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La salle des Cheminots CGT de Nîmes – des syndicalistes de la Bataille du rail et du refus de transporter des armes françaises pendant les guerres coloniales - était comble samedi soir pour le concert d'Al Quds (Jérusalem en arabe).
Une foule venue témoigner de son horreur du génocide en cours à Gaza et, pour certain.es, découvrir la poésie et la culture palestiniennes.
Après le mot d’accueil et les remerciements de Nicole Ziani pour l’AFPS et de Pietro Truddaiu pour La Table ouverte, la troupe Al Quds nous transporta au cœur des lieux saints de la Bible et de l’Islam, sur les ailes du violon de Salem Bnouni, du luth de Nadhir Bouabid et des percussions d’Elies Ghourabi, avec la participation de la chanteuse Abeer hamad qui nous fit partager le lyrisme, la sensibilité mais aussi la colère de poètes et de compositeurs palestiniens anciens ou contemporains (Mahmoud Darwich, Tawfik Zayyad...), en alternant la musicalité de la langue arabe et la traduction en français.
Une foule bariolée de vert, de noir, de blanc et de rouge, battant des mains, chantant et dansant en brandissant des keffieh… Par-delà le martyr de l’héroïque peuple palestinien, une foule à l’unisson de ses paroles d’espoir en un Etat indépendant et souverain.
Si j’étais un oiseau
« Je me souviens du jour où ils nous ont fait partir de notre maison. Ils ont dit : “Allez-vous-en!” Ils ont hurlé : “Allez-vous-en, ou sinon…” Et lorsque nous n’avons pas quitté les lieux, ils nous ont fait peur avec leurs armes. Ils nous ont fait partir de notre maison. Ils ont pris notre maison et ils y ont mis une famille venue d’un pays lointain. Nous ne sommes pas les seuls. Nos voisins aussi ont laissé leur maison et sont partis. »
« Notre maison est là. (…) Je me souviens du jardin dans lequel je jouais, là-bas. Je me souviens de ma chambre, de mon lit, de mes jeux. »
« Un jour, nous retournerons dans notre maison, mon chéri. Regarde! Voilà la clef de notre maison, nous l’avons toujours. Nous y retournerons un jour… ».
Les yeux de nos enfants dans les décombres
Jamais baissés
Jamais levés
Toujours figés
Toujours pénétrants
Toujours transparents
Fixant des confins
Que personne ne voit
Sortie silencieuse
Dans un silence grave
Ils partent
De temps en temps
Quelqu’un se retourne
Et demande l’heure
À son voisin
Pour que la guerre finisse
Nuit après nuit
Une maison s’évapore en un instant.
Deux mains griffent la poussière.
Une porte seule en plein air.
Un ciel de plomb
Broie le regard des enfants.
Les lambeaux de la ville sont une autre ville
Qui se lasse de son image
Et du vacarme des larmes dans les jarres,
Alors elle s’enferme dans le miroir
Et se lave la tête
À l’eau des supplications.
Samer Abu Hawwash
Cette année, je n’ai pas vu l’automne
Je n’ai pas vu l’acacia flamboyer
Je n’ai pas vu les grues s’envoler
Je n’ai vu que des bombes et encore plus de bombes
J’ai vu Gaza en ruines
Olivia Elias
