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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 07:19

Dimanche, Lasalle-Tlemcen

   Nous avons vécu de belles rencontres  dimanche dernier à Lasalle (30) à l’initiative de l’association Goupil Connexion,   lors d'une journée agro-pastorale sous la conduite éclairée, passionnée et passionnante de Marie-Pierre Puech, vétérinaire et d’une invitée de marque, Hafeda Hasnaoui, ingénieure forestière venue spécialement de Tlemcen (Algérie). Cherif, Jahida et leur fille  Inès nous ont reçus fort gentiment sur leur ferme au Campet où ils pratiquent le maraîchage bio et l’élevage ovin pour la viande. Ils ont aussi des arbres fruitiers et une châtaigneraie. On peut leur passer commande au 04 66 8547 51.

   En fin d’après-midi, ce fut au tour de Lydie Morel de nous recevoir pour visiter sa chèvrerie à Sainte-Croix–de-Caderle. Cette jeune agricultrice originaire de la région parisienne s’est installée en 2005 avec sa fille au MAS HUBERT, sur une trentaine d’hectares. Une trentaine de chèvres, de race alpine chamoisée, composent son troupeau. C’est quotidiennement 3 à 4 heures de sortie pour les chèvres, qui « prélèvent pour 1/3 de leur alimentation sur le parcours et 2/3  à base de foin et d’orge». Ses fromages Bio peuvent être achetés sur place (0466058585) ou sur les marchés des environs, notamment le lundi à Lasalle.

   L’autre thème de cette rencontre était : Paysans et Vautours sans frontières, entre Algérie et Cévennes, qui a permis un riche échange d’expériences concernant l’acclimatation du vautour percnoptère – compagnon des hommes et du bétail - dans nos montagnes.

   Le repas partagé à midi avec une quinzaine de personnes, fut un moment particulièrement chaleureux au cours duquel évidemment  fut évoqué le grand mouvement populaire en cours en Algérie.

(Photo: A gauche: Marie-Pierre. Au centre: Hafeda. A droite: Cherif.)

 

Mardi, Daniel Cisquella (11 février 1949-12 octobre 2019)

   Nous étions très nombreux mardi au cimetière de Pont-Saint-Esprit auprès de Mireille son épouse et de sa famille.

    J’ai connu Daniel, alors qu’il était adolescent et adhérent des Jeunesses communistes. C’était un camarade enthousiaste, chaleureux et courageux. Vincent Bouget a retracé son parcours de militant communiste. J’ai évoqué pour ma part l’ouvrier. Daniel était né dans une famille ouvrière à Alès. Son père Jean que j’ai également connu avait été mineur de charbon dans le Bassin d’Alès. La classe ouvrière était le fer de lance de toutes les avancées sociales. Etre ouvrier était une fierté. A la fin de sa scolarité, Daniel sera donc ouvrier. La famille étant venue habiter Nîmes, Daniel fut embauché par l’Entreprise Emphoux qui fabriquait les pantalons Le Toro. On a du mal à se représenter ce qu’était le Gard à cette époque. C’était un département industriel et Nîmes avait de nombreuses usines du textile et de l’habillement parmi lesquelles Albaric, Eminence, Cacharel, Deloustal, Emphoux, Rodet…qui employaient des centaines d’ouvrières et d’ouvriers dont beaucoup étaient membres de la CGT. En 1967, l’entreprise Emphoux comptait 184 cartes à la CGT. C’est cette classe ouvrière qui fera mai-juin 1968  et le Gard comptera alors quelque 90 000 grévistes. Un mouvement d’une ampleur jusqu’alors inégalée qui débouchera sur les Accords de Grenelle.

   Daniel sera de cette avant-garde. Doublement, puisque les salariés d’Emphoux se mirent en grève dès le mois de février 1968, dura nt deux semaines, contre les cadences infernales qui leur étaient imposées pour des salaires de misère par des patrons particulièrement rapaces, méprisants et brutaux. Jeune adhérent de la CGT, il y joua un rôle très actif. Il restera dans cette boîte jusqu’à sa fermeture en 1970, date à laquelle les salariés furent mis à la rue sans ménagement.

   Il sera alors recruté en Mairie de Nîmes par le Maire communiste Emile Jourdan qui considérait comme un devoir d’embaucher des militants syndicalistes victimes de l’arbitraire patronal. Daniel sera affecté au service de la voirie, puis muté au service des sports particulièrement au Centre Pablo Neruda. Il finira sa carrière au service du Centre de loisirs du Mas Boulbon.

   Nous sommes redevables à cette génération d’ouvriers :

Les « accords » de Grenelle, conclus le 27 mai 1968, se traduisirent par une augmentation de 35 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) et de 10 % en moyenne, pour les autres salaires et par la légalisation de la section syndicale d’entreprise, actée dans la loi du 27 décembre 1968.

   En ces heures douloureuses, puisse l’amitié qui vous entoure, Mireille, Delphine, Christophe, Corinne, Manon, Lisa-Marie, Sahra, Joulia et l’ensemble de la famille de Daniel, vous apporter un peu de réconfort.

 

Jeudi 17 octobre à Nîmes

   Comme chaque 17 octobre nous étions rassemblés devant le Palais de Justice de Nîmes pour nous souvenir du martyre des victimes algériennes du 17 octobre 1961 à Paris que rappela Oucine Benchouyeb , Président de France-El Djazaïr dans son allocution (photo ci-dessous). Le Consul adjoint du Consulat d’Algérie de Montpellier était présent. Il avait auparavant assisté à la même cérémonie à Alès à l’entrée du Fort Vauban.

Oucine Benchouyeb, Président de France-El Djazaïr

Oucine Benchouyeb, Président de France-El Djazaïr

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