
(Photo l'Humanité)
El Moudjahid DZ
Jeudi 19 Février 2026
« Figure emblématique de la diplomatie palestinienne, notamment en Europe, Leïla Shahid est décédée, hier, 18 février, à l’âge de 76 ans, dans le sud de la France (à Lussan dans le Gard, ndlr). Née le 13 juillet 1949 au Liban dans une famille de réfugiés palestiniens et forcément acquise à la cause de libération, la défunte aura porté le combat palestinien, avec autant de classe que d’abnégation sur la scène internationale, et un monde occidental trop souvent enclin à épouser les narratifs sionistes.
Première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, elle entame une active carrière diplomatique en Irlande dès la fin des années 1980, puis devient déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, fonctions qu’elle occupera également à Bruxelles auprès de l'UE jusqu'en 2015.
L’«ambassadrice iconique», selon le mot de l’actuelle ambassadrice de Palestine en France, a fait de solides études d’anthropologie à l'Université américaine de Beyrouth et fut d’un apport important à la promotion de la politique du leader et père fondateur Yasser Arafat, qu’elle a rejoint dès le début 1970, et ses efforts finalement contrariés de Paix.
Maîtrisant les codes occidentaux et bien imprégnée des pièges multiples des mécaniques diplomatiques et médiatiques, Leïla Shahid a su imposer la force de l’argument et l’aisance éloquente aux campagnes régulières visant à culpabiliser autant la victime et le bourreau, en puisant dans la foi profonde en l’humanité et le droit international. Il y a un peu plus d’une année, dans l’une de ses dernières interviews, sinon la dernière, Leila Shahid disait toute sa douleur de voir sombrer Ghaza dans le cauchemar et faisait noter encore aux journalistes que les mots que l’on s’acharne à poser sur les réalités en Occident sont une violence faite à la vérité.
«Vous savez, on parle de conflit ou de guerre au Proche-Orient. Mais ce ne sont pas les bons mots. Il n’y a pas ici une armée contre une autre ou un pays contre l’autre. La Palestine n’a pas d’armée (…)», a-t-elle soupiré, pourfendant «ce double langage européen» qui feint d’oublier qu’«il y a un occupant et un occupé».
M. S.
