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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 07:33

    Le concert donné le 9 novembre dernier au Temple de Lasalle par l’Ensemble Les Turqueries * est parmi les moments musicaux qui ces dernières semaines m’ont le plus touché.

    Je suis particulièrement sensible à la musique orientale et aux métissages. Edouard Glissant a écrit de si belles choses à ce sujet. Or cet ensemble fondé en 2014, se définit lui-même dans les termes suivants : « Si les cultures orientales et occidentales nous semblent parfois éloignées, elles ont toujours été intimement liées et la musique en est un témoin direct. On retrouve ainsi de nombreuses lignes directrices communes aux deux esthétiques : la filiation entre le oud et le luth, les modalités rythmiques et mélodiques, la danse, l’improvisation et l’ornementation... Pour Les Turqueries, l'enjeu est de réunir ces deux univers sans les dénaturer, au travers d’arrangements originaux, d’improvisations et de compositions. Il s’agit de créer une matière sonore riche aux multiples facettes qui transportera l’auditeur entre musiques traditionnelles orientales et musiques anciennes occidentales. Au-delà de la musique, c’est un idéal de partage entre les peuples que Les Turqueries souhaite défendre. Ne serait-ce pas là, un des enjeux fondamentaux de l’art dans notre monde moderne. »

     Y-a-t-il plus éloquente et plus belle réponse aux idéologues du prétendu « choc des  civilisations ? ».

     Ce fut une soirée magique, qui nous conduisit tour à tour, des mélodies soufies du Xllle siècle (Suite Husseyni et   Suite Hicaz ) au baroque italien du XVlle (Bisogna morire, S. Landi). Du sultanat de Roum à la cour des Borghese. De l’Andalousie des Omeyades (toushia de Msharqi Sghir) à Ferrare et Florence. De Cordoue à Bologne (Riccercare n°2 pour violoncelle, Antonii). Des derviches tourneurs aux musiques et danses  amazighes du moyen atlas, aux pavanes allemandes. (Passamezzo Antoci). Du Maghreb à la Chine (Aksak Bayati).

   Et ce chant (G. Frescobaldi) plein de sagesse, accompagné des notes sereines et douces du oud :

Tu te trompes

en pensant que les années

ne vont jamais finir.

Il faut bien mourir.

 

La vie est un songe.

Elle semble si douce,

mais la joie est courte,

il faut bien mourir.

  Se  l’aura spira, Girolamo Frescobaldi

 

B.D., 26/ 11/2019

 

 

 

*      Les instruments sont des copies d’instruments anciens. Les cordes sont en boyaux.

        Véronique Bouilloux : violon baroque

        Sacha Dessandier-Volkoff : violoncelle baroque, chant

        Léo Fabre-Cartier : oud

        Thibaut Rocheron : percussions orientales

        Simon Waddell : théorbe, guitare baroque

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