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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 16:58

La grande confusion

Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées

Par Philippe Corcuff 

Á paraître aux éditions Textuel, collection « Petite Encyclopédie Critique »  en mars 2021, 672 pages

I - Quelques courts extraits de l’introduction

* Quand on a le nez dans le guidon, quand on est surtout sensible à qui se passe événement après événement, problème après problème, de façon segmentée, on a du mal à voir se dessiner une configuration globale inquiétante. Et pourtant… s’il y avait bien des fils se tissant imperceptiblement, dans une large inconscience de ses protagonistes, entre Manuel Valls et Emmanuel Macron, d’une part, et Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon, d’autre part, entre Caroline Fourest et Laurent Bouvet, d’une part, et Éric Hazan et Houria Bouteldja, d’autre part, entre Alain Finkielkraut et Christophe Guilluy, d’une part, et François Bégaudeau et Juan Branco, d’autre part, ou encore entre Jean-Claude Michéa et Michel Onfray, d’une part, et Chantal Mouffe et Frédéric Lordon, d’autre part, pour donner une trame idéologique en voie de constitution nommée confusionnisme ? Et si ces bricolages idéologiques confusionnistes avaient des intersections et des interactions avec la trame idéologique ultra-conservatrice tissée sous des modalités diversifiées par les Alain Soral, Éric Zemmour, Renaud Camus, Hervé Juvin, Alexandre Devecchio ou Mathieu Bock-Côté ? Et si tant le confusionnisme que l’ultra-conservatisme étaient traversés par une tendance idéologique plus large et prégnante à l’échelle internationale, au sein des ordres dominants comme de mouvements contestataires : l’identitarisme ? Et si « la nouvelle droite » d’Alain de Benoist ou certains usages du « chevènementisme », le « sarkozysme » ou La Manif pour tous, mais aussi Les Guignols de l’info ou les émissions de Thierry Ardisson, avaient participé à la généalogie plurielle de ces processus idéologiques ? Et si ces processus profitaient aujourd’hui principalement à l’extrême droite d’un point de vue idéologique ? Ce sont les hypothèses hérétiques que ce livre explore de manière détaillée et minutieusement référencée dans une mise en perspective conceptuelle et historique, en mettant en rapport des discours habituellement séparés dans les analyses existantes. 

Différentes questions rythmant l’actualité médiatique sont alors abordées, comme la place de la nation, les migrants, la laïcité, le néolibéralisme économique, l’extrême droite, l’islamophobie et l’antisémitisme, le sexisme, l’homophobie, les islamismes et les djihadismes, le complotisme et le climatoscepticisme, le « populisme de gauche », les échos hexagonaux du « trumpisme », les utilisations de la notion de « race », l’héritage colonial et les perspectives décoloniales, les interprétations conservatrices de l’écologie, les « gilets jaunes » ou l’après COVID-19. L’actualité y est alors traitée autrement, en s’appuyant principalement sur des outils de distanciation puisés dans les sciences sociales et dans la philosophie politique au long d’un parcours universitaire en science politique. Une telle interrogation raisonnée sur des événements récents ou qui continuent à se dérouler sous nos yeux relève aussi d’une histoire du temps présent. Le refus des tendances manichéennes des débats publics et le sens des nuances ont appelé de longs développements basés sur des arguments, en revenant sur le contenu des discours tenus et sur leurs contextes respectifs d’énonciation plutôt que de se contenter de les caricaturer ou de les encenser de loin. 

Distanciée, la démarche est aussi engagée en s’adossant à un itinéraire militant d’une quarantaine d’années au sein des gauches, de la gauche socialiste à la gauche libertaire en passant par la gauche radicale. Cependant cet engagement, s’il ne veut pas se perdre dans les chausse-trappes courantes de l’autojustification, doit se coltiner ses propres vicissitudes et ses points aveugles. 

J’espère que cet ouvrage provoquera un choc, comme son écriture a provoqué un choc chez moi, en particulier parmi ses lectrices et ses lecteurs les plus soucieux de reconfigurer une boussole éthique et politique au sein des brouillages actuels et de réinventer une gauche d’émancipation. Car ce livre de l’inquiétude voudrait contribuer à relancer une espérance vacillante.

 

 * Dans ce contexte politiquement brouillé et périlleux, on observe, en France comme à une échelle internationale, une extension des domaines d’un confusionnisme rhétorique et idéologique au sein des espaces publics, dans le sens de la confusion entre des thèmes d’extrême droite, de droite, de gauche modérée et de gauche radicale, favorisant des bricolages idéologiques ultra-conservateurs, voire une extrême droitisation, sur fond de prégnance plus large d’identitarismes, entendus comme la réduction des individus et des collectivités humaines à une identité principale et close. Le confusionnisme est le nom actuel d’une désagrégation relative des repères politiques antérieurement stabilisés autour du clivage gauche/droite et du développement de passerelles discursives entre extrême droite, droite, gauche modéré et gauche radicale. Confusionnisme, au sens retenu ici, n’est donc pas synonyme de confusions, mais revêt un sens politico-idéologique plus précis. La trame discursive confusionniste a pour principal effet, dans le contexte politico-idéologique actuel, de faciliter l’extension de postures et de thèmes venant de l’extrême droite. Une des possibilités ainsi ouvertes (mais pas la seule) est l’émergence et la stabilisation de « postfascismes », sous la forme de partis et/ou de régimes politiques.

 

 * « Winter is coming », selon une expression maintes fois réitérée dans la série télévisée américaine Game of Thrones. L’hiver arrive, avec un risque de glaciation idéologique et politique. Quand les séductions du « politiquement incorrect » remplacent la visée de vérité, le souci de la justice et/ou la quête d’émancipation, en débordant de l’extrême droite vers la droite et les gauches. Quand les mises en récit conspirationnistes gangrènent la critique sociale structurelle. Quand les mots « Europe » et « monde » sont de plus en plus chargés de consonances menaçantes et « France » et « nation » de consonances salvatrices. Quand un peuple-nation homogène est appelé de leurs vœux par divers secteurs de l’espace politico-idéologique. Quand les identités revendiquées se ferment et que le pluriculturel et le métissage sont fustigés. Quand la stigmatisation des « migrants », des « musulmans »  et/ou des « Roms » apparaît acceptable dans des secteurs des champs politicien et médiatique. Quand les discours et même les violences antisémites reprennent de la vigueur. Quand la négrophobie s’exprime contre une ministre de la justice, dans les tribunes de stades de football ou dans des contrôles policiers. Quand le sexisme et l’homophobie retrouvent du brillant intellectuel. Quand les aspirations des individualités sont enlaidies en « égoïsme » au profit d’un « tout collectif »…

* Je vais renouer dans ce livre avec le fil merleau-pontien dans un autre contexte, en mobilisant une inquiétude post-marxiste et libertaire, nourrie des sciences sociales et de la philosophie contemporaines, contre le quiétisme de larges pans de la gauche devant les nuages qui s’amoncellent et le gros temps qui menace. Car, au sein des gauches en reflux, l’indifférence à l’égard des processus idéologiques analysés dans ce livre apparaît encore étendue. Plus, certaines figures issues de la gauche ou associées à elle, parmi les plus en vue et aux positionnements d’ailleurs divers et parfois opposés (comme Giorgio Agamben, Norman Ajari, Claude Allègre, Élisabeth Badinter, Guillaume Balas, Claude Bartolone, François Bégaudeau, Aurélien Bernier, Gérard Biard, Manuel Boucher, Houria Bouteldja, Laurent Bouvet, Juan Branco, Pascal Bruckner, François Burgat, Jean-Pierre Chevènement, Vincent Cheynet, Étienne Chouard, François Cusset, David Djaïz, Cédric Durand, Zineb El Rhazaoui, Alain Finkielkraut, Caroline Fourest, Marcel Gauchet, Christophe Guilluy, Éric Hazan, Nathalie Heinich, François Hollande, Laurent Joffrin, Jacques Julliard, Ernesto Laclau, Bernard-Henri Lévy, François Loncle, Frédéric Lordon, Emmanuel Macron, Richard Malka, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Claude Michéa, Jean-Claude Monod, Arnaud Montebourg, Chantal Mouffe, Michel Onfray, Philippe Pelletier, Willy Pelletier, Céline Pina, Natacha Polony, Adrien Quatennens, Christophe Ramaux, Ignacio Ramonet, François Ruffin, Michèle Sabban, Jacques Sapir, Daniel Schneidermann, Danielle Simonnet, Pierre-André Taguieff, Emmanuel Todd, Manuel Valls, Fiammetta Venner, Jérôme Vidal ou le collectif Pièces et Main d’Œuvre), ont été affectées par des formes d’intoxication confusionniste, parfois ponctuelles et bégnines, pour d’autres plus systématiques, sans fréquemment s’en rendre compte, à côté souvent de repères critiques et émancipateurs plus classiques, ainsi qu’on le verra. Il ne s’agit pas d’établir une quelconque identité entre les écrits et les discours de toutes ces personnalités et les bricolages idéologiques ultra-conservateurs, mais de pointer des zones variables d’intersection et d’interactions avec elles, parfois très restreintes. Certains peuvent ainsi être proches de l’ultra-conservatisme de droite et d’extrême droite sur le plan de l’identitarisme national (comme Étienne Chouard, Alain Finkielkraut ou Laurent Bouvet) et d’autres très éloignés (comme François Bégaudeau, Caroline Fourest ou Norman Ajari). Au sein des plus proches (tels que Étienne Chouard/Alain Finkielkraut) et des plus éloignés (tels que Caroline Fourest/Norman Ajari), les oppositions peuvent être vives. Le cadre d’analyse proposé ne vise donc pas à créer des amalgames entre des orientations dissemblables et même contradictoires. 

 * Or, trop souvent dans les milieux militants qui sont les miens, les divergences sont diabolisées.

Á rebours de cette tendance prégnante, il faudrait prendre conscience que des personnes dotées de valeurs et de repères politiques proches peuvent être amenées à s’orienter dans des directions différentes, voire opposées, en faisant des paris distincts quant aux cheminements de l’histoire dont personne ne peut garantir à l’avance les étapes suivantes. C’est inéluctable une fois qu’on a abandonné l’idée que la direction de l’histoire serait fixée à l’avance. Dans le cadre d’une contingence historique qui nous contraint à agir (la non-action étant une forme d’action) dans des contextes marqués par une part inéliminable d’incertitude, la politique consiste au mieux, du point de vue d’un pragmatisme rationaliste, à la formulation de paris raisonnés à partir de ce qui pourrait probablement arriver. Or, comme l’observe Maurice Merleau-Ponty :

« Puisque nous n’avons, quant à l’avenir, pas d’autre critérium que la probabilité, la différence du plus ou moins probable suffit pour fonder la décision politique, mais non pas pour mettre d’un côté tout l’honneur, de l’autre tout le déshonneur. »

Point n’est alors besoin de disqualifier ceux qui font des paris distincts comme des « traîtres », des « salauds » ou des « vendus », comme trop souvent. Encore une fois, assumons nos fragilités ! On veut des légendes (2006) ont chanté Eddy Mitchell et Johnny Halliday sur des paroles de Claude Moine (le vrai nom d’Eddy Mitchell) et une musique de Pierre Papadiamandis : 

« On veut des légendes, des légendes

Á consommer toutes prêtes sur commande

Les mythes nous rongent mais tiennent bon

Grâce à nos marchands d'illusions ».

Cet ouvrage s’efforce en ce sens de mettre à distance certaines des légendes collectives, qui sont aussi parfois mes propres légendes personnelles, nous (m’) empêchant de nous (me) coltiner les rugosités de l’époque. Ce qui suppose, avec Alain Souchon, un sens de l’autodérision (« Dérisions de nous dérisoires ») et encore avec Eddy Mitchell une humilité par rapport à tout ce qui nous échappe dans le cours du monde (« La vie les a doublés »). Quelque chose comme « se déprendre de soi-même », pour reprendre une expression de Michel Foucault, visant à qualifier « l’éthique d’un intellectuel » par rapport au travail universitaire, dans laquelle je me reconnais pleinement : 

« Être à la fois un universitaire et un intellectuel, c’est essayer de faire jouer un type de savoir et d’analyse qui est enseigné et reçu à l’université de façon à modifier non seulement la pensée des autres, mais aussi la sienne propre. »

La démarche générale de ce livre prend alors des tonalités tout à la fois merleau-pontiennes et foucaldiennes, mitchelliennes et souchoniennes.

II - Plan détaillé

Introduction : Vers une théorie politique critique de la confusion aujourd’hui

Liaisons dangereuses dans l’air du temps : Julliard, Lordon et Bock-Côté

Jacques Julliard, de « la deuxième gauche » à la focalisation « républicaine » sur la nation

Frédéric Lordon ou la fétichisation de la nation au sein de la gauche radicale

Mathieu Bock-Côté, un ultra-conservatisme nationaliste venu du Québec

Des convergences rhétoriques et idéologiques paradoxales 

Un retour soft de Maurice Barrès, entre ultra-conservatisme, gauche modérée et gauche radicale ?

Une interrogation quant aux tendances confusionnistes et ultra-conservatrices de l’air du temps

Bricolages idéologiques ultra-conservateurs et confusionnistes

Inquiétude merleau-pontienne

Une théorie politique critique à horizon émancipateur engagée dans l’époque

Théorie politique et théorie critique

Engagement dans l’époque et contextualisation

Une théorie politique au défi de « l’inquiétude du négatif »

Dans le brouillard idéologique : de l’utilité d’une boussole

La boussole ou comment pragmatiser le rapport à l’éthique et à la politique

De la controverse Merleau-Ponty/Sartre au présentisme

« Dérision de nous, dérisoires »

Penser aussi contre mes propres impensés politiques

Vers une gauche d’émancipation

L’émancipation en peau de chagrin d’Emmanuel Macron

Des Lumières tamisées en héritage

Critique de Mark Lilla

En partant de Roger Martelli

Plan d’un ouvrage aux musicalités merleau-pontiennes et foucaldiennes, mitchelliennes et souchoniennes

Remerciements

 

 Partie I :

Dérèglements de la critique sociale dans les temps confus actuels

* Chapitre 1 :

Jalons conceptuels et méthodologiques face au brouillard idéologique présent

L’identitarisme et ses complications actuelles

Des identitarismes

Des résistances à l’analyse de l’espace des identitarismes

Concurrences victimaires et ressentiment

Paniques identitaires

Jean-Claude Kaufmann et l’ouverture-fermeture des identités contemporaines

Tropismes manichéens de « la question identitaire »

Risques « postfascistes » et dynamiques ultra-conservatrices

Fascisme ou « postfascisme » ?

Ultra-conservatisme plutôt que « populisme »

Brouillard idéologique, confusionnisme et extrême droitisation

De la métaphore de l’aimantation et de sa reformulation sous un angle tactique

Thomas Schelling et les points focaux

François Hollande aimanté

Emmanuel Macron aimanté

La Commission européenne aimantée

Désaimantation conjoncturelle

Politisations conspirationnistes

 * Chapitre 2 :

De quelques laboratoires de l’ultra-conservatisme et de l’hypercriticisme confusionniste : de Benoist, les « néo-réacs », Chevènement, Les Guignols de l’info, Halimi, Ardisson, Sarkozy, La Manif pour tous, Jour de colère…

Alain de Benoist : essentialisme culturaliste et amalgames confusionnistes chez un intellectuel curieux

L’espace des « nouveaux réactionnaires » décrypté par Daniel Lindenberg

Autour d’une des vies de Jean-Pierre Chevènement : la galaxie nationale-républicaine

Les Guignols de l’info ou la critique confusionnée

La critique manichéenne des médias, de la gauche radicale à l’extrême droite

De Thierry Ardisson à la Ligue du LOL : la critique transgressive

« Le sarkozysme » ou l’accélération du brouillage des repères politiques

La Manif pour tous ou la critique ultra-conservatrice du « libéralisme »

Jour de colère, 26 janvier 2014, ou la convergence antisémite de haines hétérogènes

* Chapitre 3 :

Le couple critique sociale-émancipation et la gauche resitués dans l’histoire

Les liaisons historiques de la critique sociale et de l’émancipation : un pilier intellectuel de la gauche

Problématisation moderne du couple critique sociale-émancipation

Repérages historiques-1 : de la critique sociale

Repérages historiques-2 : de l’émancipation

La gauche, du XXe siècle à aujourd’hui

De la fragilisation actuelle des liens critique sociale-émancipation

Pierre-André Taguieff ou la tentation de la déconstruction conservatrice de l’émancipation

« Politiquement incorrect » et « critique du ressentiment » dans l’hypercriticisme aujourd’hui

Conclusions de la partie I

 Post-scriptum à la Partie I :

Extrême droitisation, néolibéralisme économique… COVID-19

Du néolibéralisme, de droite à gauche

Le néolibéralisme comme une des sources de la vague ultra-conservatrice

Écueils de la diabolisation du néolibéralisme à gauche

Post-scriptum au post-scriptum (octobre 2020) : brèves hypothèses au cœur de la crise de la COVID-19 quant au néolibéralisme et à l’ultra-conservatisme 

Du recul symbolique du néolibéralisme et de quelques autres conséquences positives possibles de l’épidémie

Ultra-conservatisme nationaliste et confusionnisme complotiste : le vent en poupe ?

La foire présentiste aux prophètes

D’un monde d’après composite

 Partie II

: Déplacements confusionnistes en cours, de l’extrême droite à la gauche

 * Chapitre 4 :

Quatre figures de l’extrême droite idéologique : Alain Soral, Éric Zemmour, Renaud Camus, Hervé Juvin

Alain Soral et Éric Zemmour : deux variantes de l’ultra-conservatisme idéologique à la française

Traits transversaux soralo-zemmouriens

De l’imbrication du racisme, du sexisme et de l’homophobie

Postures cognitives et formes narratives supportant l’ultra-conservatisme

Renaud Camus et le fantasme conspirationniste du « Grand Remplacement »

« Le Grand Remplacement » selon Renaud Camus

Échos politico-idéologiques du « Grand Remplacement »

Hervé Juvin ou « la séparation écologique » des « ethnies » et des cultures

Une biologisation des relations sociales

Un identirarisme anti-« libéral »

La singularité et la diversité tronquées

* Chapitre 5 :

 Critique de l’hypercriticisme conspirationniste

Deux pôles de la trame narrative conspirationniste

Les sciences sociales contre le conspirationnisme

Face aux illusions conspirationnistes d’un doute illimité : ressources philosophiques

Dérapages conspirationnistes à gauche

« L’affaire Strauss-Kahn » comme vecteur conspirationniste en milieu socialiste

Du climatoscepticisme au complotisme : le cas de Claude Allègre

Michel Onfray ou James Bond en philosophie politique

La France insoumise et le conspirationnisme tactique au sein du champ politicien

« Affaire Benalla » : interférences confusionnistes

Complotisme chez les hackers « anti-système »

Le paradoxe de critiques des théories du complot… complotistes

De l’anticonspirationnisme sélectif et du complotisme intermittent en milieu ultra-conservateur : Alexandre Devecchio et Mathieu Bock-Côté

Fiammetta Venner et Yann Barte : le complot des conspirationnistes vu de gauche ?

Des antifas centrés sur « les infiltrations » de l’extrême droite

Quand la critique du conspirationnisme est relativisée par des figures intellectuelles de gauche

Luc Boltanski : de la critique de la narration conspirationniste à une impraticable critique sociologique du conspirationnisme

Des chercheurs en sciences sociales contre la mise en place de dispositifs pédagogiques de critique du conspirationnisme

Frédéric Lordon ou la délégitimation de la critique du complotisme

Conspirationnisme et « affaires »

 * Chapitre 6 :

Les « gilets jaunes » : un mouvement social composite surmédiatisé en contexte confusionniste

De l’hétérogénéité d’un mouvement social : les « gilets jaunes » existent-ils ?

Les « gilets jaunes » entre hétérogénéités socio-politiques et unifications symboliques

Sur quelques tendances globales parmi les « gilets jaunes »

De quelques contradictions socio-politiques au sein des « gilets jaunes »

Dérapages minoritaires et confusionnisme rampant

Dérapages ultra-conservateurs

Conspirationnisme et confusionnisme

Une hypothèse à propos du bain idéologique ultra-conservateur et confusionniste

Les « gilets jaunes » et le succès de l’extrême droite aux élections européennes de mai 2019

La question de l’antisémitisme

Chronique non exhaustive d’un antisémitisme en « gilet jaune »

Le cas d’un tweet antisémite médiatiquement invisible 

Un antisémitisme militant très minoritaire, mais persistant

L’auto-illusionnisme chez les intellectuels critiques et dans la gauche radicale

Un zoo académique à gauche ?

Légendes d’une gauche radicale désorientée

Mediapart : un moment d’égarement ?

Conclusion de la Partie II

 Post-scriptum à la Partie II :

De la droite extrême à la gauche : l’élection de Donald Trump comme occasion d’épaississement du brouillard idéologique en France

Trois énoncés idéaux-typiques du confusionnisme des gauches trumpisées

Ignacio Ramonet trumpisé précoce

Laurent Bouvet trumpisé

Jean-Luc Mélenchon trumpisé

Emmanuel Todd maxi-trumpisé

Jean-Claude Michéa trumpisé tardif

 

 Partie III :

En partant de la gauche : polarisations politiques, ankyloses intellectuelles et intersections confusionnistes

 * Chapitre 7 :

Manichéismes publics concurrents : laïcité, islamismes-djihadismes, antisémitisme/islamophobie

Dérives laïcardes de la laïcité et caricatures décoloniales de la laïcité

De la tolérance propre à la loi de 1905 à la focalisation actuelle sur l’islam

La laïcité contre l’islam et contre… la loi de 1905 : Laurent Bouvet et Natacha Polony

La laïcité caricaturée par certains antiracistes

Des amalgames aux défaillances à gauche face aux islamo-conservatismes

Islamismes et djihadismes : mieux appréhender les différences et les intersections

Amalgames essentialistes et Marche contre l’islamophobie

De François Burgat à Judith Butler : de la complaisance répétée au défaut ponctuel de vigilance à l’égard des islamo-conservatismes

De la minimisation des islamo-conservatismes aux carences émancipatrices

De la compétition entre combats contre l’antisémitisme et contre l’islamophobie à l’enrayement de l’antiracisme

Islamophobie

Antisémitisme

Antisémitisme et « antisionisme »

Engrenages délétères

De la dénégation à l’islamophobie soft dans la gauche « républicaine »

Une « extrême gauche » antisémite ?

Délégitimation de la critique de l’antisémitisme actuel chez Frédéric Lordon et d’autres

Des appels contre l’antisémitisme dotés d’ambiguïtés

Complaisances à l’égard du PIR

Des résistances face à la minoration de l’antisémitisme

Le cas Mélenchon : jeux nationaux-républicains ambigus avec les frontières de l’islamophobie et de l’antisémitisme

Un appel international en faveur de Tariq Ramadan, entre ambiguïtés quant à un supposé « complot sioniste » et disqualification de la critique de l’islamophobie De la situation de l’islamophobie et de l’antisémitisme aujourd’hui en France aux possibl
Les convergences antiracistes

 * Chapitre 8 :

Des indices de pénétration du confusionnisme à gauche 

Des pensées tourneboulées venant de la gauche

Houria Bouteldja ou un « essentialisme inversé »

Laurent Bouvet ou « l’insécurité culturelle » comme identitarisme d’extrême centre gauche

Juan Branco ou la pensée critique people

Étienne Chouard : un passeur confusionniste entre gauche radicale et extrême droite

Christophe Guilluy ou le « populaire » embrouillé, entre manichéisme territorial et préjugés conservateurs

Alain Finkielkraut/Norman Ajari : retours vers l’essentialisme

Incursions confusionnistes localisées

De la décroissance de l’émancipation au nom de « la nature » : de Vincent Cheynet en Pièces et Main d’Œuvre (jusqu’à Limite)

Un conservatisme intellectuellement euphémisé chez Nathalie Heinich

Émotions xénophobes chez Jean-Luc Mélenchon

Michel Onfray : du confusionnisme localisé au confusionnisme global

Bref attrait pour un « politiquement incorrect » transgressif chez Daniel Schneidermann (et Élisabeth Lévy)

Romophobie gouvernementale et islamophobie soft chez Manuel Valls

Quatre terrains glissants

Nationalisme économique

L’extrême droite relativisée

Trouble et résistances autour des migrants dans les gauches critiques

Les Lumières de Charlie Hebdo divisées

 * Chapitre 9 :

Adhérences confusionnistes au sein de deux pensées critiques en vogue : ambiguïtés de Jean-Claude Michéa et de Chantal Mouffe-Ernesto Laclau

Michéa : des zones ultra-conservatrices dans une politique socialiste d’émancipation

De la prétendue unité du libéralisme, du dénigrement des droits et de l’individualisme

De la disqualification de « la gauche »

Ambivalences de Michéa et ricanements de Lordon

Mouffe et Laclau : apports « post-marxistes » et impensés conservateurs dans le « populisme de gauche »

Hégémonie et stratégie socialiste (1985)

Déplacements « populistes » de Laclau

Déplacements « agonistiques » de Mouffe 

Le « populisme de gauche » de Mouffe

Une piste alternative

Convergences verticalistes : Monod et Lordon

 Conclusion de la Partie III

Post-scriptum à la partie III :

L’adversité mieux que l’adversaire, avec Maurice Merleau-Ponty

L’émancipation, c’est d’abord « avoir des couilles » ?

La dialectique des adversités et des émancipations : en partant de Merleau-Ponty

Ouverture :

De l’extinction confusionniste des Lumières aux lueurs mélancoliques de l’émancipation ?

Lanceur d’alerte idéologique

Confusionnisme ou recomposition ?

Potentialités émancipatrices et crise de la politique organisée

Vers une nouvelle boussole émancipatrice ?

Une balade mélancolique rythmée par Maurice Merleau-Ponty et Michel Foucault, Eddy Mitchell et Alain Souchon

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