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29 septembre 2025 1 29 /09 /septembre /2025 11:13

La salle des Cheminots CGT de Nîmes – des syndicalistes de la Bataille du rail et du refus de transporter des armes françaises pendant les guerres coloniales - était comble  samedi soir pour le  concert d'Al Quds (Jérusalem en arabe).

Une foule venue témoigner de son horreur du génocide en cours à Gaza et, pour certain.es, découvrir la poésie et la culture palestiniennes.

Après le mot d’accueil et  les remerciements de Nicole Ziani pour l’AFPS et de Pietro Truddaiu pour La Table ouverte, la troupe Al Quds nous transporta  au cœur des lieux saints de la Bible et de l’Islam, sur  les ailes du violon de  Salem Bnouni, du luth de Nadhir Bouabid  et des percussions d’Elies Ghourabi, avec la participation de la chanteuse Abeer hamad qui nous fit partager le lyrisme, la sensibilité mais  aussi la colère de poètes et de compositeurs palestiniens anciens ou contemporains (Mahmoud Darwich, Tawfik Zayyad...), en alternant  la musicalité de la langue arabe et la traduction en français.

Une foule bariolée de vert, de noir, de blanc et de rouge, battant des mains, chantant et dansant en brandissant des keffieh… Par-delà le martyr de l’héroïque peuple palestinien, une foule à l’unisson de ses paroles d’espoir en un Etat indépendant et souverain.

 

Si j’étais un oiseau

« Je me souviens du jour où ils nous ont fait partir de notre maison. Ils ont dit : “Allez-vous-en!” Ils ont hurlé : “Allez-vous-en, ou sinon…” Et lorsque nous n’avons pas quitté les lieux, ils nous ont fait peur avec leurs armes. Ils nous ont fait partir de notre maison. Ils ont pris notre maison et ils y ont mis une famille venue d’un pays lointain. Nous ne sommes pas les seuls. Nos voisins aussi ont laissé leur maison et sont partis. »

« Notre maison est là. (…) Je me souviens du jardin dans lequel je jouais, là-bas. Je me souviens de ma chambre, de mon lit, de mes jeux. »

« Un jour, nous retournerons dans notre maison, mon chéri. Regarde! Voilà la clef de notre maison, nous l’avons toujours. Nous y retournerons un jour… ».

 

Les yeux de nos enfants dans les décombres

Jamais baissés

Jamais levés

Toujours figés

Toujours pénétrants

Toujours transparents

Fixant des confins

Que personne ne voit

Sortie silencieuse

Dans un silence grave

Ils partent

De temps en temps

Quelqu’un se retourne

Et demande l’heure

À son voisin

Pour que la guerre finisse

Nuit après nuit

Une maison s’évapore en un instant.

Deux mains griffent la poussière.

Une porte seule en plein air.

Un ciel de plomb

Broie le regard des enfants.

Les lambeaux de la ville sont une autre ville

Qui se lasse de son image

Et du vacarme des larmes dans les jarres,

Alors elle s’enferme dans le miroir

Et se lave la tête

À l’eau des supplications.

Samer Abu Hawwash

 

Cette année, je n’ai pas vu l’automne

Je n’ai pas vu l’acacia flamboyer

Je n’ai pas vu les grues s’envoler

Je n’ai vu que des bombes et encore plus de bombes

J’ai vu Gaza en ruines

Olivia Elias

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