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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 16:03
logo-SOIR.gifKarim Djoudi
Une voix inquiète au milieu de l’euphorie gouvernementale


La voix du ministre des Finances Karim Djoudi sonne bien discordante avec le chœur gouvernemental rythmé par le Premier ministre Abdelmalek Sellal et seriné inlassablement depuis plusieurs semaines. Karim Djoudi affiche des craintes sérieuses pendant que Sellal répète à longueur de visites d’inspection dans les wilayas que tout va pour le mieux dans la meilleure des Algérie.

Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir)
Le hiatus est apparent. La déclaration, mardi, du ministre des Finances qui s’inquiétait du recul des exportations des hydrocarbures et son incidence négative sur la balance commerciale de l’Algérie rompt brutalement avec la sérénité excessive d’un Sellal plus que jamais en précampagne électorale. Se fiant à des données statistiques, le premier argentier du pays a jugé de son devoir de tirer la sonnette d’alarme.
A raison, au demeurant, puisque la menace sur la finance publique est sérieuse après que le premier semestre de l’année 2013 fut marqué par une baisse des exportations des hydrocarbures, lesquelles génèrent le principal de la ressource financière du pays.
La baisse des recettes pétrolières a été en effet de l’ordre de 12%, à raison de 10% en volume et 2% en valeur. «Il y a une inquiétude que personne ne peut nier (…) d’où la nécessité de continuer à créer la richesse et de l’emploi et veiller à ce que nos équilibres ne soient pas perturbés à moyen terme», s’est inquiété Djoudi. Son inquiétude est d’autant plus justifiée que la chute des recettes des exportations pétrolières est induite par des facteurs exogènes sur lesquels l’Algérie n’a aucune maîtrise.
C’est, selon le ministre des Finances, la récession qui perdure en Europe, la faible croissance aux Etats-Unis et la baisse des projections de croissance dans les pays émergents qui ont occasionné ce manque à gagner en matière de recettes des hydrocarbures.
Avec des importations en hausse de 14%, l’excédent commercial du pays a chuté de moitié. Cette tendance baissière pourrait se maintenir pour le second semestre 2013, tant est que les prévisions n’annoncent pas une amélioration des facteurs exogènes ayant été à l’origine de ce recul des recettes des exportations pétrolières. Mais paradoxalement, l’inquiétude de Djoudi n’est pas faite sienne par le Premier ministre qui poursuit imperturbable à accorder des rallonges budgétaires aux wilayas, alors que la prudence recommanderait une rationalisation de la dépense publique. Pas que cela, cependant !
Les attitudes de Djoudi et de Sellal sont en déphasage patent. Leurs discours respectifs traduisent deux réalités bien distinctes. Le ministre des Finances alerte sur la perturbation à moyen terme de la balance commerciale, pendant que le Premier ministre travaille, lui, à planter un tout autre décor.
L’alerte de Djoudi confirme la persistance de la forte dépendance de l’économie nationale aux hydrocarbures, en dépit des enveloppes faramineuses, plus de 500 milliards de dollars en 10 ans, consacrées à la relance économique en la diversifiant.
Les discours de Sellal poursuivent, en revanche, de présenter une politique économique aboutie. Il est évident que Djoudi parle en technicien qui fait dire aux chiffres ce qu’ils veulent réellement dire, alors que le Premier ministre évolue, lui, sur une logique électoraliste, laquelle suppose de vernir au mieux le bilan de Bouteflika. D’où cette incohérence que le gouvernement exhibe à la face du monde.
S. A. I.





Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/arti

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