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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 13:21

"Il y a des citoyens des deux rives, qui veulent travailler ensemble pour un avenir d’égal à égal.

A l’occasion du 57ème anniversaire du congrès de la Soummam, l’association Med-Action d’Akbou a organisé "les journées de l’histoire" du 18 au 21 août 2013 sous le haut patronage de l’APC d’Akbou, en présence notamment du réalisateur français Jean Asselmeyer et du président de l’association "France-El Djazaïr" monsieur Bernard Deschamps, d’historiens, journalistes, représentants de la société civile, ainsi que de nombreux moujahidines de la région.

Entretien avec M. Hocine Smaili, président de l’association Med-Action, membre du comité de pilotage de Joussour et réfèrent inter-PCPA.

Pouvez-vous nous présenter votre association ?

Med-actions est une association crée en 2008, avec des militants associatifs de diverses associations,des journalistes, des militants des droits de l’homme, des éducateurs d’enfants et de jeunesse. C’est une association pour la jeunesse pour la promotion de la citoyenneté. C’est une des rares associations sur le territoire algérien qui travaille sur le dialogue des cultures et des religions, développer ces thématiques n’a pas été facile. Pour mener à bien nos actions nous avons établi des liens avec des associations qui travaillent dans ce domaine. Med-actions a développé plusieurs axes de travail. Nous travaillons à l’insertion de la femme au foyer ainsi qu’à l’insertion sociale de la jeune fille issue du monde rural. Pour mener à bien notre projet, nous avons établi des convention avec les centres de formations ici à Akbou ou nous avons formé et accompagné plusieurs jeunes filles, qui aujourd’hui travaillent dans le cadre de l’ANGEM et l’ANSEJ.

Nous avons également mis en place un « forum citoyen de la jeunesse », qui propose chaque mois une conférence-débat avec les jeunes d’Akbou. Diverses thématiques y ont été discutées telles que : la violence dans les stades, la vie sociale d’un artiste en Algérie, les droits de l’enfance, le printemps arabe et ses répercussions sur la jeunesse et le territoire algérien en général, le football, le dialogue inter-religieux...Cela a permis à des gens différents de se réunir, discuter, débattre tout en apprenant à se comprendre.

Comment et pourquoi avoir crée « La semaine de l’histoire » ?

Cette rencontre est venue après la participation en France de notre association aux festivités du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Cette commémoration à eu lieu dans la ville de Nîmes ou certains nostalgiques de l’Algérie française se sont mobilisés pour empêcher cet événement. Suite à ce malheureux constat, nous avons pensé à faire un travail à long terme en partenariat avec l’association française « France El Djazair » qui regroupe des algériens et des français, qui se battent pour des relations nouvelles entre nos deux pays, basées sur le partenariat.

Pouvez vous nous parler de votre nouveau partenariat avec l’association « France-El Djazaïr » ?

Nous signons aujourd’hui une convention de partenariat officiel, fruit d’un long travail, concrétisé par l’organisation de cette « Semaine de l’histoire », manifestation dans laquelle nous avons pu rendre hommage aux français qui ont dit non à la guerre à travers des conférences et des projections de films. De plus nous venons de publier le premier numéro de la revue de Med-actions « Mémoire » consacrée à ces français qui ont dit non. C’est la première fois qu’il y a des historiens, journalistes français et algériens qui collaborent sur un sujet qui fâche des deux cotés de la Méditerranée. Nous espérons qu’il y aura d’autres numéros.

Nous souhaitons pérenniser ces actions mais également en créer de nouvelles pour les jeunes d’Akbou et du Gard. De nombreux immigrés du Gard sont originaires d’Akbou, l’histoire ayant liée ces deux populations par le travail des mineures pendant la colonisation. Beaucoup de jeunes français d’origine algérienne de 3ème ou 4ème génération ne connaissent pas la région de leurs aïeux, donc nous allons mettre en place d’ici la fin de l’année des séjours pour ces jeunes afin qu’ils puissent découvrir leurs racines. Il y a des citoyens des deux rives, qui veulent travailler ensemble pour un avenir d’égal à égal.

Avez vous d’autres projets pour les prochains mois ?

En octobre prochain aura lieu le festival du film, « Panorama du cinéma algérien » à Nîmes. De jeunes cinéastes de la région de Béjaia vont participer à cet événement. A cette occasion nous allons mobiliser les associations de notre territoire telles que « Cinéma et mémoire » (membres de Joussour) ou encore l’association Ciné Plus, qui projetterons des films tournés dans la région de la Soummam comme par exemple « La mine de timezrit » réalisé par Ciné Plus. Nous préparons actuellement un autre colloque dans la région de Nîmes, sur la guerre de libération avec pour thématiques « Les chrétiens qui ont aidé l’Algérie durant la guerre de libération ». Nous rendrons hommage notamment à Mgr.Duval, et Mgr.Tessier, des français qui ont fait beaucoup de chose pour l’Algérie.

Nous allons perpétuer cette semaine de l’histoire avec d’autres thématiques, maintenant que nous avons reçu l’autorisation du Wali de Béjaia, nous pouvons travailler la conscience tranquille et nous le remercions pour cela.

En effet vous avez été soutenus par les pouvoirs publics de votre région. Comment s’est traduit ce soutien ?

L’Assemblée Populaire Communale d’Akbou, la Direction Jeunesse et Sport et la Wilaya de Béjaia ont participé financièrement à notre événement et nous ont octroyé 2 millions de Dinars. Cela nous a beaucoup motivé. Plus de 2000 personnes ont participé à « La semaine de l’histoire » cela a crée une dynamique régionale incroyable au niveau des villages car nos invités sont allés dans différents villages pour projeter des films. Le public a répondu présent, même les femmes sont sorties de chez elles, ce qui représente pour ma part un point très positif pour notre territoire.

Le soutien des pouvoirs locaux est très important pour notre association, sachant que nous recevons également un financement régulier pour notre forum jeunesse citoyen.

Quel a été l’apport de Joussour ?

Concernant Joussour, c’est surtout le réseau associatif que nous avons exploité pour pouvoir travailler en partenariat avec d’autres associations algériennes et françaises. Aujourd’hui de nombreuses associations veulent adhérer à ce programme. Elles ont pris conscience de l’importance de la mise en réseau. Le programme a donné une autre aura à notre association auprès des pouvoirs locaux de tous les niveaux.

Med-Action est un partenaire indissociable de Joussour nous sommes là pour apporter un plus dans les relations des deux rives. Med-Action c’est Joussour et Joussour c’est Med-Action.

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