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(Photo Reporterre)
Nations unies, 17 novembre 2025
(Communiqué officiel)
Le Conseil de sécurité a adopté lundi une résolution autorisant la création d'une force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre entre Israël et le Hamas.
Le texte présenté par les Etats-Unis a été adopté par 13 voix pour et 2 abstentions (Chine et Russie).
La résolution consacre le « Plan d’ensemble du Président Donald J. Trump » visant à mettre fin au conflit à Gaza, et demande à toutes les parties de l’appliquer dans son intégralité, « notamment de respecter le cessez-le-feu, de bonne foi et sans délai ».
Ce plan américain prévoit plusieurs mesures essentielles, dont la création d’un « Conseil de paix » pour coordonner les efforts de reconstruction et d’une « Force internationale de stabilisation », et la reprise complète de l’aide humanitaire à Gaza.
La force doit permettre de soutenir le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre et d'éviter un vide politique que le Hamas pourrait exploiter.
« Aujourd’hui nous pouvons éteindre les flammes et allumer la bougie de la paix. Cette bougie c’est le plan en 20 points du Président Trump », a déclaré le représentant permanent des États-Unis auprès des Nations Unies, Mike Waltz, avant la mise aux voix du projet.
« Voter "oui" c’est affirmer notre humanité commune. C’est dire que les Nations Unies peuvent encore être un phare et pas seulement un témoin passif. Voter contre c’est revenir à la guerre », a-t-il dit.
Critiques de la Russie et de la Chine
Le représentant de la Russie a reproché au Conseil de sécurité de donner « son accord à une initiative américaine sans connaître les modalités d’action ». Il a critiqué l’absence de clarifications essentielles : pas de calendrier pour transférer Gaza sous contrôle de l’Autorité palestinienne; pas de garanties concernant le fonctionnement du Conseil de paix et de la Force internationale de stabilisation.
Moscou, a expliqué le représentant, a pris note du soutien de Ramallah et de plusieurs États arabo-musulmans au projet de résolution, ce qui l’a conduit à ne pas présenter son propre projet de résolution concurrent.
Le représentant de la Chine a également déploré le manque de clarté de la résolution, pointant notamment l’absence de précisions entourant la composition du Conseil de paix.
Un cadre juridique jugé nécessaire
La résolution confère à la force de stabilisation un cadre juridique international jugé nécessaire par les pays susceptibles de fournir des troupes et les donateurs. Aucune présence de maintien de la paix des Nations Unies n'est envisagée.
Interrogé récemment sur le déploiement d'une force internationale à Gaza, le Secrétaire général de l’ONU António Guterres avait insisté sur la nécessité d'un mandat onusien. « Nous estimons que toute entité créée à Gaza doit bénéficier de la légitimité d'un mandat du Conseil de sécurité », avait-il dit.
Le vote au Conseil pourrait marquer une transition décisive du conflit actif à la stabilisation et à la reconstruction, en combinant des garanties de sécurité à des réformes de la gouvernance. »
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ATTAF EXPLIQUE POURQUOI L’ALGERIE A VOTE POUR LE PLAN DE TRUMP
TSA
Makhlouf Mehenni
18 novembre 2025
L’Algérie a voté pour le plan de paix du président américain Donald Trump pour Gaza, soumis lundi 17 novembre à l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU. Le plan a été adopté par 13 voix sur 15, la Russie et la Chine s’étant abstenues.
Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a animé ce mardi 18 novembre une conférence de presse à Alger, au cours de laquelle il a abordé plusieurs points, en tête desquels ce vote par l’Algérie du plan américain pour l’après-guerre à Gaza.
Le chef de la diplomatie algérienne a reconnu que le plan n’est pas sans insuffisances et est entaché de quelques ambiguïtés et que la résolution adoptée lundi n’aborde pas les causes profondes du conflit de manière à garantir la réunification des territoires palestiniens.
Si l’Algérie a voté pour cette résolution, c’est parce que “la priorité des priorités” en ce moment c’est la consolidation du cessez-le-feu dans l’enclave palestinienne et aussi parce qu’il s’agit de l’avis de tout le monde arabe et musulman, à commencer par les Palestiniens eux-mêmes.
Plan de paix pour Gaza : le vote de l’Algérie expliqué par Ahmed Attaf
“L’Algérie ne peut se désolidariser de la position de ses frères palestiniens et du consensus arabo-islamique qui soutient le projet de résolution. L’Algérie ne peut adopter une position contraire à ses propres convictions”, a indiqué le chef de la diplomatie algérienne.
Ahmed Attaf a expliqué que la résolution du Conseil de sécurité aborde le conflit israélo-palestinien sur un aspect précis qui est la récente agression israélienne et la gestion de la phase qui a suivi cette agression.
Une phase dans laquelle il est impératif de consolider l’accord de cessez-le-feu, de faciliter l’arrivée de l’aide humanitaire et de lancer en urgence le processus de reconstruction de Gaza qui a été détruite par deux ans de guerre.
“Nous espérons que cela contribuera à soulager les souffrances infligées au peuple palestinien”, a souhaité le ministre algérien, qui a en outre exprimé le vœu que cette étape soit suivie d’une autre qui abordera le fond du conflit et ouvrira la voie à la création d’un État palestinien souverain.
© 2025 TSA Algérie
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l’Humanité…LE CONSEIL DE SECURITE VALIDE LE DEPLOIEMENT D’UNE FORCE INTERNATIONALE…ET LE RESTE DU PLAN TRUMP
Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté, lundi 17 novembre, pour le déploiement d’une force internationale dans la bande de Gaza et par là même pour le plan de Donald Trump qui comprend notamment la création d’un comité pour assurer une « gouvernance de transition » présidé par le chef d’État lui-même. Quant à la perspective d’un État palestinien, elle est repoussée à un horizon flou et lointain. Treize votes favorables ont été recueillis, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues.
Publié le 18 novembre 2025
La rédaction
Au Conseil de Sécurité de l’ONU, treize votes favorables ont été recueillis, lundi 17 novembre, pour adopter la proposition états-unienne visant à enclencher la deuxième phase du plan de Donald Trump dans la bande de Gaza, soit le déploiement d’une force internationale. La Russie et la Chine se sont abstenues.
Plusieurs fois modifiée lors de négociations sensibles, la résolution « endosse », par ce vote, le plan en vingt points de Donald Trump, critiqué pour ses imprécisions et les faibles exigences portées sur Israël. La résolution donne mandat jusqu’au 31 décembre 2027 à un « Comité de la paix », organe de « gouvernance de transition » jusqu’à la réforme – dont les attendus ne sont pas précisés – de l’Autorité palestinienne. Ce comité doit être présidé par Donald Trump lui-même.
Une allusion floue à un futur État palestinien
Contrairement aux premières versions, l’éventualité d’un État palestinien est mentionnée. La résolution indique que « les conditions pourraient finalement être en place pour un chemin crédible vers une autodétermination palestinienne et un statut d’État » et mentionne un « dialogue entre Israël et les Palestiniens pour s’entendre sur un horizon politique de coexistence pacifique et prospère ». Bien que l’allusion à un futur État palestinien soit floue et repoussée à un horizon lointain, le ministre israélien de la sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a vivement réagi lundi, peu avant le vote, Sur le même thème
« S’ils accélèrent la reconnaissance de cet État fabriqué, si l’ONU le reconnaît, vous (…) devez ordonner des assassinats ciblés de hauts responsables de l’Autorité palestinienne, qui sont des terroristes à tous les égards (et) ordonner l’arrestation d’Abou Mazen », le surnom de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, avait déclaré le ministre d’extrême droite. Dimanche 16 novembre, Benyamin Netanyahou avait, lui, rappelé son « opposition à un État palestinien sur quelque territoire que ce soit ».
La formulation retenue sur la question qui met à bonnes distances cette perspective a dû le satisfaire, le premier ministre israélien a en tout cas salué, ce mardi, le vote de la résolution. « Nous pensons que le plan du président Trump mènera à la paix et à la prospérité car il insiste sur la démilitarisation complète, le désarmement et la déradicalisation de Gaza », indique un message en anglais de son bureau sur X.
Un retrait israélien sans calendrier
Le texte « autorise » une « force de stabilisation internationale » (ISF) chargée notamment de la sécurisation des frontières avec Israël et l’Égypte, de la démilitarisation de Gaza, du désarmement « des groupes armés non étatiques », de la protection des civils et de la formation d’une police palestinienne.
Cette ISF pourrait être composée de « troupes venues d’Égypte, d’Indonésie, d’Azerbaïdjan et du Pakistan – la Turquie est volontaire mais Israël s’y oppose compte tenu des liens d’Ankara avec le Hamas – », selon les informations du Monde. Bien que le texte ne donne pas de calendrier, la résolution précise que le dispositif devrait « conduire au retrait graduel des forces israéliennes de la bande de Gaza », précise le quotidien.
« Qu’avons-nous fait pour mériter tout cela ? » : les habitants de Gaza en proie aux inondations et au blocus israélien
Face au vote du Conseil de Sécurité, Donald Trump s’est félicité d’une « des approbations les plus importantes de l’histoire des Nations Unies ». Pour Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, son adoption est « une étape importante dans la consolidation du cessez-le-feu » à Gaza.
De son côté, Le Hamas a estimé que le texte, soutenu par l’Autorité palestinienne, « ne répond (ait) pas aux exigences et aux droits politiques et humains » des Palestiniens. Il « impose un mécanisme de tutelle internationale sur la bande de Gaza, ce que notre peuple, ses forces et ses composantes rejettent », a écrit le mouvement.
La France a voté pour la résolution
L’Agence France-Presse rapporte que pour la France, qui a voté en faveur de cette résolution, celle-ci « répond aux besoins les plus urgents des populations et permet de soutenir les efforts de paix en cours ». « Nous nous sommes assurés que le texte (…) inclue des éléments importants pour nous, et notamment des références à la perspective d’un État palestinien », a ajouté une source diplomatique à l’AFP.
Louis Charbonneau, de l’ONG Human Rights Watch, a insisté sur le fait que la résolution ne diminue en rien « l’obligation qu’ont Israël et ses alliés de se conformer au droit international humanitaire et aux droits humains ».
La Russie, qui avait fait circuler un texte concurrent le 13 novembre, intégrant explicitement « l’engagement inébranlable à une vision d’une solution à deux États », avait justifié cette initiative par le fait que la résolution américaine n’allait pas assez loin sur la perspective d’un État palestinien. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassili Nebenzia, a regretté que « le Conseil donne son aval à une initiative américaine sur la base de promesses de Washington, accordant le contrôle total de la bande de Gaza au Comité de la paix ».
