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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 15:09

Aux élections de 1986, la droite RPR-UDF avait remporté la majorité des sièges à l’Assemblée Nationale. J’avais été réélu député du Gard et mes camarades du groupe communiste m’avaient désigné pour exposer nos explications de vote à l’issue du discours d’investiture de Jacques Chirac nommé Premier ministre par le Président de la République François Mitterrand.

Le 9 avril à 16h.30, je montai à la tribune. Face à moi, au premier rang de l’hémicycle, Jacques Chirac impassible au banc du gouvernement.

Je fus accueilli par des cris de haine anticommuniste venant de la droite et des députés lepénistes. Nous en avions l’habitude. Je développai les raisons pour lesquelles nous votions Contre le programme économique  antisocial du nouveau gouvernement.

Les faits malheureusement nous donneront raison. C’est ce gouvernement qui détricotera les mesures progressistes appliquées par le gouvernement de gauche à participation communiste issu des élections de 1981 : la privatisation de Saint-Gobain (‘1986), Paribas (1987), La Société Générale (1987), Suez (1987) et de plusieurs autres grandes entreprises ainsi que TF1 (1987) ; la suppression de l’Impôt sur les Grandes fortunes et de l’Autorisation administrative de licenciement afin de faciliter ceux-ci, etc. Nous étions des adversaires résolus de Jacques Chirac.

J’avais gardé de lui le souvenir du grand fauve politique arpentant les rues de Nîmes à cent à l’heure en serrant des mains lors d’une campagne électorale nationale.

Et il y eut en 1995, la reconnaissance officielle par Jacques Chirac de la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs durant la 2e guerre mondiale ; son altercation en 1996 avec des policiers israéliens lors d’une visite en Palestine qui lui valut une immense popularité dans les pays arabes notamment en Algérie et il refusera courageusement en 2002 de participer  à l’intervention militaire des USA en Irak sans mandat de l’ONU.

J’ai voté Chirac au 2e tour de l’élection présidentielle de  2002 pour barrer la route à Le Pen. Je ne le regrette pas. Comme le dit un jour mon ami Georges Marchais : « Je m’allierai s’il le faut avec le diable pour empêcher le FN d’accéder au pouvoir. » Jacques Chirac n’était pas le diable. C’était un adversaire politique qui contrairement à ses successeurs n’avait pas totalement largué certaines des valeurs du gaullisme.

Bernard DESCHAMPS

29 septembre 2019

LE CHIRAC QUE J'AI CONNU

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commentaires

DESCHAMPS BERNARD 03/10/2019 20:46

Christian Paletti Beau billet Bernard
Affectueusement a toi

DESCHAMPS BERNARD 30/09/2019 18:14

Rahim REZIGAT
Bernard
Bonjour,
Je partage votre point de vue.
Amicales salutation

DESCHAMPS BERNARD 30/09/2019 15:06

nicole.babatz
Je n'ai pas voté Chirac au 2ème tout de 2002, car je savais fort bien que Le Pen ne passerait pas. Les votes par défaut, impliquent toujours que le candidat est élu à une très forte majorité. Par conséquent, ce n'est pas un vote sain.
Je ne vote plus au 2ème tour depuis ce jour, car je ne veux pas voter pas contre mon camp.
Ce qu'il a fait de positif, pour reprendre le texte :
- La reconnaissance officielle de la responsabilité de la France, dans la déportation des juifs
- Son altercation en 1996 avec des policiers israéliens, lors d’une visite en Palestine, qui lui valut une immense popularité dans les pays arabes, notamment en Algérie
- Refuser en 2002 de participer à l’intervention militaire des USA en Irak, sans mandat de l’ONU
Il a très bien été conseillé certes, mais sa politique reste une politique de droite, avec le début de la casse du secteur public, bien reprise par Sarkozy et Macron. Il n'a pas été intègre et j'en ai marre d'entendre des témoignages en sa faveur, dont les médias nous arrosent.

DESCHAMPS BERNARD 29/09/2019 22:01

Bernard Auzon-cape OK pour la politique étrangère il mérite le respect , mais sur le plan intérieur il n'était pas connu pour la défense des intérêts des travailleurs ;

DESCHAMPS BERNARD 29/09/2019 22:00

Guy Sallot

Bonsoir Bernard,

Moi aussi j'ai voté Chirac au 2eme tour de l'élection présidentielle de 2002 mais, contrairement à toi, je le regrette car je considère avoir été trahi : toutes les promesses faîtes à la gauche ont été bafouées.
Plus jamais, dans le peu de temps qui me reste, je ne voterai contre mes convictions pour faire barrage au pire...

Mes amicales salutations.

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