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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 07:09

 

5-JUILLET-2014.jpgEl Moudjahid, publié le : 05-07-2014 | 0:00
Photo El Moudjahid

 

 

L’Algérie célèbre, aujourd’hui, le 52e anniversaire de son indépendance nationale avec cette forte volonté de poursuivre les réformes politiques et construire une économie compétitive et diversifiée qui puisse garantir la pérennité du développement national et la politique de justice sociale afin de répondre aux attentes de la population, et notamment la jeunesse.
À l’évidence, en un demi-siècle, l’Algérie indépendante a fait d’énormes progrès, sur tous les plans, et ne cesse d’évoluer et de se moderniser, sans doute pas au rythme voulu, mais les réalisations sont là, palpables et perfectibles. Au niveau politique, le pluralisme  est une réalité et la liberté d’opinion et d’expression se déploie chaque jour, au niveau des partis, du mouvement associatif ou des médias dont le tissu ne cesse de se densifier et le champ ne cesse de s’élargir. La démarche empruntée est simple et raisonnable : aller le plus loin possible sur le chemin de la démocratie, sans heurts, de manière graduelle et pacifique et non dans la précipitation et la confusion, en faisant du dialogue et de la concertation, une vertu cardinale et un moyen de surmonter les obstacles, les difficultés ou les incompréhensions et les pesanteurs de diverses natures. D’ailleurs, la question des réformes politiques est toujours d’actualité. Le Président de la République, dès sa prestation de serment, s'est attelé à la concrétisation des engagements pris devant la nation par l'enclenchement du processus en cours, à savoir  mener les consultations les plus larges, sans exclusion ni exclusivisme, dans la perspective d’une révision consensuelle de la Constitution, la loi fondamentale du pays qui définit les droits et les libertés des citoyens, l'organisation et la séparation des pouvoirs (politique, législatif, exécutif, judiciaire), en précisant l'articulation et le fonctionnement des différentes institutions qui composent l'État (Conseil constitutionnel, Parlement, gouvernement, Administration... ). Il en est de même en matière d’économie et de tous les autres aspects de la vie sociale et culturelle. Les engagements du Chef de l’État trouvent leur traduction dans le plan d’action du gouvernement présenté récemment par le Premier ministre et adopté par les deux chambres du Parlement, et dont les axes majeurs sont la consolidation de l'État de droit, la modernisation de l’économie, le renforcement de la stabilité et la promotion du dialogue national.
L’année en cours est aussi celle du soixantième anniversaire du déclenchement de la Révolution, et l'État s'engage à poursuivre la mise en œuvre des actions de préservation et de transmission de la mémoire nationale par, notamment, la réalisation du «Mémorial de la Révolution» et du «Musée National du Moudjahid», ainsi que par la restauration des sites historiques. Conscient de l’importance qu’occupe la jeunesse dans toute œuvre de développement, le Président de la République ne s’est pas contenté de créer un département ministériel, mais a instruit le gouvernement d’engager une concertation, la plus large possible, devant aboutir à l'élaboration d'une stratégie de l'État en faveur de la jeunesse, stratégie qui sera soumise au débat parlementaire. Le Premier ministre, en exposant le Plan d’action 2014, a qualifié cette stratégie d’«intersectorielle et participative», et devra intégrer tous les centres d'intérêt de nos jeunes générations, à savoir l'éducation, la lutte contre les fléaux sociaux, l'emploi, l'accès équitable au logement, la pratique sportive, la mobilité, les loisirs et la participation à la vie publique. C’est dire que le pays dispose d’un programme cohérent et d’une vision globale qui lui permettent de relever les défis du développement et de la modernisation, tout en participant de façon active aux enjeux régionaux et planétaires. Le programme autant que la vision nécessitent, pour leur succès, la fédération de toutes les énergies nationales et un front interne fort, mettant l’intérêt général bien au-dessus de l’intérêt particulier et la souveraineté de la nation chèrement acquise bien au-dessus des contingences.
El Moudjahid

souvenirs d’un jour  pas comme  les autres

En ce 5 Juillet 1962, un jeudi particulièrement chaud, l’Algérie fêtait dans une immense joie populaire son indépendance douloureusement acquise. Aujourd’hui nous célébrons le 52e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, une occasion pour revenir sur cette journée, cette date symbole.   Nos reporters ont rencontré des citoyens qui ont vécu les plus grands moments de liesse du peuple algérien. ils sont revenus avec des témoignages émouvants sur ce jour débordant de lumière et d’un  ciel  vert , blanc , rouge , des larmes silencieuses des femmes, et  des  sentiments de fierté des enfants de chouhada. 
 
L’emblème national hissé sur un poste de police français  
Un symbole fort 
 
Pour Attoumi Djoudi, membre de l’Armée de libération nationale (ALN), natif de la région de Sidi- Aich  et combattant dans la wilaya III,  le jeudi 5 juillet 1962 a été une journée de gloire qui consolida la souveraineté du pays et l’instauration de la démocratie. Son témoignage est plus que significatif. 
A  cet effet,  il raconte : «  Le 5 juillet  correspondait à la date du  débarquement de l’armée française  à Sidi Fredj, soit le  5 juillet 1830.  Bien que les résultats ont été proclamés le 3 juillet 1962, et pour marquer un symbole il a été décidé de retenir le 5 juillet comme date plus que marquante et significative. Ainsi, du 5 juillet 1830 qui correspondait au débarquement de l’armée française  au 5 juillet 1962 qui annonça  l’Algérie indépendante, souveraine et libre de toute domination étrangère, les Algériens de tous âges ont consenti d’énormes sacrifices ». Attoumi se souvient encore des premières mesures engagées durant cette journée, il dira : « Le 5 juillet 1962, j’ai été invité par le colonel Mohand Oulhadj  pour  remplacer le commandant De Lesseps, commandant du groupement mobile de la police rurale, un peloton de cavaliers composé de goumiers et de harkis.   A mon arrivée, j’ai été salué par ce peloton de cavaliers, ensuite, j’ai fait descendre le drapeau français et hissé à la place le drapeau algérien  sur le siège de cette compagnie situé à Mchedellah dans la wilaya de Bouira. Ce jour-là le drapeau algérien a flotté sur ce poste militaire ».  avec une mémoire intacte, Attoumi poursuivra : «  La proclamation officielle de  la date historique a été annoncée par  l’exécutif provisoire dirigé par Abderrahmane Fares. Après la proclamation c’est la fête  et la joie dans les rues ». Attoumi souligna également que  le 5 juillet 1962, le colonel Mohand Oulhadj et le colonel Youcef Khatib se sont rendus à la base de  Sidi-Fredj pour hisser le drapeau algérien à la place du drapeau français. Ainsi, il dira que « C’était un jour mémorable  qui a symbolisé l’avenir. Là où les troupes coloniales avaient débarqué le 5 juillet 1830, soit 132 années auparavant. Ce grand privilège de la présence du colonel Mohand Oulhadj et ses hommes dans ce lieu.  
« Le 5 juillet 1962 a été pour nous tous une journée de gloire où le peuple algérien et son armée l’ALN sont sortis triomphants  de cette guerre atroce  qui a duré 7 ans et demi.  Avec  un prix très lourd, un  million et demi de martyrs et 140.000 combattants en uniformes tués  au cours des différentes batailles »,   ajouta  Attoumi lors de ce témoignage. Par ailleurs  le 5 juillet est à la fois la fête de l’indépendance  et de la jeunesse, ce qui signifie qu’il faudra parvenir à transmettre a notre jeunesse tous les sacrifices consentis par les Algériens  ainsi que le message de nos martyrs.  En effet, le vœu de ces martyrs  était de voir l’Algérie  indépendante et souveraine et triompher de cette guerre  pour l’instauration de la démocratie, et veiller sur la souveraineté populaire. 
Le 5 juillet 1962, tous les Algériens et Algériennes sont sortis en masse pour célébrer dans l’allégresse  la victoire sur le colonialisme  français. Dans les rues des différentes régions du pays, les moudjahidines   qui se trouvaient   dans les  maquis sont  descendus dans les villes en tenues de combat  et armes à la main, pour exprimer leur  joie  et  partager les moments d’allégresse avec tous les Algériens. Alors que de l’autre côté, les unités de l’armée française et les pieds noirs regardaient  de loin ces défilés et ces moments de liesse avec dépit.  Ils avaient en effet constaté qu’ils avaient perdu la guerre ». Pour tous les Algériens, la fête du 5 juillet demeure incontestablement la fête de l’espoir, un jour pas comme les autres, un jour où la victoire a été arraché au prix d’un lourd sacrifice.
Par M. Laouer            
 
Vert, blanc, rouge, comme fond de décor 
Des milliers de drapeaux sortis par magie 
 
Grand nombre de citoyens et même des journalistes qui ont assisté aux scènes de liesse qui ont accompagné les sorties victorieuses de l’équipe nationale de football comme cela a été le cas après la qualification au deuxième tour du Mondial-2014, n’ont pas manqué de faire le parallèle entre ces scènes et les manifestations de joie du peuple algérien après l’indépendance. Au-delà de la portée des deux événements qui ne pourraient être comparés, les manifestations de bonheur qui ont eu lieu le 5 juillet sont incomparables assurent beaucoup de témoins qui ont été des acteurs de ce qui s’est passé. Parmi eux 
« Ammi » Djemai Nebache,  âgé, en ce juillet 1962 ,  de 24 ans. Militant de l’OCFLN, il a été chef du bureau de vote dans la commune de Bordj Bou-Arréridj lors du référendum sur l’indépendance de l’Algérie qui a été marqué par un vote massif pour la liberté du peuple algérien. Il raconte qu’après cet événement, la direction du FLN a donné des instructions pour que la manifestation de joie se déroule avec retenue. Il fallait éviter l’affrontement avec les militaires français et surtout ne pas donner d’occasions à l’OAS pour commettre des crimes contre des innocents.
 Mais le 5 juillet 1962 aucune retenue n’était possible.
Tôt le matin, les Algériens qui se sont préparés psychologiquement la nuit ont commencé à affluer au centre ville de Bordj Bou-Arréridj. Certains n’ont pas dormi. D’ailleurs ils étaient dehors à l’aube pour ceux qui habitent la ville, essentiellement ceux des quartiers populaires comme El Djebasse, à l’est, Lagraphe, au nord, Douar Essoug, au sud. Ces quartiers étaient les bastions de la résistance en dépit de la fragilité des habitations qui étaient faites en toub pour la plupart. Les quatre coins qui constituent le centre de la ville se sont avérés exigus pour contenir tous ce beau monde fait d’hommes bien sûr mais aussi de femmes, d’enfants et de vieux, d’autant que les habitants des villages environnants, Hasnaoua, Medjana, El Achir, El Anasser et El Hamadia affluaient eux aussi pour fêter l’événement, rappelle « Ammi » Djemai. Ils ont utilisé les quelques moyens dont ils disposaient, vélos, camions, charrettes. Rares sont ceux qui avaient des véhicules. Mais la plupart sont venus à pied.
Ils chantaient en chœur : « Tahya El Djazaïr... Allah yarham Chouhada. » Les femmes lançaient  des youyous stridents. Ils étaient comme des lions sortis de cage. 
Les milliers de drapeaux sortis comme par magie ornaient les rues et les trottoirs. C’est à se demander combien de temps a-t-il fallu pour qu’ils soient prêts dans les conditions de l’époque où le seul fait d’être Algérien était un crime. C’est le principal fait marquant de la journée. Chaque personne qui avait une machine à coudre s’est employée à fabriquer le maximum d’emblèmes nationaux. Pourtant, aucune instruction n’a été donnée dans ce sens. 
Mais il y a des gestes qui n’ont pas besoin de directives. Il faisait très chaud ce jour-là, raconte notre interlocuteur. La faim qu’ils connaissaient déjà n’était pas un problème pour eux.
Ils se sont habitués au dénuement. D’ailleurs, en sortant de chez eux, ils ne pensaient ni au lieu où ils allaient, ni au temps qu’il faisait, encore moins à la durée que cela allait prendre. Heureusement que la solidarité, qui est un autre fait marquant de cette journée, a joué. Les habitants de la ville qui distribuaient des bombons et des dragées leur envoyaient des gourdes d’eau et de la galette puisque les magasins étaient fermés. Même si c’était le cas ils ne pouvaient les payer. Le spectacle était saisissant, sa portée aussi. Les Algériens qui étaient libres étaient aussi unis,  se souvient « Ammi » Djemai. Quand les troupes de l’ALN font leur entrée par l’avenue qui porte désormais le nom de la glorieuse armée, c’est l’extase, déclare notre interlocuteur qui donne l’exemple des gens qui s’agrippaient aux camions et tentaient de toucher les moudjahidine ravis de cet accueil après 7 ans et demi de combats et de sacrifices. « Ammi » Djemai et son groupe ainsi que les milliers d’Algériens qu’ils soient d’Alger ou d’ailleurs qui étaient sur place ne se sont pas contentés de se retrouver, de chanter et de danser.  Cette journée ne peut être comparée, conclut notre interlocuteur, le regard songeur. Même si les souvenirs se défilent. Il y en a qui restent impérissables. La journée du 5 juillet en fait 
partie.
Par Fouad D.
 

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yvon 07/07/2014 18:07

Des drapeaux blancs verts et rouges partout
Dans les articles qu'on peut lire, sur les témoignages, et, le 52ème anniversaire de l'indépendance, il est toujours question que les drapeaux algériens ont remplacés les drapeaux Français le 3 ou
le 5 juillet 1962. Pour ma part, depuis le 19 Mars 1962, je ne voyais que des drapeaux algériens partout qui flottaient, sauf dans les cantonnements de l'armée Française, et de la Force locale En
ce qui concerne l'unité 434 de la Force locale, il était question de monter les deux drapeaux ensemble le 2 juillet au matin,ce qui n'a pas eu lieu cette unité ayant été prise en otage (et) en
désertion le 1 juillet 1962 a 22h. Une photo dans le livre de Vitalis Cros Commissaire de Police a Alger, montre un drapeau blanc vert rouge sur le site de Rocher Noir a la date du 6 Avril 1962
pour justifier mon témoignage (voir sur mes sites)

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