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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 05:39
 

Vous trouverez ci-après la correspondance échangée avec M. le Maire de Saint-Hippolyte du Fort (30) dont la Commune est propriétaire de l’Ecole d’Enfants de troupe où des Algériens furent emprisonnés et torturés pendant la guerre d’Indépendance.  A la date du 7 octobre 2018, je n'ai pas de réponse à mon courrier du 30 août.

Bernard DESCHAMPS

 

Lettre de M. le Maire de Saint-Hippolyte-du-Fort:

 « Durant la période évoquée (1954- 1962), les anciennes Casernes étaient occupées par un peloton des Gardes Mobiles de la Gendarmerie.

 Par ailleurs, la commune de Saint Hippolyte du Fort a toujours été très investie dans le devoir et le travail sur la Mémoire. Nombre de lieux publics en portent témoignage au travers de plaques en hommage aux victimes de périodes parfois sombres de l’histoire de notre cité.

La pose de ces éléments commémoratifs a toujours été adossée à un long travail de vérification historique à partir de témoignages, de recueil d’écrits ou d’archives locales.

 Monsieur Bernard DESCHAMPS, ancien conseiller général, n’est pas sans savoir qu’une telle cérémonie ne peut s’effectuer sans cet indispensable travail de préparation, impossible à effectuer dans un délai aussi court.

En conséquence, il ne peut être donné une suite favorable à une requête dérogeant à ce principe par son caractère quelque peu improvisé.

Enfin , l' avis du conseil municipal pour cette décision sera nécessaire et il ne pourra être consulté dans ces délais

 Nonobstant, la commune reste à la disposition de monsieur DESCHAMPS pour engager, s’il le souhaite, un travail de recherche historique. »

Bien cordialement

Bruno Olivieri

Maire

 

Bernard DESCHAMPS, Ancien député du Gard

à

Monsieur Bruno OLIViERI, Maire de Saint Hippolyte du Fort

 

Monsieur le Maire,

 

M... m’a communiqué votre réponse écrite à la démarche dont il avait bien voulu se charger au sujet de la pause par notre association FRANCE EL DJAZAÏR d’une plaque commémorative sur un mur de l’ancienne Ecole d’Enfants de troupe de Saint Hippolyte du Fort.

Cette plaque porterait la mention : «  Derrière ces murs, des patriotes algériens ont été torturés pendant la guerre d’Indépendance entre 1954 et 1962 »

Votre souci de la vérité historique et votre prudence en qualité de maire de la commune sont tout à votre honneur.

Lorsque j’ai entrepris en 2001 un travail historique sur la guerre d’Algérie telle qu’elle fut vécue dans le Gard, j’ai bénéficié d’une dérogation accordée par la Directrice des Archives nationales sur avis favorables du Préfet de l’époque M. Michel Gaudin et du Président du Conseil général M. Alain Journet. Cette dérogation qui m’autorise à consulter les archives du Gard qui ne sont pas du domaine public m’a permis de prendre connaissance des procès-verbaux d’interrogatoires des patriotes algériens incarcérés à Saint Hippolyte du Fort entre 1954 et 1962. A leur lecture, certaines formulations m’ont intrigué mais la première édition en 2003 de Les Gardois contre la guerre d’Algérie par le Temps des Cerises ne fait pas état de mes interrogations sur d’éventuels sévices subis par ces patriotes. A la suite de cette première publication plusieurs témoignages confrontés à d’autres informations dont ceux de Mme Fatima Krim domiciliée à Alès et de M. Abderrahman Djoudi domicilié à  Branoux m’ont convaincu que la torture à l’eau et à l’électricité avait été pratiquée par des supplétifs algériens derrière les murs de ce bâtiment. C’est l’édition de Le fichiez Z (Le Temps des Cerises) en 2005 qui en fera état pour la première fois. La seconde édition en 2011 a été préfacée par M. Raymond Huard, spécialiste d’histoire contemporaine et professeur émérite de l’Université Paul Valéry de Montpellier qui se porte garant du sérieux de mon travail. M. Gilbert Meynier, professeur émérite de l’Université de Nancy, spécialiste de l’histoire de la guerre d’Algérie, aujourd’hui disparu, m’avait invité au colloque international qu’il avait organisé à Lyon en juin 2006 afin d’y présenter une communication sur mes recherches. Depuis mes deux ouvrages ont été édités en Algérie (Editions El Ibriz, 2013) avec des compléments. Ce sont actuellement les seuls ouvrages qui retracent la dimension gardoise de la guerre d’indépendance de l’Algérie. Ils apportent les preuves écrites de l’exactitude des informations que je révèle.

Il me serait agréable, Monsieur le Maire de vous les offrir et de m’en entretenir avec vous. Je suis à votre disposition pour une date selon votre convenance à Saint Hippolyte du Fort. […]

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma considération distinguée.

 

                                                                                                                      Bernard DESCHAMPS

Consulter Le fichier Z ( réédition 2011) . Pages 102 à 106; 117 à 121; 125 à 135.

 

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commentaires

moi-même 07/10/2018 23:10

Torturés à l'eau et à l’électricité par des supplétifs
Pourquoi ne pas préciser ""par des harkis"" et là, le lecteur comprendra que ce sont des traîtres à la cause de leur peuple , ces mêmes traîtres que le pouvoir Français actuel leur attribue des médailles de reconnaissance pour le travail bien fait. Et là , nous revient en mémoire ce que disait un certain rouleur d'épaules qui eut le malheur de diriger la patrie du Grand Charles : " les bienfaits du colonialisme Français en Algérie""

Bien à vous

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