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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 07:52
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APN-copie-1.jpgEl Watan, le 01.10.14 | 

 

 

Des cadres de la direction de la communication du ministère de la Défense nationale, avec lesquels nous nous sommes entretenus, refusent d’emblée de parler de «recrudescence» du terrorisme.

 

Militaires algériens déployés.

Pour eux, «si l’on se réfère aux bilans des activités des services de sécurité, on se rendra compte qu’il y a un recul considérable des actes criminels et un nombre assez important de terroristes neutralisés. Lorsque nous parlons de recrudescence, cela veut dire qu’il y a plus d’attentats et moins de résultats sur le terrain». Nos interlocuteurs affirment qu’aujourd’hui, «les groupuscules qui continuent à sévir ne sont plus dans une logique offensive, mais plutôt défensive. Ils ont du mal à reconstituer leurs réseaux de soutien. Ils passent leur temps à errer d’un endroit à  un autre et, quand ils trouvent sur leur route, et c’est très rare, une occasion pour frapper sans subir de pertes, ils n’hésitent pas à le faire…»

Aide précieuse de la population

Ils s’offusquent contre ce qu’ils qualifient de «stigmatisation» de la région de la Kabylie en disant : «Les terroristes ne sont pas uniquement en Kabylie. Ils sont entre Tébessa et Khenchela, entre Jijel et Skikda, à Batna, à Sidi Bel Abbès… Ce sont de petits groupes d’une dizaine d’éléments chacun qui sont en phase de survie. Le recrutement est insignifiant, puisque les groupes sont majoritairement constitués des résidus des années 1990. Ceux qui ont rejoint le maquis ces dernières années sont très rares. Ils peuvent rester longtemps sans commettre d’attentat, comme ils peuvent agir puis se disperser dans la nature. Il est important de savoir que plus le nombre des terroristes est réduit, plus la lutte devient difficile, d’autant plus qu’il s’agit d’éléments aguerris.

Un seul homme avec une arme peut vous tenir en haleine durant des années.» Sur la question du manque de renseignement, les cadres de la direction de la communication sont catégoriques : «Nous n’aurions jamais eu de résultats aussi importants sur le terrain s’il n’y avait pas le renseignement. Comme nous l’avons expliqué, les terroristes sont dans une logique défensive. Si la population ne nous aidait pas, nous n’aurions pas pu neutraliser nombre d’entre eux depuis quelques temps. Dès que l’un deux quitte sa tanière, il est repéré et neutralisé grâce aux informations fournies par les citoyens, notamment en Kabylie. C’est grâce aux efforts de nos unités et à la collaboration de la population que les terroristes ont été isolés et poussés vers une position défensive. Ils ne constituent plus de menace pour l’Etat, mais il n’en demeure pas moins que la vigilance doit persister, même s’il ne reste qu’un seul élément armé en activité.»

Nos interlocuteurs nient toute démobilisation dans les rangs de l’armée en raison des conditions dans lesquelles de nombreux cadres de cette institution ont été écartés ou mis à la retraite après de longues années de lutte antiterroriste ou de renseignement. «La relève est nécessaire, mais elle n’a jamais posé de problème. Les gens sont quotidiennement sur le terrain et font un travail extraordinaire pour mener à bien leurs missions, parfois dans des conditions très difficiles. Il ne faut pas croire ceux qui disent que nous ne glorifions pas les martyrs du devoir. Pour preuve, l’Ecole de la marine de Tamentfoust, à l’est d’Alger, a été baptisée au nom de feu le général Boutignene, qui a été assassiné par des terroristes. Cela étant, il est vrai qu’il y a eu un débat sur le fait de baptiser ou non les sorties de promotion au nom d’éléments de l’armée tués dans l’exercice de leur mission. Mais c’était uniquement par souci d’équité entre les victimes que les avis étaient partagés», expliquent les cadres.

Pour ce qui est de la démobilisation des patriotes et des Groupes de légitime défense (GLD), les cadres de la direction de la communication répondent : «Ces groupes ont été créés dans une conjoncture particulière qui n’est plus aujourd’hui. Cependant, il ne faut pas croire qu’ils sont totalement écartés. Bon nombre d’entre eux continuent à aider nos unités sur le terrain. Ils constituent un apport considérable pour la lutte antiterroriste…»

Pour ce qui est de l’enlèvement et la décapitation du touriste français, nos interlocuteurs n’ont pas été prolixes : «C’est un groupe d’une quinzaine d’éléments, en majorité des rescapés des années 1990. L’information sur l’enlèvement du ressortissant est venue un peu tard, c’est-à-dire une fois que le groupe était déjà loin des lieux de l’enlèvement. Malgré cela, un déploiement des unités a été organisé dans le cadre d’une importante opération de recherche, qui se poursuit à ce jour, dans le but de retrouver le corps de la victime. Tous les moyens mis en place sont toujours sur les lieux», soulignent nos interlocuteurs.

Salima Tlemçani
 
 

 

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