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(Photo Facebook)
Nous quittons le soleil et la boutique marchande de la Grotte de Trabuc et, sans transition, nous sommes aspirés par le vide. Les quelque deux cents marches d’un escalier métallique nous rattachent au monde d’aujourd’hui, mais nous éprouvons le sentiment vertigineux d’un bond en arrière de plusieurs milliers d’années. Un paysage fabuleux nous entoure, peuplé d’oiseaux figés dans la pierre et de personnages mystérieux revêtus d’amples manteaux - dépouilles momifiées des bandits qui un temps occupèrent ces lieux ? Soudain des notes cristallines s’élèvent qui rompent le silence sidéral. Venues de très loin, du fond des âges et de terres lointaines, elles témoignent d’une sensibilité inconnue qui nous émeut.
La flûte traversière du Maître Weiliang Zhang prend dans ce cadre une résonnance singulière. Les sons de ses improvisations se prolongent, leur vibration et le velouté de certaines modulations habillent tout l’espace et glissent sur les tentures de pierre ocre. C’est l’âme d’un peuple qui s’exprime et nous effleure de son aile.
Dans une atmosphère de brume matinale, l’alto de Ruixin Niu et la flûte de Weiliang Zhang font pour nous surgir le soleil levant.
Les Duos de Wolfgang Amadeus Mozart (KV 423 et KV 424) retrouvent leur limpidité originelle sous la voûte de la Salle des 10 000 soldats. La finesse, la sensibilité du violon de Christophe Giovaninetti accompagné de l’alto de Pierre-Henri Xuereb peuvent ici pleinement s’exprimer et pénètrent l’auditoire.
Cette expérience musicale au centre de la terre qui, grâce à Viv’Alto, se renouvelle chaque année, est à la fois fidèle à elle-même et toujours riche de sensations nouvelles.
Bernard DESCHAMPS
