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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 06:52

 

 

 

 

 

Dernière minute: les arrestations de militants politiques se multiplient. La presse algérienne nous apprend ce matin que cinq militants de l’association Rassemblement Action jeunesse (RAJ) ont été placés, aujourd’hui dimanche,  sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal Sidi M’hamed à Alger. Il s’agit de Hakim Addad qui a participé à notre débat à Nîmes le 27 septembre au Prolé, de Massinissa Aissous, Djalal Mokrani, Bouider Ahmed et Kamel Ouldouali. 

Bernard DESCHAMPS

 Le pouvoir algérien actuel a fixé au 12 décembre la date de la prochaine élection présidentielle, mais la rue continue de la contester, considérant que les conditions ne sont pas réunies pour qu’elles se déroulent dans des conditions équitables. Cette opposition s’est manifestée une nouvelle fois avec force lors des grandes démonstrations populaires de vendredi dernier. Le quotidien national d’opposition El Watan titrait le  30 septembre : « Le front du boycott s’élargit ». Précisant : « Des partis ayant plaidé pour un règlement de la crise à travers un processus électoral, à l’instar du MSP (islamiste ndlr), décident de boycotter la présidentielle du 12 décembre[…] Après l’annonce de Ali Fawzi Rebaïne, président de Ahd 54 et plusieurs fois candidat à la magistrature suprême, de sa non-participation à ce scrutin, c’est au tour de Abdallah Djaballah, président du Front pour la justice et le développement (FJD), et de Abderrazak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), de suivre le même chemin. La non-participation de ces deux «poids lourds» du courant islamiste va assurément renforcer le front des boycotteurs qui s’élargit ainsi au fil des jours » . Autrement dit, il s’agit de deux formations politiques qui étaient dès le début de la crise contre l’option d’une Assemblée constituante et plutôt favorables à une présidentielle dans les meilleurs délais mais qui considèrent, dans le contexte actuel, que les conditions ne sont pas encore réunies pour la bonne tenue de ce scrutin. Ainsi donc, la voix de ces défenseurs d’un règlement de la crise politique à travers les urnes s’ajoute à celle des partisans d’une transition et d’un processus constituant.

En effet, les partisans d’une période de transition, essentiellement regroupés dans ce qui est appelé l’Alternative démocratique, ont dès le départ annoncé la couleur en rejetant l’option électorale et défendant «le nécessaire passage par une courte période de transition» avec le départ de tous les symboles du régime Bouteflika. Il s’agit du FFS, du RCD, du PT, du PST, de l’UCP, du MDS et du PLD, auxquels s’est jointe la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) de l’avocat Noureddine Benissad.[…]

D’autres partis, qui ne sont pas dans ce pôle politique, ont également déclaré leur boycott de ces élections. C’est le cas, par exemple, de Jil Jadid de Soufiane Djilali, qui a appelé le pouvoir à annuler cette présidentielle, considérant que le timing n’était pas bon […]

 Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), de Mohamed Saïd, proche d’Ahmed Taleb Ibrahimi, a, pour sa part, annoncé son boycott de ce scrutin. Réitérant son soutien au hirak, ce parti considère que «les données actuelles n’encouragent nullement l’organisation d’élections» […]

L’ancien Premier ministre Ahmed Benbitour a, de son côté, refusé de se porter candidat à cette élection, estimant qu’il ne pouvait pas se dresser contre «la volonté d’un peuple qui sort chaque semaine pour la liberté et la démocratie»[…] Aussi, Abdelaziz Rehabi, ancien diplomate, qui a œuvré pour une conférence nationale du consensus, a affirmé qu’il n’était pas candidat à la présidentielle. a-t-il écrit dans une déclaration publiée le 25 septembre sur sa page Facebook |…} M. Rehabi a été l’un des artisans de la conférence nationale du dialogue qui a regroupé une dizaine de partis et une cinquantaine d’organisations et d’associations le 6 juillet dernier à Aïn Benian. Les participants à cette conférence avaient posé des préalables à une élection présidentielle, dont le départ du gouvernement Bedoui, la libération de l’action politique de toute entrave, la libération des manifestants pacifiques, l’ouverture des médias à l’opposition et la levée d’entraves devant les marches populaires pacifiques, notamment autour de la capitale […] Ainsi donc, pour une bonne partie de ces forces politiques, l’absence de gestes forts d’apaisement de la part du pouvoir constitue la principale raison de leur boycott de ce rendez-vous électoral […] (El Watan)

   Cependant, à la date du 23 septembre, 39 postulants avaient retiré les formulaires de souscription de signatures individuelles, et des personnalités politiques très connues ont annoncé leur candidature, tels Ali Benflis, ancien premier ministre et candidat en 2014 ; Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbal (Front de l'avenir,  Abdelmadjid Tebboune, ancien premier ministre qui avait été limogé à l’initiative de proches de l’ancien président Bouteflika. Les médias évoquent également celle d’Abdelaziz Belkhadem, ancien secrétaire général du FLN.

La date limite de dépôt des dossiers de candidatures est le 25 octobre. L’ouverture de la campagne électorale est fixée au 12 novembre.

Selon plusieurs de mes correspondants, dans le mouvement de contestation (hirak), les avis sont partagés entre celles/ceux qui refusent la présidentielle dans les conditions actuelles et celles/ceux qui souhaitent l’émergence de candidatures issues du hirak afin d’affronter malgré tout l’élection du 12 décembre.

Quelle tendance l’emportera ? Il est difficile aujourd’hui de le prévoir. Les autorités algériennes, sous pression des lobbies financiers occidentaux sont, semble-t-il, résolues à la tenir coûte que coûte au risque d’un faible taux de participation.

Bernard DESCHAMPS

06 octobre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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