/image%2F1405552%2F20250820%2Fob_d635d1_zhen-su.jpeg)
Zhen SU, (photo STONE RECORDS)
LE 13e RENDEZ-VOUS ANNUEL DE LA FÊTE DE L’ALTO
Les nombreux mélomanes qui se pressaient lundi soir dans la grande salle de la Filature à Lasalle (il fallut rajouter des chaises), n’étaient pas présents pour fuir la canicule (encore que la climatisation était fort agréable), mais alléchés par un programme qui chaque année, par sa qualité artistique, son ouverture au Monde et la diversité de ses cultures, nous ravit.
Des artistes de renommée internationale venus de Chine, des Etats-Unis, de France aussi bien sûr, pour un programme associant musique classique traditionnelle et musique électronique, et faisant coexister le Romantisme du XIXe siècle (Schumann, Schubert…) et les accents du patriotisme soviétique (Chostakovitch, 1960), par la grâce de l’alto, accompagné du violon, du piano, de la contrebasse, du violoncelle, de la clarinette, et cette année c’est nouveau, de la mandoline.
Un îlot de fraternité et de paix dans un Monde de plus en plus dangereux, alors qu’un génocide se déroule sous nos yeux à Gaza, et le jour même où se tenait à la Maison-Blanche à New-York une initiative pour tenter de faire la paix et mettre fin ( ?) à l’occupation de l’Ukraine par la Russie.
Nous avions rendez-vous successivement avec Robert et Clara Schumann, Jean-Sébastien Bach, Ludwig van Beethoven et Franz Schubert, interprétés par Pierre-Henri XUEREB (alto), Zhen SU (alto), Pascal MARTIN (piano) et Vincent BEER-DEMANDER (mandoline).
Pierre-Henri Xuereb à l’alto, accompagné au piano par Pascal Manti, nous interprétèrent les Romances 1 et 3, opus 94 de Robert Schumann, que celui-ci offrit t à son épouse Clara pour la Noël 1849. Une douce mélodie teintée de nostalgie pour évoquer leur bonheur, mais qui brièvement s’enflamme – au souvenir d’un drame intime ? – rapidement résolu dans le dialogue de l’alto et du piano et le retour au calme. Sur une ligne mélodique comparable, Clara offre en 1853, Romances, opus 22, 2 et 3, à un de ses amis, le violoniste Joseph Joachim. D’une grande douceur mais plus volubile. Elle s’épanche davantage, avec une note de gaîté introduite par une ritournelle.
L’alto de PHX et le piano de Pascal Mantin nous donnèrent ensuite un des chefs-d’œuvre de Ludwig van Beethoven, Romance en Fa majeur, opus 50. Œuvre d’autant plus remarquable que, Beethoven y surmonte la surdité dont il commence à être atteint, par une composition lyrique, chantante, pleine de gaîté, de bonheur accompli.
Un moment de grâce va suivre avec la prestation de Vincent BEER-DEMANDER accompagné de Pascal Mantin. Les notes cristallines, enjouées de la mandoline délicatement accompagnée du piano confèrent une étonnante fraîcheur à la Fugue BWV 1001 de J.S. Bach et à la Sonatine de Beethoven Les deux artistes seront longuement applaudis.
Il revenait à l’artiste chinoise Zhen SU, professeur de la chaire d’alto au CCOM (Central Conservatory of Music) de Pékin, de clore cette soirée inaugurale qui avait été ouverte par la secrétaire de Viv’alto, Françoise Granier qui rendit à cette occasion hommage à la présidente Marie-Hélène Bénéfice.
L’interprétation par Zhen SU, des trois mouvements, Allegro modérato, Adagio et Allegretto de la Sonate pour Arpeggione, D 821, de Franz Schubert, fut d’une remarquable virtuosité au service d’une grande sensibilité. Dans cette Sonate composée par Schubert peu avant sa mort prématurée à 31ans, alors qu’il était malade et dépressif, alternent les souvenirs joyeux et les regrets teintés d’amertume. De longs et chaleureux applaudissements saluèrent la prestation de Madame Zhen SU et de Pascal Mantin.
Un immense merci à mes ami.es si dévoué.es de Viv’alto et à Pierre-Henri Xuereb.
Bernard DESCHAMPS
Les Horts de Soudorgues
20 août 2025
