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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 10:09

 


Taille du texte normaleAgrandir la taille du texteEl Watan,le 15.01.13 | 10h00 

 

Quelle que soit la manière dont elle va intervenir, l’Algérie payera certainement cher la guerre qui se déroule au Mali. Ce n’est donc pas pour rien que dans ses prévisions de finances pour l’année en cours, elle a augmenté sensiblement le budget du ministère de la Défense qui a atteint 825 860 800 000 DA, l’équivalent d’un peu plus de 10 milliards de dollars. Une augmentation de 14% par rapport au budget 2011.
                           
 

Même si l’Algérie n’intervient pas militairement ou directement dans le conflit, la sécurisation de ses frontières, longues de 6000 km avec les pays du Sahel, demandera forcément un considérable effort de guerre. Notre pays aura certainement à mobiliser encore plus d’effectifs, s’il ne l’a déjà fait, le long de la bande frontalière. Il y a quelques mois, pour se prémunir des conséquences d’une intervention militaire au Mali, l’ANP, selon des informations répercutées par la presse, avait préconisé de s’adapter à la nouvelle situation en créant deux sous-régions militaires, l’une rattachée à la quatrième dont le quartier général est situé à Ouargla, et l’autre à la VIe région, Tamanrasset. Engagés depuis longtemps dans la lutte contre le terrorisme, la décision a été prise par anticipation, en 2010, de placer les gendarmes garde-frontières sous le commandement de l’Armée nationale populaire.

Une adaptation qui s’avérera aujourd’hui judicieuse dans la surveillance des frontières, et donc la lutte contre le terrorisme et ses sources de financement, le banditisme et le trafic de drogue.
L’Algérie, qui semble avoir rallié la solution militaire à la crise malienne après avoir privilégié la voie de la négociation, jusqu’à la défection «inattendue» du groupe terroriste Ançar Eddine qui a violé les Accords d’Alger, devra mobiliser désormais plus de moyens financiers et humains. Selon des informations recoupées, elle bat le rappel de ses troupes, des informations que nous n’avons pu confirmer officiellement, en prévision d’éventuels aides au Mali, dont le Premier ministre a séjourné à Alger ces dernières 48 heures. Notre pays est également appelé à payer une facture sur le plan humanitaire.

Depuis que le nord du Mali est tombé entre les mains des groupes terroristes, des civils maliens ont fui les combats d’abord, ensuite les exactions des groupes terroristes et se sont réfugiés en Algérie. Selon des statistiques livrées en mars dernier par le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, ils étaient 30 000 Maliens à avoir traversé la frontière pour se réfugier dans les wilayas du Sud, entre autres Tamanrasset, Ouargla, Laghouat et même dans quelques wilayas du Nord comme Tiaret, où des familles maliennes font la manche pour survivre.
Donc, en plus des moyens militaires qu’elle doit engager dans la bataille, l’Algérie est appelée à parer, par ailleurs, à la crise humanitaire que la guerre au Mali est en train de générer.

Said Rabia
 
 

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