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22 août 2026 6 22 /08 /août /2026 05:30

 

(ISANG YUN, photo wikipedia)

Le miracle se poursuit. Par la grâce du violon, de l’alto et du violoncelle, nous abordons de nouveaux rivages. Après la soirée décevante d’hier à Saint-Christol-les-Alès en raison de la mauvaise acoustique de la salle et de la sono déficiente, nous nous retrouvons dans la salle de la Filature du Pont de fer à Lasalle. D’entrée nous sommes conquis par l’exécution très maitrisée et sensible de la Sonate en ut mineur de Maurice Ravel par Chloé Thevenin au violon et Irène Malgloire au violoncelle. Deux « Jeunes talents » très prometteurs. Aux pizzicati allègres et mutins, quelque peu ironiques, succèdent des élans de passion puis la douceur d’une rêverie que je n’ai pas ressentie austère comme la décrivent  certaines critiques.

Les violons de Marc Vieillefon et de Christophe Giovaninetti et le violoncelle du danois Toke Moldrup vont nous plonger dans l’atmosphère romantique de la fin  du XVIIIe siècle en interprétant un trio plein d’émotion du compositeur italien Luigi Boccherini (1760- 1805).

D’Erevan du compositeur Marc Vieillefon, au-delà la virtuosité du compositeur et de Christophe Giovaninetti aux violons, j’ai aimé le 3e mouvement « Maman » plein de tendresse qui contrastait avec   les autres mouvements à mon goût un peu trop intellectuels.

Ma véritable découverte fut « Contemplation » du Sud-Coréen Ysang Yun (1917-1995), interprété à l’alto par Ruixin Niu et Pierre-Henri Xuereb. Composé en 1988, donc une vingtaine d’années après l’épisode dramatique de l’arrestation en 1967, de la torture et de l’incarcération du compositeur sous prétexte d’espionnage au profit de la Corée du Nord, j’y ai perçu  - mais peut-être s’agit-il d’un apriori politique de ma part – comme une douleur persistante et, sans agressivité, une certaine interrogation. Très émouvant.

De découverte en découverte. Hammel Johan Nepoluk, un pianiste autrichien (1778-1837), élève de Mozart et contemporain de Beethoven, « injustement oublié » nous dit Perre-Henri Xuereb. Son Trio en mi bémol majeur interprété par Ruixin Niu et Pierre-Henri Xuereb, entre classicisme et romantisme, clôt joyeusement cette belle soirée.

Bernard DESCHAMPS

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