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(Photo L'Equipe)Le 29 juin dernier, le Monde Afrique (avec l’AFP), nous apprenait que « Le reporter a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » après avoir été en contact avec un dirigeant d’un club de football (la JSK, ndlr), par ailleurs responsable d’un mouvement classé terroriste par Alger ». La peine a été confirmée le 3 décembre 2025 par la Cour d’appel de Tizi Ouzou.
Cette qualification, « mouvement classé terroriste » est également utilisée le 3 décembre 2025 par Radio France et par France Info : «responsable du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie, considéré comme une organisation terroriste par les autorités algériennes depuis 2021 ».
La Jeunesse sportive kabyle (JSK) est un club omnisports algérien fondé le 2 août 1946 et basé à Tizi-Ouzou. Répondant à l'appel au boycott lancé par le Front de Libération National, la JS Kabylie avait cesse comme tous les autres clubs algériens de participer aux compétitions coloniales en 1956.Considéré comme le plus grand club de football d'Algérie, la JS Kabylie a remporté de multiples trophées. Sacré champion d'Algérie à 14 reprises en 56 participations consécutives, elle est l'équipe la plus titrée dans cette compétition.
Ce club dont la popularité s'étend bien au-delà des frontières de Tizi Ouzou est supporté avec ferveur dans toute la Kabylie. Son histoire et ses couleurs sont très présentes dans l'imaginaire populaire et le folklore kabyles. Elles participent d'une symbolique transcendant le domaine sportif et sont souvent revendiquées comme un marqueur identitaire de la cause berbère.
Le magazine Jeune Afrique écrit le 11 août 2023 : « Plus qu’un club de football – pourtant le plus titré d’Algérie –, la Jeunesse sportive de Kabylie a su incarner les aspirations d’autonomie ou d’indépendance du peuple kabyle » et rappelle entre autres que le 19 juin 1977, l’hymne national algérien avait été sifflé, le président Boumediene étant présent, au stade du 5 juillet à Alger. Cependant la JSK nie toute appartenance au MAK.
Le dirigeant de la JSk qu’aurait rencontré Christophe Gleizes en 2015 et 2017 est l’homme d'affaires Cherif Mellal qui fut président de la JSK du 8 février 2018 au 15 septembre 2021 et qui a été destitué de son poste de président le 21 mars 2021 pour son appartenance au MAK, ce que nie l’intéressé (Communiqué de son Comité de défense (Fetta Sadat, le 2 décembre 2025)
Le « mouvement classé terroriste » est le MAK. Selon TV5monde du 1er juillet 2025, le MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie) « devient (en 2010, ndlr) le MAK-Anavad, prônant non plus seulement l’autonomie mais l’autodétermination et la création d’un État kabyle indépendant. […] En 2010, Ferhat Mehenni, président du MAK, crée un « gouvernement provisoire kabyle » en exil, installé à Paris ». Le 19 octobre 2025, un Congrès extraordinaire tenu à Paris a approuvé à l’unanimité la Déclaration d’indépendance du pays kabyle. (Kabyle.com du 19 octobre 2025).
Le 4 décembre 2025, le quotidien algérien d’opposition El Watan écrit : « Le passage à l’acte violent, longtemps réfuté, apparaît désormais comme la pièce maîtresse du mensonge. Le mythe d’un «combat pacifique» s’effondre sous le poids des mots des repentis. Mhand Beloucif (ancien cadre du MAK, ndlr) révèle un aspect jusqu’alors caché : «On nous parlait de protection, mais la réalité, c’était la préparation à la guerre. Ils cherchaient à acquérir des armes, à nous former en Israël… On ne défendait plus une culture, on préparait un brasier contre nos propres frères.» Ces confessions dévoilent une architecture clandestine visant à transformer la Kabylie en champ de bataille, en lien avec des acteurs internationaux et des financements étrangers. Les dissidents dénoncent des liens avec des puissances étrangères : Maroc, Israël, Emirats arabes unis. »
A la suite de l’invitation du MAK en 2017, à la fête de l’Humanité faite par erreur par la direction de la fête, contre laquelle je m’étais élevé, j’avais reçu des insultes et des menaces que l’on peut lire sur mon blog à la date du 14 octobre 2017 : « vous êtes l'insulte ré-incarnée à l'égard de la france que vous avez trahie et surtout à l'égard des algériens que vous avez vendu […]vous trificotez, brigandait avec les criminels de guerre, à savoir les généraux qui ont assassiné sans que vous n'ayez ouvert votre bouche baveuse des centaines de milliers d'algériens depuis la fausse indépendance volé par les anciens de l'armée france et par les gauchistes comme vous… »
Plusieurs partis algériens de gauche combattent le MAK, notamment le PADS (communiste), le FFS (socialiste, TSA, 11 septembre 2021)
Christophe Gleizes a été condamné en s’appuyant sur le Code Pénal 2012, Deuxième Partie - Titre I - Chapitre I- Section IV bis: Art. 87 bis. (Nouveau) qui stipule :
- Est considéré comme acte terroriste ou subversif, tout acte visant la sûreté de l’Etat, l’intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions par toute action ayant pour objet de:
- Art. 87 bis 4. (Nouveau) - Quiconque fait l’apologie, encourage ou finance, par quelque moyen que ce soit, des actes visés à la présente section, est puni d’une peine de réclusion à temps de cinq (5) à dix (10) ans et d’une amende de cent mille (100.000) DA à cinq cents mille (500.000) DA.
La presse française, dont le quotidien communiste l’Humanité, a dénoncé la condamnation de Christophe Gleizes, au nom de la liberté de la presse, considérant qu’il était légitime d’interviewer les responsables du plus grand club de foot d’Algérie et qu’il n’est pas prouvé que Christophe Gleizes ait eu l’intention de mettre le MAK, mouvement séparatiste, en valeur.
Bernard DESCHAMPS
8 décembre 2025
