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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 12:38

EL MOUDJAHID

20 août 2025

La cause sahraouie continue d’avancer et de gagner des points, non seulement sur le terrain de la lutte armée, qui a repris depuis novembre 2020, mais aussi sur le plan politico-diplomatique […] Le dernier triomphe diplomatique en date est la remarquable participation d’une délégation sahraouie de haut niveau, conduite par le Premier ministre, Bouchraya Hammoudi Bayoun, à la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), dont les travaux ont débuté hier à Yokohama, au Japon. Cette participation vaut son pesant d’or en ce sens qu’elle a une double signification.

D’abord, elle offre une plate-forme de visibilité au plus haut niveau pour la cause sahraouie, la mettant en contact avec des dirigeants de pays du monde entier, ensuite elle consacre la normalisation de la présence sahraouie dans les forums internationaux. Cela sans oublier de souligner l’échec patent des manœuvres marocaines visant à faire barrage à la participation sahraouie en tentant vainement de faire pression sur le Japon, en sa qualité de co-organisateur de la conférence. Ainsi donc, la voix sahraouie continue de résonner dans les instances internationales.

La cause sahraouie continue également de briller sur la scène continentale, notamment à Madagascar, où s’est tenu dimanche dernier le 45e sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Le communiqué final sanctionnant les travaux de ce sommet des chefs d’Etat et de gouvernement a eu l’effet d’un séisme de haute magnitude à Rabat. Car, en réaffirmant sa solidarité avec le peuple du Sahara occidental dans sa quête d’autodétermination, la SADC a mis fin aux faux espoirs du Makhzen de voir cette organisation régionale renoncer à son engagement panafricain en faveur de l’unité des peuples africains dans la défense de leur droit à l’autodétermination et à la souveraineté.

La SADC a également appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à inclure dans le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation du référendum au Sahara occidental (MINURSO), un mécanisme de protection des droits humains dans les territoires occupés. La SADC, faut-il le rappeler, a signé un mémorandum d’entente dans le domaine de l’action politique avec la République arabe sahraouie en avril dernier. Il faut préciser que les 16 pays membres de cette organisation sous-régionale, ayant eux-mêmes conquis leur indépendance dans des contextes de lutte acharnée contre la domination coloniale et raciale, se reconnaissent fortement dans le combat du Front Polisario et de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Ils ont ainsi réitéré la constance de leur position en faveur de la reconnaissance de la RASD et de l’organisation d’un référendum d’autodétermination sous l’égide des Nations unies. Cette constance, on la trouve également dans les propos, en mars 2025, du président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, alors à la présidence tournante de la SADC, qui avait réaffirmé sans ambiguïté que « l’Afrique ne peut prétendre à sa liberté tant que le Sahara occidental n’est pas libre ».

Le soutien à la cause sahraouie s’élargit au monde politique. Ainsi, il y a dix jours, le Front Polisario a participé au Sommet des partis politiques africains, à Accra, la capitale du Ghana. La lutte du peuple sahraouie pour son droit à l’autodétermination a également enregistré un tournant historique en Europe, après le verdict de la Cour de justice de l’union européenne (CJUE), invalidant deux accords commerciaux entre le Maroc et l’Union européenne incluant indûment les territoires du Sahara occidental.

La Cour a motivé sa décision par le fait que « les accords commerciaux UE-Maroc de 2019 en matière de pêche et de produits agricoles, auxquels le peuple du Sahara occidental n’a pas consenti, ont été conclus en méconnaissance des principes de l’autodétermination ». La haute juridiction de l'UE a précisé dans son ordonnance que le Front Polisario est le seul et unique représentant légitime du peuple sahraoui. Mieux encore, la CJUE a rejeté la demande de la Commission européenne de rectifier des paragraphes spécifiques de ses arrêts de 2024 relatif au peuple du Sahara occidental, précisant que « ce dernier, en grande partie déplacé, est seul titulaire du droit à l’autodétermination par rapport au territoire du Sahara occidental ».

La CJUE a donc confirmé que « le droit à l'autodétermination appartient au peuple concerné, et non pas à la population de ce territoire en général, dont, selon les estimations fournies lors de l'audience devant la Cour par la Commission, seuls 25 % seraient d’origine sahraouie ». Une nouvelle gifle au Makhzen et à ceux qui cautionnent et soutiennent son entreprise de colonisation. Ainsi, la cause sahraouie n’avance pas seulement sur le terrain, elle gagne clairement les esprits et les arènes diplomatiques africaines et internationales, après avoir remporté toutes les batailles juridiques, aussi bien au niveau des instances internationales que continentales. La SADC, l’UA, la CJUE, la TICAD ainsi que l’inscription dans les instances des droits humains sont autant de victoires qui dessinent une nouvelle carte de la solidarité internationale avec le peuple sahraoui.

M. A. O

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