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(Photo de Vincent Beer-Demander, Concert Le Vigan)
J’avais gardé un mauvais souvenir des conditions acoustiques dans lesquelles s’était déroulé le concert auquel j’avais assisté il y a deux ans. Cette année la sonorisation est au top et le nombreux public – plus de 160 personnes, selon un représentant de la mairie qui avait acheté ce concert à l’association Viv’Alto – manifestera à plusieurs reprises sa satisfaction.
Le programme, sous la responsabilité de Pierre-Henri Xuereb, directeur musical de la Fête de l’Alto, avait été élaboré par le mandoliniste et compositeur Vincent Beer-Demander, parisien d’origine qui vit actuellement à Marseille où il a créé en 2021 le Mandol'in Marseille Festival. La mandoline, en communion avec l’alto, le violon, le violoncelle et la contrebasse, sera la reine de cette soirée consacrée à plusieurs compositeurs italiens.
A tout seigneur tout honneur, il revenait au vénitien Antonio Vivaldi (1678-1741) d’ouvrir le bal avec une composition pour mandoline et cordes en Si bémol majeur, dansante et printanière, avec tous les musiciens, dont Vincent Beer-Delmander et Benoit Lévesque à la contrebasse, la participation remarquée de plusieurs jeunes et talentueux stagiaires de l’Académie de Viv’alto, et l’éminente contribution de Pierre-Henri Xuereb à l’alto et de Christophe Giovaninetti au violon.
Les trilles de la mandoline de VBD qui suivirent me ravirent bien que Senrenatella soit d’un ami de Benito Mussolini, Piétro Mascagni (1863-1945).
Puis nous nous sommes mis au diapason de la gaîté de Napoli du fondateur italien de l’Ecole de mandoline française, Edouardo Mazzacapo (1832-1898).
Les Souvenir(s) de Sicile du mandoliniste italien, Salvatore Léonardi (1872-1938), qui vécut et mourut à Paris, nous firent rêver.
Nous avons découvert la diversité des sources d’inspiration de VBD, le dynamique animateur de cette soirée. Son lumineux Ave Maria, le croustillant Tiramisou du Panier, son affectueux Pater Noster et sa parodie de Beethoven, Ludwig Tarentella, sur un rythme de tarentelle, la danse traditionnelle du sud de l’Italie, très présente tout au long de la soirée.
La musique du film de Sergio Leone, Il était une fois dans l’Ouest, (Cera uno volta il west, Once Upon A Time In The West, Addio a cheyenne…), composée par le musicien et chef d'orchestre italien, Ennio Morricone, né à Rome en 1928 et décédé en 2020, prenait ce soir une coloration singulière, grâce à la mandoline et au violon, avant que nous soyons entraînés par une Czardas du chef napolitain Vittorio Monti (1868-1922).
De VBD, La Tarentelle à la Féloche ( le chanteur dont le style évoque à la fois le jazz et le reggae) interprétée par l’ensemble des musiciens et musiciennes dont Pierre-Henri Xuereb et Christophe Giovaninetti, révéla deux jeunes artistes de 16 et 18 ans, Sara et Yeva Harutyunyan, impressionnantes de maîtrise.
L’air célèbre, Addio a cheyenne (de Morricone), porté par les notes merveilleusement chantantes de la mandoline et les pizzicati des violons, couronna brillamment cette soirée, avant une ultime tarentelle.
Bernard DESCHAMPS
Les Horts de Soudorgues
22 août 2025
