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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 16:25

jean-XXIIIJEAN XXIII

Bien que je sois athée, il m’importe que l’Eglise sanctifie Jean XXIII. Non pas que j’aie le culte des saints, mais parce qu’à mes yeux c’est une reconnaissance  de son rôle éminent. Ce fut en effet comme un coup de tonnerre lorsque parut en avril 1961 l’encyclique papale Pacem In Terris et que nous y découvrîmes la phrase suivante : « Les catholiques collaborent de multiples manières […] soit avec des hommes qui  vivent en dehors de toute foi chrétienne, mais qui, guidés par les lumières de la raison, sont fidèles à la morale naturelle. » Nous aurions pu discuter de la « morale naturelle », nous retînmes « les lumières de la raison ». Pour la première fois l’Eglise catholique reconnaissait que la raison puisse être une lumière guidant l’humanité. C’était une révolution qui tournait la page de l’Inquisition. Les militants communistes de ma génération recevaient cette phrase comme une réponse positive à la main tendue aux catholiques par Maurice Thorez, le secrétaire général du PCF, en mai 1936.

Pacem In Terris allait enfin permettre que se développe officiellement un dialogue fécond entre croyants et incroyants. C’est dans la foulée de cette encyclique que se créèrent les Services Incroyance et Foi, services d’Eglise permettant la rencontre d’hommes de foi, d’agnostiques et d’athées, dont l’Eglise catholique attendait un enrichissement pour elle-même, ce qui est la preuve qu’il ne s’agissait pas d’un simple affichage, d’un artifice de communication.

Une de mes premières initiatives, lorsque je fus élu secrétaire fédéral du PCF en 1976, fut d’aller rencontrer l’évêque de Nîmes, Mgr Rougé.

GENERAL ANDRE ZELLER

Je lis Journal d’un prisonnier, le témoignage d’un des quatre généraux du putsch d’Alger en 1961.(Tallandier, mars 2014)

8 janvier 1961. Depuis plus de six années la guerre fait rage en Algérie où l’Armée française est engagée avec 450 000 hommes contre un peuple qui lutte pour son indépendance. Ce jour-là les électeurs français approuvent à 76% par référendum le principe de l’autodétermination de l’Algérie que le Général de Gaulle avait affirmé le 16 septembre 1959 dans une allocution télévisée qui allait constituer le tournant de la guerre. Un grand nombre des cadres supérieurs de l’armée française par esprit de caste, imprégnés de mépris pour les peuples, aveugles aux réalités de leur temps et humiliés par la cinglante défaite de Diên Biên Phu en Indochine, n’acceptent pas la fin de la domination française sur l’Algérie. Plusieurs d’entre eux dont les généraux Challe, Jouhaud, Salan et Zeller leur aîné vont prendre la tête d’un putsch militaire à Alger où ils s’emparent du pouvoir les 21 et 22 avril. Ce « pronunciamiento »  d’un « quarteron de généraux en retraite […] un groupe d’officiers partisans, ambitieux et fanatiques », selon les mots du Général de Gaulle dans un discours télévisé retentissant au cours duquel il appelle à leur barrer la route  par tous les moyens,  « je dis : tous les moyens », va rapidement s’effondrer, les « appelés » du contingent ayant un joué un rôle important pour le mettre en échec. Challe se rend. Jouhaud et Salan entrent en clandestinité. Zeller se rend à son tour. Il sera condamné le 31 mai 1961 à 15 ans de détention et emprisonné successivement à la Santé, à Clairvaux puis à Tulle. Il bénéficiera ainsi que ses codétenus d’un régime d’exception : plusieurs cellules à la disposition de chacun d’eux, repas en commun, visites nombreuses et libres de leurs familles et de leurs amis. Pendant sa captivité Zeller écrit, au jour le jour, les faits marquants qui le concernent, des commentaires sur la situation politique, des notes de lecture. Catholique pratiquant, proche des milieux traditionalistes, issu d’une famille de militaires de carrière, André Zeller a un mépris absolu pour « la populace ». Il considère que le peuple français est (P.153): « Une masse amorphe, prête à toutes les craintes, les soumissions, les reniements. » Il rejette la démocratie (P. 109) et parodiant la phrase célèbre de De Gaulle dans Paris libéré, il écrit (P.171): « France endormie. France anesthésiée. France abaissée. France dégradée. » Un homme incontestablement courageux, aimant une « patrie française » abstraite, désincarnée, n’écoutant que sa conscience, sa propre opinion prévalant donc sur celle des autres. Un homme dangereux. De Gaulle est à ses yeux le « connétable du déclin » (P.53). Le jour du cessez le feu, le 19 mars 1962, il écrit (P.162): « La presse de ce matin exulte: la Paix ! Est-ce celle de Munich ou celle de Rethondes. Je la crois plus néfaste encore que l’une ou l’autre. C’est l’abdication de notre puissance méditerranéenne. C’est une défaite pour l’Occident. » On notera que pour Zeller, l’indépendance de l’Algérie est plus néfaste que la victoire de l’Allemagne nazie…

VALLS DEVANT L’ASSEMBLEE NATIONALE

Combien de députés socialistes se soumettront aux décisions de Hollande et de Valls voulant imposer au peuple de France une drastique politique d’austérité pour « alléger les charges des entreprises » ?

Les résultats du vote viennent de tomber : 265 POUR, 232 CONTRE(dont les 15 du Front de gauche), 67 ABST. dont 41 PS.

Si les 41 députés socialistes avaient voté contre le Plan dit de stabilité celui-ci aurait été mis en minorité obligeant le Président de République et le Premier ministre à revoir leur copie. Comment interpréter cette situation ? Comme le début d’une fronde socialiste contre la politique d’austérité ? Ou comme une manoeuvre du groupe socialiste pour sauver Valls ? Sans doute les deux à la fois. L’issue dépendra de l’évolution de l’opinion publique. 

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