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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 21:04

Wikipédia

"En 1984, des affrontements causent plusieurs dommages, notamment des magasins incendiés ainsi que des blessés. Des litiges fonciers sont aussi à l'origine d'échauffourées intercommunautaires en 1985, en 1991 et en 2004 entraînant des blessés dans chaque communauté[1]. De nombreux différends, notamment d’ordre foncier, opposent les communautés arabes (Chaâmba) et berbères (Mozabites), qui cohabitent depuis des siècles. La région est confrontée à une lutte pour l’appropriation d’un espace de plus en plus réduit sur fond de libéralisation économique et l’arrivée de nouveaux habitants menace l’équilibre démographique largement favorable aux Mozabites, majoritaires dans la région[2].

Depuis les découvertes pétrolières à la fin des années 1950, la population de la région a été considérablement modifiée et Ghardaïa est devenue le chef-lieu d'une wilaya. La région a été déstabilisée par des intervenants extérieurs liés aux intérêts économiques et une augmentation des trafics illégaux et de l'insécurité produite par les trafiquants du Sahara[3]. De même, des populations sont venues de toute l’Algérie s'installer dans une région où vivent depuis des siècles des communautés solides, ce qui a engendré des rivalités sociales et économiques entre les migrants pauvres et les Mozabites mieux organisés ainsi que l’introduction récente du wahhabisme[3].

En 2008, de rudes confrontations entre deux communautés à Berriane font plusieurs morts ainsi que des blessés[4]. En 2009, à Berriane, il est fait état de plusieurs blessés[5]. Depuis 2013, la région connaît régulièrement des heurts entre populations arabophones et populations berbérophones. La destruction du mausolée Ammi Moussa, inscrit au patrimoine mondial par l'UNESCO, ainsi que la profanation du cimetière ont lieu durant la journée du 26 décembre 2013[6].

En 2014, à la suite des affrontements dans la région, dix mille policiers et gendarmes sont déployés pour contenir les rivalités entre communautés[7].

En réaction aux événements, l'anthropologue Ahmed Ben Naoum a déclaré que le conflit à Ghardaïa n'est pas ethnique puisque les Chaâmbas sont berbères Zénètes arabisés[8].

En juillet 2015, dans la vallée du Mzab, des affrontements font au moins 22 morts et des centaines de blessés[9]. La cause de ces affrontements serait des conflits fonciers entre les deux communautés, conflits exacerbés par les différences religieuses entre Châambas sunnites et mozabites ibadites[10],[11].

Après les affrontements, l’armée prend le contrôle de la ville de Ghardaïa pour rétablir le calme, à la suite d'un décret. Vingt-sept internautes sont arrêtés pour avoir animé des pages communautaires qui appellent à la violence, ainsi que neuf émeutiers à Bounoura[12]. Les communautés mozabites installées dans les grandes villes algériennes ont protesté contre la violence notamment à Alger, Oran et Constantine[13].

Kameledine Fekhar, ancien militant des droits de l'homme[14], est arrêté ainsi que vingt de ses compagnons par les services de la police[15]. Le 11 juillet 2015, un rassemblement de citoyens algériens a lieu devant le consulat algérien de Montréal, une quarantaine de personnes dénoncent les violences commises, il y a eu douze morts dans chaque communauté[16]. À la même date, un rassemblement a eu lieu à Paris [17].

Le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal à son arrivée à Ghardaïa, a annoncé l’interdiction de tout rassemblement sur le territoire de la wilaya de Ghardaïa et avec suspension de toutes les activités culturelles jusqu’à nouvel ordre. Huit mille agents d'intervention ont été déployés, mais ils étaient inefficaces lors des opérations à Guerrara, l'armée a ajouté alors un effectif de quatre mille militaires[18].

Le , un homme est attaqué par un projectile à la tête, il succombe à l’hôpital et l’enterrement a été prévu pour le mercredi ; le lendemain, , une personne est attaquée à Guerrara[19].

Le militant Kamal Eddine Fekhar va purger deux ans de prison, dont trois mois de grève de la faim[20].

Le 31 mars 2019, Kamal Eddine Fekhar est de nouveau arrêté et incarcéré dans la prison de Ghardaïa. Il entame alors une nouvelle grève de la faim, mais son état de santé se dégrade rapidement et, en mai, il est admis en urgence au pavillon carcéral de l’hôpital de Ghardaïa. Le 28 mai 2019 après 50 jours de grève de la faim, Kamal Eddine Fekhar meurt[.(Wikipédia)

 

 

TSA, 28/05/2019

 

 "Le militant des droits de l’Homme Kamel Eddine Fekhar est décédé ce mardi à l’hôpital de Blida où il avait été transféré la veille en urgence alors qu’il était en détention provisoire depuis deux mois. Voici les principales réactions à l’annonce de son décès ." TSA

 

Amnesty International dénonce « une honte » pour l’Algérie

« Kameleddine n’aurait jamais dû être arrêté. Sa mort en détention exige des autorités algériennes qu’elles examinent leur traitement de Fekhar et leur bilan épouvantable en matière de droits humains. Les autorités doivent immédiatement ordonner une enquête effective, indépendante et impartiale sur les circonstances de son décès et traduire en justice toute personne soupçonnée d’avoir une responsabilité pénale dans cette affaire », a déclaré Najia Bounaim, directrice des campagnes pour l’Afrique du Nord.

« Les autorités algériennes doivent immédiatement revoir leurs politiques répressives et le traitement honteux réservé aux militants et aux manifestants dans le pays et laisser un espace à la liberté d’expression et au droit de manifester pacifiquement », a ajouté Amnesty. (Lire)

 

Ali Benflis, président de Talaie El Houriyet

« Les causes de son décès en prison doivent être portées à l’opinion publique en toute transparence », estime Benflis qui rend hommage et s’incline devant l’homme des convictions qui a consacré sa vie à la défense des libertés.

 

Me Mokrane Ait Larbi

« Le Dr Fakhar a été arrêté plusieurs fois pour des raisons politiques et des accusations préfabriquées sur instruction des autorités. Son tort est, à chaque fois, d’avoir défendu causes justes en lesquelles il avait une foi inébranlable jusqu’à la mort. Je l’ai connu pour sa défense des droits de l’homme, notamment de la liberté de religion. Avant cette affaire, le Dr Fakhar avait été arrêté avec ses collègues en raison des événements de Ghardaïa que le régime avait provoqués pour couvrir la corruption. Lorsque je lui avais rendu visite, il m’a dit, après avoir tenté de le convaincre d’arrêter la grève de la faim : « Je suis prêt à sacrifier ma vie pour les bonnes causes pour lesquelles je me bats ». Il n’a répondu à ma demande qu’après 108 jours de grève et le procès a eu lieu à Médéa. Le Dr Fakhar a de nouveau été arrêté et emprisonné en raison de ses déclarations et de ses écrits. Il a été laissé en prison, jusqu’à la mort, en dépit de son état de santé. Combien de temps encore les actions des responsables de cette tragédie resteront-elles impunies ? Je demande qu’une véritable enquête soit menée par un organe indépendant pour déterminer les responsabilités. J’adresse mes condoléances à sa famille et à ses amis. Le Dr Fakhar est décédé et son nom restera dans les mémoires de tous les militants en faveur des libertés publiques et des droits de l’homme ».

 

Sofiane Djilali, président de Jil Jadid

« Le décès de Kamel Eddine Fekhar est un choc qui interpelle toutes les consciences algériennes. L’homme a été jeté en prison pour une simple opinion. « Nous vivons l’apartheid » avait-il dénoncé. Alors que le peuple sortait par millions dans les rues pour se débarrasser de ce système liberticide, la justice, cet instrument qui porte si mal le nom de cette vertu, s’est retournée contre lui comme un bouc émissaire car l’un des militants les plus actifs (…) ».

 

Ahmed Djedai (conseiller auprès du premier secrétaire FFS)

« L’assassinat dans les geôles du régime de ce militant infatigable des libertés et des droits humains vient nous rappeler les méthodes brutales d’un pouvoir sans foi ni loi. Je me joins à toutes celles et tous ceux qui condamnent avec la plus grande vigueur cet acte abject et demandent la vérité et la justice sur son assassinat qui vient s’ajouter à celui du journaliste Mohamed Talmat mort dans les mêmes conditions inhumaines. Comme je me joins à toutes celles et tous ceux qui réclament la libération de tous les détenus d’opinion. Ces actes ne resteront pas impunis ».

 

Yasmina Khadra, écrivain

« Kamel Eddine Fekhar est mort en détention. Il ne fêtera pas l’Aïd avec ses enfants, ni avec ses proches ni avec ses amis. Il est mort parce qu’il voulait vivre libre, dans un pays libre et digne de ses martyrs (…) Dans un monde où il devient normal de mourir pour ses idées, finir au bout d’une interminable grève de la faim est un affront pour chaque jeûneur qui rompt l’épreuve du jour à l’heure du ftour. A croire qu’on n’a plus d’empathie, plus de responsabilité. Un homme s’interdit de se nourrir pour que nous puissions jouir pleinement de nos droits ne doit pas disparaître comme une volute de fumée, comme s’il n’avait jamais existé. Ce serait l’achever deux fois. Ce serait l’achever tous les jours et toutes les nuits. Ce serait renier nos valeurs et renoncer à nos rêves dans la même foulée (…) ».

 

Front des forces socialistes (FFS)

Le FFS a dénoncé ce mardi le décès du militant des droits de l’Homme Kamel Eddine Fekhar, exigeant que « toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès ». « Le FFS exige justice et vérité et que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès », affirme le parti. (Lire)

 

Rassemblement Action Jeunesse (RAJ)

RAJ) a appelé ce mardi les autorités à ouvrir une enquête « indépendante et transparente » afin de déterminer les circonstances de la mort de Fekhar. « Face à cette à cette mort tragique, le RAJ appelle à l’ouverture d’une d’enquête indépendante et transparente pour déterminer les circonstances de la mort de Kamel Eddine Fekhar, » affirme le RAJ. (Lire)

 

Saïd Sadi

Saïd Sadi a commenté ce mardi la mort du militant des droits de l’Homme Kamel Eddine Fekhar. Pour Sadi, le décès de Fekhar est « la conséquence d’une gestion inique et archaïque qui a déjà fait trop de victimes innocentes et qui ne manquera pas d’en faire encore si elle venait à se perpétuer ». (Lire)

 

Salah Dabouz, avocat de Fekhar

Pour l’avocat de Kamel Eddine Fekhar, la mort de ce dernier « était programmée. Quand je l’ai vu mercredi passé, il avait déjà commencé à perdre la mémoire mais il m’avait quand même reconnu. Il m’avait fait cette déclaration : ‘’on a programmé ma mort’’. » (Lire)

 

Parti des travailleurs (PT)

Le PT a estimé ce mardi que le décès de Kamel Eddine Fekhar en détention est incompréhensible et inacceptable », et fait porter l’entière responsabilité de cette tragique disparition aux pouvoirs publics car ils l’ont laissé mourir en prison alors qu’ils étaient régulièrement alertés ». (Lire)

 

Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD)

Le président du RCD Mohcine Belabbes a affirmé ce mardi Fekhar « est le deuxième détenu d’opinion, après Mohamed Tamalt, à être poussé à la mort en moins de 3 ans », s’interrogeant : « Combien de morts faudra-t-il encore enregistrer avant que les dirigeants de notre pays comprennent que les conflits politiques et les différences d’opinions ne se traitent pas par l’acharnement judiciaire, la répression et/ou la violence armée ? ». (Lire)

 

LADDH

La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme a dénoncé le décès de Kamal Eddine Fekhar, et exigé « une enquête indépendante et impartiale pour déterminer les causes de son décès et les responsabilités quant aux défaillances relatives à la protection de la vie de Kamal Fekhar ».

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