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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 07:10

Réunion publique, Nîmes, 9 juillet 2019

 

Mesdames, messieurs, chèr(e)s amies, chèr(e)es camarades,

 Il faut les sortir de prison. Ce qui est reproché à Louisa Hanoune – sa rencontre avec Saïd Bouteflika et l’ancien patron du DRS - n’est pas un délit. C’est le droit d’un responsable de parti politique.

Son incarcération sans jugement contradictoire est arbitraire.

C’est une incarcération politique.

De nombreux observateurs en Algérie même – les journaux algériens s’en font l’écho – pensent que le président par intérim Abdelkader Bensalah, dont l’intérim a pris fin hier 8 juillet, et Gaïd Salah, le chef d’Etat-major de l’armée, écartent des adversaires afin de se maintenir au pouvoir malgré la Constitution.

Une autre hypothèse est avancée. Les chancelleries occidentales et des lobbies financiers mondialisés intriguent en sous-main au sein des manifestations pour faire prévaloir des changements à leur avantage. Une étape a été franchie en ce sens par le grand quotidien d’opposition El Watan qui a publié lundi 16 juin, un article qui sous le titre « Quelle transition économique pour l’Algérie ? » prône la fin de « l’économie dirigée ».  En d’autres termes la privatisation du secteur nationalisé.

Le PADS (communiste) déclarait récemment : « En vue de s’assurer le soutien des Etats impérialistes à la bourgeoisie interne contre son propre peuple, le gouvernement a confié à des bureaux d’études américains la révision de la loi sur les hydrocarbures. Il est officiellement question de réduire la fiscalité sur les profits des compagnies pétrolières. C’est une façon pour le gouvernement de signifier aux USA sa « volonté sincère et transparente» d’aller sous leur contrôle vers la promulgation de nouvelles lois qui satisferont leur soif de super profits. »

 En emprisonnant Louisa Hanoune, députée à l’Assemblée Populaire Nationale, responsable d’un parti hostile aux privatisations, Bensalah et Gaïd Salah ont-ils voulu adresser au capitalisme mondialisé un signe de bonne volonté ? Lui montrer que le pouvoir encore en place est disposé à satisfaire ses appétits insatiables. De nombreux observateurs algériens le pensent. Et, face au magnifique mouvement populaire en cours, Gaïd Salah, dont les manifestants demandent le départ, s’efforce de les diviser. C’est le sens des dernières arrestations de porteurs du drapeau amazigh que la Ligue algérienne de Défense des droits de l’Homme considère comme (je cite) « « un précédent grave » en « complet décalage avec les avancées réalisées depuis les années 1980 et consacrées dans la Constitution qui reconnait la langue tamazight comme langue officielle. »

Dans un communiqué daté du 2 juillet l’EIT (l’Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples) évoque également, à juste titre, l’odieuse campagne de diffamation contre un héros de la guerre d’Indépendance, Lakhdar Bouregaâ, ancien commandant de la wilaya IV (algérois) de l’Armée de Libération Nationale et son incarcération.  Cette répression de caractère politique qu’il ne faut pas assimiler aux poursuites judiciaires pour corruption – même si la présomption d’innocence, dans tous les cas, doit être respectée - est très, très préoccupante. C’est bien sûr en premier lieu l’affaire du Peuple algérien, mais c’est aussi de notre responsabilité de l’aider à faire échec à ces mauvais coups.

Bernard DESCHAMPS

 

Photo Jean-Michel Rillon.

Photo Jean-Michel Rillon.

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