  navales (CFN) : 20 000 actifs. Le commandant en chef des Forces navales algériennes est le général-major BENMEDDAH Mahfoud, depuis le 7 janvier 2021 (par intérim). Le général-major Mahfoud BENMEDDAH est né le 03 novembre 1955 à Hadjout, wilaya de Tipaza. Il a obtenu des diplômes militaires, Ingénieur d’Etat en électromécanique à BAKOU ex URSS 1974-1979, Cours de Commandement et d’Etat-Major et Armement en Russie 1991, Cours Supérieurs d’Arme et Etudes Supérieurs de Guerre en Russie 1999. Le général-major Mahfoud BENMEDDAH a été décoré des médailles de l'ANP, de  la médaille du mérite militaire et de la médaille d'honneur.

Défense aérienne du territoire (CFDAT) : 10 000actifs. Commandant le général-major Abdelaziz HAOUAM  né le 20 septembre 1954 dans la wilaya de Tébessa. Il a suivi des formations militaires au niveau de l’Académie militaire de Cherchell et à l’Académie militaire de Défense Aérienne des Forces Terrestres, en Fédération de Russie. Il occupe actuellement le poste de Commandant des Forces de Défense Aérienne du Territoire depuis le 20 décembre 2021. Le général-major Abdelaziz HAOUAM est décoré des médaille de l'ANP, de la Médaille du mérite militaire  et de la médaille d'honneur.

Gendarmerie nationale : 140 000 actifs. Son commandant, est le général Sid Ahmed BOUROMMANA depuis avril 2025. Sid Ahmed BOUROMMANA est né le 3 novembre 1963 à Alger. Il est diplômé d’ingéniorat en automatique, option génie électrique de l’École militaire polytechnique. Il a rejoint l’école des sous-officiers de la Gendarmerie à Sidi Bel-Abbès. Il a suivi  une formation au sein de l’école supérieure de la Gendarmerie nationale française à Mulhouse.

En mars 2023, à l'occasion de la Journée internationale des femmes, le général Sid Ahmed BOUROMMANA a présidé une cérémonie afin de mettre en valeur la femme algérienne. Il a indiqué à cette occasion : « la femme algérienne, au lendemain de l’indépendance, a su s’imposer en contribuant activement au processus de développement » du pays.

La Garde républicaine : Depuis janvier 2025, le commandant de la garde républicaine par intérim est le généra-major Tahar AYAD, directement placé sous les ordres du Président de la République. Le général-major Tahar AYAD   est né le 04 Février 1959 à Sabra, dans la wilaya de Tlemcen. Le général-major Tahar AYAD a été décoré de la médaille de l’ANP, de la médaille du mérite militaire et de la médaille d’honneur.

Six Régions militaires

Décret présidentiel n° 21-278 du 23 Dhou El Kaâda 1442 correspondant au 4 juillet 2021 modifiant et complétant le décret n° 84-358 du 28 novembre 1984 portant réorganisation territoriale des régions.

Région militaire 1 (centre) à Blida

Le commandant de la 1ère RM, depuis 2018, le général-major Ali SIDANE, avait  été auparavant le commandant de l’Académie interarmes de Cherchell

Région militaire 2 (ouest) à Oran

Commandant, le général-major Mohamed BRAKNI  depuis décembre 2022.

Région militaire 3 (ouest-saharien) à Béchar

Commandant, le général-major Foudil NACEREDDINE depuis le 12 novembre 2024.

Région militaire 4 (est-saharien) à Ouargla

Commandant, le général-major Amar TLEMSANI  depuis juillet 2020.

Region militaire 5 (est-algérien) à Constantine

Commandant, le général-major Noureddine HENBLI depuis le 10 mars 2020.

Région militaire 6 (sud) à Tamanrasset.

Commandant, le général-major Mohamed ADJROUD  depuis 2018.

Les services de renseignement

Le général HASSAN, de son vrai nom Abdelkader AÏT-OUARABI, 73 ans, a été nommé, samedi 24 mai 2025, à la tête de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) par le chef d’Etat-major de l’armée, le général Saïd CHENGRIHA, devenant ainsi le cinquième responsable à occuper ce poste depuis l’arrivée à la présidence d’Abdelmadjid TEBBOUNE, en décembre 2019. Il remplace le général Abdelkader HADDAD, alias Nacer EL DJIN, évincé et placé en résidence surveillée.

Proche du général TOUFIK, il a dirigé le Service de coordination opérationnelle et du renseignement antiterroriste (Scorat) de 2006 à 2013. Arrêté en août 2015, il avait été condamné à 5 ans de prison. Après sa libération en 2020, il fut réhabilité en 2021.

A la direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure, le général Rochdi Fethi MOUSSAOUI, dit SADDEK, a remplacé le général Mehena DJEBBAR, devenant ainsi le septième patron en six ans des renseignements extérieurs algériens.

Ce général de 47 ans, fils d’une figure de la révolution algérienne, est passé par Berlin et Paris.

Cette succession rapide de changements à la tête des Services qui inquiète de nombreu.ses Algérien.nes, est-elle le reflet d’adaptations opérationnelles, de règlements de comptes, de luttes de clans ? L’affrontement d’ambitions personnelles ou d’orientations politiques divergentes dans un contexte géostratégique nouveau et préoccupant ? Le retour d’un proche du général Toufik semble témoigner de la volonté renouvelée de combattre le terrorisme islamique.

Un rôle nouveau pour l’Armée algérienne

Une phase nouvelle est engagée qui vise à accroître le rôle de l’Armée et des Services .

La nouvelle Constitution adoptée en 2020, en rupture avec la tradition de non intervention de l’armée hors des frontières, indique (Article 31) : « L'Algérie peut, dans le cadre du respect des principes et objectifs des Nations Unies, de l'Union Africaine et de la Ligue des Etats Arabes, participer au maintien de la paix. ». Le Président de la République « décide de l'envoi des unités de l'Armée Nationale Populaire à l'étranger après approbation à la majorité des deux tiers (2/3) de chaque chambre du parlement » (Article 91).

Le 8 juillet 2024, à deux mois de l’élection présidentielle du 7 septembre, le Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire a publié un décret du président Tebboune qui codifie les modalités de détachements de militaires à la tête de certaines administrations civiles publiques (1).  

Ces détachements interviendront sur « décision du ministre de la Défense nationale » (Article 4), ou  « sur décision du Président de la République » pour les « officiers généraux et les officiers supérieurs […] au sein des secteurs stratégiques et sensibles en termes de souveraineté et d’intérêts vitaux pour le pays  »  (Article 8). La liste de ces secteurs stratégiques n’est pas précisée, ce qui rend leur champ extensible.

Le déroulement de carrière des personnels militaires détachés, (rémunération, grades, promotions, sanctions éventuelles) est géré par l’autorité militaire, dont ils continuent donc de dépendre. (Articles 12, 13, 17, 23).

Seconde étape : le général Saïd Chengriha, Chef d'État-Major de l’ANP  depuis le 23 décembre 2019 est depuis le 19 novembre 2024, ministre-délégué auprès du Président de la République également ministre de la Défense nationale. Il vient d’être confirmé lors du remaniement gouvernemental du 14 septembre  2025 (2). Ce n’est pas une innovation, on se souvient que le Général Khaled Nezzar avait été promu Ministre de la défense le 25 juillet 1990,  afin d’impulser le combat contre la montée du terrorisme islamique. 

Enfin, il se murmure qu’un militaire de haut rang serait pressenti pour succéder en 2029 au Président Tebboune qui ne pourra pas se représenter en raison  de la limitation à deux mandats conformément à l’article 88  de la Constitution algérienne de 2020.

Les pouvoirs du président de la République et le rôle de l’armée sont codifiés par la Constitution

Conformément à la Constitution de la République algérienne adoptée par référendum le 1er novembre 2020 et actuellement en vigueur, le président est élu pour au suffrage universel direct pour 5 ans et le nombre de mandats est limité à 2 consécutifs. (Titre III, Chapitre 2, Articles 85 et 88). Il est le Chef suprême de toutes les Forces armées, responsable de la Défense nationale (Article 91). Il nomme le Premier ministre  ou le Chef du gouvernement, « issu de la majorité parlementaire »  (Articles 91 et 110). Les membres du gouvernement sont nommés par le Président de la République « sur proposition du Premier ministre ou du Chef de gouvernement » (Article 104) et celui-ci doit soumettre « son plan d’action à l’approbation de l’Assemblée Populaire Nationale » (Article 106). Rappelons que les député.es (avec un quota obligatoire de femmes) sont élu.es au suffrage universel et à la proportionnelle. Avant le boycott décidé par les partis démocratiques, ceux-ci étaient représentés à l’Assemblée Populaire Nationale (3). « En cas de nécessité impérieuse », le Président ne peut décréter « l’état d’urgence ou l’état de siège » que sur avis « du président de l’APN, du Premier ministre et du Président de la Cour constitutionnelle » (Article 97).

Ainsi les pouvoirs certes étendus du président élu ne sont pas sans limites. Le régime algérien est en l’état actuel un régime présidentiel semi-autoritaire avec des plages de libertés démocratiques, au sein duquel l’armée joue un rôle important.

Bernard DESCHAMPS

24 Septembre 2025

1- Décret présidentiel n° 24-218 du 21 Dhou El Hidja 1445 correspondant au 27 juin 2024

2- TSA, 14 septembre 2025

3- Ordonnance n°21-01 du 26 Rajab 1442 correspondant au10 mars 2021 portant loi organique relative au  régime électoral.

 

 

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