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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 20:32

Le 13 mai 1958 dans le Gard

« L’année 1957 s’était terminée par l’arrestation le 23 décembre de 13 responsables FLN de la région d’Alès. Ce qui n’empêchera pas les actions armées du mois d’août suivant […] Le 8 mai (1958), plusieurs personnalités gardoises adressent une lettre aux députés du Gard pour demander que le gouvernement français négocie la Paix en Algérie. Parmi les signataires on relève les noms de Jean Coin, secrétaire général de l’Enfance Ouvrière Nîmoise au Grand Air, de Raymond Huard et Maurice Cling, professeurs au lycée Daudet, de Mme Schwartz de l’Union des Femmes Françaises et d’André Bédrani, responsable du syndicat CGT des cheminots.

   Du 4 au 11 mai se déroule une semaine d’action du Mouvement de la Paix contre la menace atomique. La Marseillaise indique que 60 000 signatures ont été recueillies dans notre département contre l’installation de rampes de lancement de fusées dans le sud de la France.

   Le 4 mai, un jeune communiste d’Aigues-Mortes, Marc Sagnier, écrit au Président de la République son refus de porter les armes contre le peuple algérien, prenant ainsi le même chemin qu’Alban Liechti en 1956. [… ]

    L’armé avec Massu et Salan se soulève et un Comité de Salut Public et Militaire s’empare du pouvoir le 13 mai à Alger. La IVe République se saborde. De Gaulle est investi  Président du Conseil par l’Assemblée Nationale, sans avoir été élu, le 1er juin 1958 par 329 voix contre 224.

   Ont voté Contre : les 141 députés communistes, 49 députés socialistes sur 93, 18 députés radicaux sur 57. Parmi les opposants, on note Pierre Mendès France, François Mitterrand, Daniel Mayer, Edouard Depreux, Tanguy Prigent, Oreste Rosenfeld…Les députés gardois de gauche ont tous voté Contre l’investiture : Gilberte Roca (PCF), Gabriel Roucaute (PCF), Robert Gourdon (P.SFIO).  Edouard Thibault (MRP) a voté Pour ainsi que Georges Julliard.

   Du 4 au 7 juin, le Général De Gaulle se rend en Algérie où il prononce la célèbre phrase « Je vous ai compris » dont l’ambiguïté alimentera toutes les spéculations.

   Une page de l’histoire de notre pays ouverte en 1945 à la Libération se tourne. Une nouvelle Constitution sera votée en remplacement de la Constitution de 1946, le 28 septembre 1958. Elle concentre les pouvoirs entre les mains du Président de la République au détriment du Parlement. C’est cette constitution de caractère présidentialiste qui continue d’être aujourd’hui, avec quelques modifications, la loi suprême de notre pays. »

In Les Gardois contre la guerre d’Algérie, Bernard Deschamps, éditions El Ibriz, Alger, septembre 2013

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