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31 octobre 2025 5 31 /10 /octobre /2025 06:59

Le vote ce 30 octobre 2025 d’un texte haineux du parti d’extrême-droite RN contre l’Algérie, par une majorité de l’Assemblée nationale française est d’une extrême gravité. Il confirme la brûlante actualité de la déclaration ci-dessous.

Bernard DESCHAMPS

 

L’IMPERATIF POUR TOUTE LA PERIODE ACTUELLE

Dégoût, désarroi, inquiétude, colère …

Combien sont-ils, combien sommes-nous à passer d’un de ces sentiments à l’autre ?

Macron s'entête à imposer sa politique, quoi qu’il en coûte à notre peuple et au pays. Son quatrième gouvernement en un an, s'il a dû faire une fragile concession sur la réforme des retraites, présente des budgets de l’État et de la Sécurité sociale qui aggraveraient encore les privations et les injustices.

Ces textes excluent la taxe Zucman, le rétablissement de l’impôt sur la fortune, les propositions qui visent à améliorer vraiment les recettes en mettant à contribution les super profits et les-ultra riches. En revanche, les allocations familiales diminuent ainsi que l'APL, les salaires des apprentis baissent de 20%, les retraites, le RSA et toutes les prestations sociales sont gelées, 4000 postes d’enseignants sont supprimés, les crédits alloués à l’écologie, aux droits des femmes, à la culture, les aides aux associations continuent de diminuer, les franchises médicales sont multipliées par deux. Aucun bijou de ce « musée des horreurs » n’a été dérobé.

Les députés de gauche tentent de diminuer la nocivité de ces textes par leur travail parlementaire, mais les refus qui leur sont opposés par les macronistes, la droite et le Rassemblement national, ajoutés aux artifices juridiques dont dispose le gouvernement et au rôle qu’entend jouer la majorité de droite du Sénat, rendent possible ce nouveau tour de vis austéritaire et autoritaire.

Le rejet du pouvoir macroniste est déjà massif. Tout indique qu’avec ce qui va suivre, il va encore augmenter.

C’est pourquoi le rassemblement sur tous les terrains pour résister et obtenir tout ce qui peut l’être bénéficie d’un large soutien. Il a arraché le recul sur les retraites, il peut en gagner d’autres.

Ce rejet met également l’alternative politique à l’ordre du jour. Son enjeu véritable oppose politique de gauche transformatrice qui fasse droit aux exigences populaires à politique de droite qui continue de garantir les intérêts des grands capitalistes et des grands fortunés.

Mais les protagonistes de cette alternative ont changé. Le brouillard du « centrisme », du « ni droite ni gauche », le refus du président de la République de nommer un gouvernement issu du Nouveau Front populaire placé en tête ont obscurci les repères. Pour beaucoup, le rejet porte non seulement sur Macron et les siens, mais sur « les politiques », accusés de ne rien changer. Profitant de la confusion qui règne, le Rassemblement national se présente en opposant, pendant qu’il accueille avec bienveillance les connivences avec la droite dite « républicaine » et engrange les certificats de compétence décernés par les médias des milliardaires.

C’est un fait : le Rassemblement national est aux portes du pouvoir. Cette perspective est désormais banalisée, voire considérée comme une fatalité.

La montée des partis d’extrême droite n’est pas un fait isolé, ni en Europe ni dans le monde ! Depuis le retour de Trump, ils bénéficient d’un modèle : le projet commun, aux États-Unis, des milliardaires de l’affairisme et de la BigTech, ultra-élitistes en guerre pour les déréglementations généralisées au service du profit, et des néoconservateurs fascisants, partisans de « l’ordre » social et moral masculiniste, raciste, productiviste. Le vice-président états-unien Vance en a proposé une version adaptée à l’Europe à Munich en janvier 2025.

En France, ces projets butent sur l’exigence de justice sociale et fiscale que le rapport du sénateur communiste Fabien Gay chiffrant le montant des aides publiques aux grandes entreprises à 211 milliards d’euros en 2023 ou encore les révélations des chiffres de l’explosion des grandes fortunes ont placée au premier plan de l’agenda politique. Les grands prédateurs ont mesuré la menace. Ils sont entrés personnellement dans la bataille, ils ont mobilisé leurs valets politiques et médiatiques, et ils ont fait leurs calculs, à la Trump : si favoriser la prise de pouvoir par le Rassemblement national est le moyen solide de garantir leurs privilèges et leurs profits, ils sont prêts à faire un « deal » avec lui. La condition est que le Rassemblement national devienne à son tour leur valet. C’est chose faite.

Le ralliement du Rassemblement national aux ordres du grand patronat est effectif.

Au mépris de leurs électeurs, qui se comptent parmi les huit Français sur dix qui exigent davantage de justice fiscale, les députés du Rassemblement national ont voté contre la taxe Zucman et s’opposent à toute mesure qui remettrait en cause la possibilité pour les affairistes et les grands fortunés de ne pas payer d’impôts.

Comme l’a souligné Gabriel Zucman, « Marine Le Pen, présidente du RN, est particulièrement déterminée à protéger Bernard Arnaud et les milliardaires français. Elle a ainsi déclaré qu’imposer réellement les ultrariches serait stupide et nocif. »

Le programme « traditionnel » du Rassemblement national lesté des exigences du grand patronat dessine ainsi les contours d’une société d’enfoncement dans les discriminations, les privations, la précarité, la souffrance au travail, les inégalités en tous domaines, une société brutale et autoritaire de destruction des droits sociaux et des services publics, d’atteintes à la liberté de la presse et à l’indépendance de la justice, d’enterrement de l’action contre le dérèglement climatique, de chasse aux migrants, aux jeunes, à celles et ceux qui contestent et qui créent – tout cela pour rendre inviolable la forteresse du grand capital. 

Nous devons refuser ce scénario du pire !

Fermer les portes du pouvoir au Rassemblement national, éviter à notre peuple l’épreuve que subissent ceux qui tombent sous la coupe de l’extrême droite est aujourd’hui le premier impératif politique, celui avec lequel on ne peut ni tricher ni transiger.

Le mouvement populaire qui grandit aux États-Unis contre le « roi » Trump se donne pour nom : « Indivisible ». C’est la question posée à toutes les forces qui ont une part de responsabilité pour faire échec au Rassemblement national et ouvrir une issue démocratique : l’heure n’est pas à la division, mais au rassemblement ; pas à la soustraction mais à l’addition.

L’exemple de l’Intersyndicale, qui tient bon, prouve que les différences, aussi fondées et légitimes soient-elles, ne contredisent pas le devoir d’action commune, condition pour gagner. Les différences ne manquent pas non plus entre les forces de gauche et écologistes, et elles ne datent pas d’hier ! Certaines sont profondes et tiennent à la raison d’être de ces partis. C’est en les respectant qu’ils ont su se rassembler, dans le passé et lors de la création du Nouveau Front populaire. Mais d’autres tentations, telles la volonté hégémonique ou l’obsession de s’affirmer pour s’affirmer, sont toxiques et ont toujours conduit à l’échec.

Demain, cet échec signifierait un avenir ravageur pour notre peuple. Ces dérives, ces entraves au rassemblement ne sont plus tolérables.

Chacune, chacun doit se hisser à la hauteur de l’enjeu : contre le bloc de classe des milliardaires, du Rassemblement national et de la droite, pour le battre, il s’agit de construire un rassemblement durable de toute la gauche et des écologistes ouvert aux mouvements citoyens et à tous les démocrates qui pourra devenir majoritaire. La définition des objectifs de ce rassemblement est à portée de main. Conclu l’an dernier, le programme du Nouveau Front populaire, comme les convergences qui se manifestent dans le débat budgétaire ou les exigences populaires exprimées par les syndicats, les associations, les mouvements de la jeunesse, constituent des bases sérieuses pour préciser les propositions transformatrices aptes à mobiliser le mouvement populaire, sans lequel rien n’est possible.

Dans l’histoire, les communistes français ont joué un rôle marquant pour contribuer aux rassemblements victorieux en faveur de la liberté, de la justice, de la démocratie. Militantes et militants, élu.e.s, de la commune au Parlement, c’est leur tâche de s’y consacrer pleinement aujourd’hui, dans l’action comme dans toutes les élections.

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