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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 19:15

Ce jour :  A mes camarades disparus.

                 A mes amis retrouvés.

 

A mes camarades disparus

     Je viens d’apprendre, coup sur coup, la disparition de Jean Chatain et de Marcel Zaidner. Jean était un peu plus jeune que moi. Nous avions avec Marcel, à un an près, le même page.

     Marcel était le responsable national aux cadres du PCF. J’avais souvent l’occasion de le rencontrer lorsque j’étais le secrétaire de la fédération du Gard ou lors des réunions du comité central. Quant à Jean, j’ai fait sa connaissance en 1978 à l’Assemblée nationale auprès de laquelle il était accrédité en tant que journaliste à l’Humanité.

    En 1976-1977, alors que nous réfléchissions aux candidat(e)s à présenter à l’élection législative de 1978, Roger Roucaute, l’emblématique député de la 3e circonscription (Alès-Bassin minier des Cévennes), nous fit part de sa décision de ne pas être candidat. Marcel m’informa du souhait de Georges Marchais que nous présentions une candidate à sa succession. Après avoir pris la température auprès des camarades de la région alésienne, c’est dans le bureau de Georges, en sa présence et celle de Marcel Zaidner, au siège du comité central à Paris, que fut prise la décision de proposer au comité fédéral du Gard  la candidature d’Adrienne Horvath, épouse d’un mineur,  issue d’une famille de Résistants, maire de Saint-Martin–de-Valgalgues. Ainsi fonctionnait ce que nous appelions le « centralisme démocratique » qui sera remplacé en 1993 par des pratiques plus démocratiques. Sa candidature fut acceptée sans problème et Adrienne se révèlera une députée combative au service de la corporation minière. On plaisante parfois sur le machisme des mineurs ; « Femme de mineur, femme de seigneur » Ils lui firent non seulement confiance, ils eurent pour elle une véritable affection et son mari lui fut d’une aide précieuse.

     Elu en 1978, je fis la connaissance de Jean Chatain dans les bureaux du groupe communiste à l’Assemblée Nationale où il venait chaque jour pour s’entretenir avec nous.

   Jean était très fraternel. Je ne l’ai jamais entendu faire une remarque désobligeante, mais je revois son léger sourire ironique  quand nous nous emballions au récit des joutes oratoires qui se déroulaient dans l’hémicycle. Le Parti à cette époque était en effet très vigilant à l’égard du « crétinisme parlementaire » qui guettait les élus oubliant que « ce sont les masses qui font l’histoire ». Jean accordait beaucoup d’attention au travail parlementaire tout en gardant une certaine distance critique. 

   Né à la politique avec les indépendances des pays colonisés, il était passionné par l’Afrique et ses reportages, lorsqu’il intégra le service international de l’Huma et par la suite dans diverses revues, nous impressionnaient par leur érudition et leur extrême sensibilité aux douleurs humaines. Pierre Barbancey, actuellement grand reporter du journal communiste, lui a consacré un bel hommage le 9 décembre dernier.

    Une génération de Communistes – notre génération – s’efface. Celle qui a vécu les lendemains de la Libération, les « 30 glorieuses » et la guerre froide. La génération des guerres coloniales et des indépendances. Une époque, à la fois difficile car le mouvement ouvrier était durement réprimé, mais exaltante car nous étions persuadés de la victoire prochaine du socialisme en France. Notre « foi » s’appuyait sur ce que nous pensions être le socialisme en URSS et dans les pays satellites. La révélation par Khrouchtchev des crimes de Staline décédé en 1953 fut pour nous un terrible traumatisme que nous avons surmonté en élaborant une Voie française au Socialisme. La signature du Programme commun de la Gauche en 1972, puis la victoire de François Mitterrand en 1981 alimentèrent cet espoir qui, après quelques avancées en 1981-1982, fut déçu par le virage à droite du Parti Socialiste en 1983.

    Nos jeunes camarades ont aujourd’hui pour tâche – dans un monde cruel dominé par un capitalisme pourrissant – de défricher des chemins nouveaux. Je constate qu’ils s’y sont attelés avec courage et détermination.

 

A mes amis retrouvés

    J’ai reçu ces jours-ci les LETTRES françaises dont le  Hors-Série N°1 est consacré à l’Arménie. Et l’ouvrant, j’ai une belle surprise : l’éditorial est signé Jean Ristat et Christian Kazandjian. Christian fut un temps mon collaborateur parlementaire au cours de mon second mandat à partir de 1986. Je feuillette et nouvelle surprise : deux pages sont consacrées au poète d’origine arménienne Charles Akopian. Charles fut pendant quelque 40 années le président du Secours Populaire dans le Gard qu’il marqua profondément de son empreinte. Bonjour les amis, vous avez conservé d’innombrables amitiés dans ce département qui ne vous oublie pas.

B.D.

15/12/2019

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