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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 20:10

Marines.jpgAvertissement de Bernard          DESCHAMPS

Les lecteurs qui suivent la presse algérienne ont pu remarquer que depuis la fin de la décennie noire, certains journaux ont pris l'habitude d'annoncer périodiquement des soulèvements imminents en Algérie. Ces annonces (dans quel but ?) qui s'appuient sur une description apocalyptique de la situation économique, sociale et politique de l'Algérie, qui ne correspond pas à la réalité, se sont chaque fois révélées erronées. Le quotidien  L'Expression annonçait en janvier dernier qu'un "brasier social" éclaterait en mars. Des mouvements revendicatifs certes existent qui témoignent d'une vie syndicale et associative dynamique, mais les tentatives de détournements comme à Constantine et à Ouargla ont échoué. Que certains pays occidentaux espèrent (ou s'efforcent de susciter ?) des troubles qui leur donneraient prétextes à interventions, c'est indéniable. Qu'ils s'y préparent, la présente décision du Pentagone, en est la preuve. Qu'ils réfléchissent bien avant de tenter une aventure qui leur serait fatale: le patriotisme algérien forgé dans la guerre d'indépendance; transmis de génération en génération; éprouvé au cours des terribles années 90, est  une réalité qui compte. Et l'Algérie a une armée bien équipée et entraînée aux combats réels. In Amenas en a été l'illustration. Que les aventuriers potentiels sachent également que l'Algérie a en France et dans d'autres pays de nombreux amis qui ne resteraient pas inactifs en cas d'agression.

Bernard DESCHAMPS

 

Le-matin.pngLe gouvernement espagnol a autorisé le Pentagone (USA) à déployer sur son territoire une force d’intervention rapide, en prévision d’un soulèvement populaire en Algérie, selon" Al Quds Al Arabi".

Les Américains appréhendent-ils un nouveau printemps algérien les semaines ou les mois à venir ? C'est ce qu'avance Al Quds Al Arabi dans un article paru le 22 avril. La base Morón de la Frontera, dans la province de Séville en Andalousie, se prépare à accueillir près de 500 marines US et huit avions militaires américains. Ce contingent sera chargé de la mission d’intervenir en Algérie, en prévision d’un soulèvement populaire. Il n’aura fallu étrangement que quelques jours à Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, pour donner son feu vert à Washington. Le journal londonien Al Quds Al Arabi qui a rapporté l’information, s’interroge justement sur la vitesse à laquelle l’opération se déroule, témoignant ainsi par sa hâte de l’imminence d’un danger en Algérie, mais aussi dans les pays voisin, le Maroc frappé par une crise économique et la Tunisie dont le nouveau pouvoir peine à rétablir la paix civile. Le précédent de l'assassinat de l'ambassadeur américain en Libye est la meilleure preuve de l'instabilité qui a gagné la région, explique le journal londonien.

Les marines auront pour mission en cas de risques majeurs en Algérie d’assurer la sécurité des ressortissants américains en Algérie ainsi que du personnel diplomatique et d’opérer leur évacuation du pays, croit savoir ce journal londonien. Si la situation interne n'était pas tendue, l'information prêterait au sourire, tant l'Algérie qu'on le veuille ou pas n'est pas n'importe quel petit pays où des troupes étrangères pourraient intervenir aussi facilement pour exfiltrer ses ressortissants. Elle donc à prendre avec prudence. Car les scénarios catastrophes de ce canard visant l'Algérie ne sont pas nouveaux. Cela étant dit, la situation sociale, politique et économique n'est pas des meilleures.

Le sud en ébullition

Il est clair l’Algérie est atteinte d'une paralysie générale. Aux scandales de grande corruption qui éclabousse le clan présidentiel s'ajoute l'impéritie dans les choix de développement économique, les retards dans les réalisations pour lesquelles des dizaines de milliards de dollars ont été déboursés sans contrôle efficient, un chômage galopant parmi la jeunesse, etc. A la lumière de ce terrible constat d'échec, le pays n’est pas non plus à l’abri de nouvelles marches susceptibles de semer de violents troubles. A commencer par la colère des chômeurs qui ne cesse de s’étendre dans les différentes régions et tout particulièrement dans le sud algérien. Cette colère a gagné il y a quelques jours la wilaya de Tamanrasset, à 2000 kilomètres du sud d’Alger. Les jeunes chômeurs prévoient plusieurs actions de protestations afin d’être entendus par le gouvernement.

Par ailleurs, la probabilité pour le président algérien Abdelaziz Bouteflika de briguer un quatrième mandat en 2014 n’est pas à écarter. Ce dernier aurait d’ailleurs commencé à assurer ses arrières, un an avant l’échéance électorale. Une décision qui risquerait d’accentuer la colère de la jeunesse algérienne dans l’attente d’une nouvelle parure politique.

Bruce Riedel, ancien conseiller présidentiel américain, expert spécialisé sur les questions de terrorisme, de la sécurité et de la politique du Moyen-Orient, a prédis l’explosion d’une révolte populaire en Algérie qui viendrait à bout du régime militaire. Lors d’une conférence donnée en décembre 2012 à l’institut royal ElCano à Madrid, Bruce Riedel, avait déclaré que : "L’Algérie souffre d’un régime policier, sa société est renfermée et point de volonté réformatrices chez les tenants du pouvoir, n’est à l’horizon".

Un second "Printemps arabe" ?

L’Algérie a en réalité déjà connu son "Printemps arabe". Et de nombreux mouvements de grève dont le printemps noir de Kabylie en 2001 qui a coûté la vie à 126 jeunes tués par des gendarmes. Le pays est sorti il n’y a pas si longtemps d’une longue période de guerre civile. Et même si la majorité des Algériens semble aujourd’hui se détacher de la vie politique, comme le témoigne le taux de participation aux dernières élections -35% de votants. 

Le processus d’un soulèvement populaire en Algérie est-il réellement enclenché comme le prétend Bruce Riedel ? En tous cas, la pression démographique grandissante et "mal maîtrisée" une jeunesse vivant dans le désarroi et l’absence totale d’une ouverture concrète de la politique dans le pays ne font qu’accentuer ce risque. A contrario de nombreux analystes avancent que tant que la manne pétrolière est disponible, il est peu probable que le pouvoir perde la maîtrise des équilibres.

R.N/Afrik.com

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