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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 09:47

(Dernière mise à jour, le 3 décembre 2025 à 8h.)

Par Bernard Deschamps

Cette décision sans précédent a été prise le 30 novembre par le Conseil des ministres sur proposition du président Tebboune. L’annonce en a été faite par le quotidien El moudjahid du 1er décembre dans les termes suivants : « Le Conseil des ministres a décidé de relever le montant du salaire national minimum garanti (SNMG) de 20.000 DA à 24.000 DA à compter de janvier 2026. C’est la première fois, depuis l’indépendance et au fil des décennies, qu’il y a une augmentation aussi significative du SNMG, la dernière augmentation étant celle ordonnée par le président de la République en 2020 et dont le montant était de 2.000 DA. De même, le Conseil des ministres a décidé de relever le montant de l’allocation-chômage de 15.000 DA à 18.000 DA. »

Le Communiqué officiel a, dans le même temps, apporté la précision suivante : « Le président de la République a enjoint au ministre du Travail de revoir la condition relative au renouvellement du dossier de l'allocation chômage tous les six mois, soulignant que le Conseil des ministres a fixé son versement pour une durée minimale d'une année, renouvelable. »(1)

Pour juger de la portée réelle de ces augmentations, il faut les rapprocher du taux actuel d’inflation en Algérie.

Les Services français du Trésor avaient pour leur part prévu 5,2% d’augmentation de l’inflation. Celle-ci est estimée à 4% par la Banque mondiale (juin2025) et  à 2,2% par l’Office national algérien de la Statistique (septembre 2025) : « Le rythme d'inflation en glissement annuel à fin septembre 2025 représente l'évolution de l'indice des prix à la consommation sur la période allant d'octobre 2024 à septembre 2025 par rapport à celle allant d'octobre 2023 à septembre 2024. »

Les différences ont leurs sources dans la composition du « panier de la ménagère ». Pour les services officiels algériens, « L’alimentation et les boissons constituent le « poste de dépenses le plus important pour les ménages algériens, représentant 34 % du total des dépenses directement ». Il est suivi par le poste « logement et charges » qui enregistre une part égale à 29 %, selon l’ONS. Les dépenses consacrées aux « transports & communications » complètent le podium avec une part égale à 11,4 % ». (ONS).

Selon l'Office (novembre 2025), le recul du taux d’inflation « s'explique principalement par la diminution des prix des produits alimentaires, en baisse de 1,4%, ainsi que par le fléchissement des prix des produits manufacturés (-0,3%). Les produits agricoles frais ont fortement contribué à cette tendance, affichant une variation de -2,1%, notamment sous l'effet de la chute des prix des légumes (-19,0%) et de la pomme de terre (-18,1%). L'ONS précise toutefois que certains produits ont augmenté, dont la viande de poulet (+19,0%) et les fruits (+21,6%). Les produits alimentaires industriels ont également reculé de 0,7%, un mouvement attribué en grande partie à la baisse des prix des légumes secs (-0,9%), poursuit la même source. Concernant les produits manufacturés, la baisse est liée à la diminution des prix de l'habillement pour enfants (-1,6%) et des fournitures scolaires (-7,7%), tandis que certains articles, comme les chaussures pour enfants et bébés, ont enregistré une légère hausse (+0,9%). Les prix des services, eux, sont restés stables. »

Pour sa part, la Banque mondiale qui n’a pas forcément un préjugé favorable à l’Algérie, note que « Après une inflation annuelle élevée en 2023 (9,3 %), l’économie algérienne a connu une forte désinflation en 2024 (4,0 %) porté par le ralentissement des prix alimentaires (3,3 %). Cette dynamique s’est étendue à l’ensemble du panier de consommation, traduisant un apaisement global des tensions inflationnistes. »

L’estimation officielle de 2,2% d’inflation par l’Algérie parait donc proche de la réalité. L’augmentation de 20% du SMIG et de l’allocation-chômage, 5 fois supérieure à l’estimation la plus élevée du taux d’inflation, est une décision remarquable qui permet de rattraper une partie de la perte de pouvoir d’achat de ces dernières années. C’est une décision qui tranche avec les pratiques en cours actuellement dans de nombreux pays capitalistes. Elle reflète un certain redressement de l’économie algérienne et une volonté du pouvoir d’en faire bénéficier le peuple algérien.

Bernard DESCHAMS

2 décembre 2025

 

1- En France, la durée d’indemnisation est égale au nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat de travail identifié sur les 24 ou 36 derniers mois de travail et la date de fin de contrat de travail précédant la demande d’allocations.

Autrement dit, sont comptabilisés tous les jours calendaires compris entre ces deux bornes (premier jour de votre premier contrat de travail en remontant dans les 24 ou 36 derniers mois et la date de fin de votre dernier contrat de travail), que ces jours soient des jours travaillés ou des jours non travaillés.

En pratique, la durée maximale de l’indemnisation qui vous sera notifiée ne peut pas dépasser:

548 jours (18 mois) si vous avez moins de 55 ans à la date de fin de votre contrat de travail ;

685 jours (22,5 mois) si vous avez 55 ou 56 ans à la date de fin de votre contrat de travail ;

822 jours (27 mois) si vous avez au moins 57 ans à la date de fin de votre contrat de travail.

À noter : En cas de conjoncture défavorable, les demandeurs d’emploi en fin de droits (s’il leur reste moins de 30 jours d’allocations) pourront bénéficier d’un complément de fin de droit.

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