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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 09:25

 

La guerre perdue que voulait gagner Macron

Sous ce titre, cet extrait d’un article de Claude Angeli (1) paru dans le Canard enchaîné du 14 mars 2018 :

« Mais comment expliquer  que 3000 djihadistes, selon l’estimation très modérée du Renseignement militaire, puissent tenir tête aux 4 000 hommes de la mission Berkhane équipés de blindés et protégés par des avions, des hélicoptères, des drones-espions ? Et bientôt, peut-être, par des drones-tueurs armés de missiles US Hellfire. D’autant que les Français ne sont pas seuls…

Au Mali, par exemple, les Casques bleus de la Minusma sont au nombre de 11 700 soldats et de 1 740 policiers. Et les effectifs de l’armée malienne s’élèvent à 13 000 hommes, dont certains, affirment les militaires, revendent les matériels dont ils sont équipés. Au Niger voisin, un  contingent de 800 Américains fournit aux Français, grâce à leurs drones-espions, une série de renseignements sur les déplacements des djihadistes. Quant aux quelques centaines d’Européens présents au Sahel, tous non combattants, ils se consacrent à la formation de quelques armées locales. »

  Malgré la disproportion des forces, il n’y a, à l’évidence, pas de solution militaire à la guérilla et l’on est conduit à s’interroger sur les causes politiques, sociales, économiques, etc, qui sont à l’origine de cette situation qui se développe au Sahel.  Macron a choisi la solution militaire en s’appuyant sur le G5 (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) Cette voie est sans issue, alors que sous la médiation de l’Algérie a été signé par les belligérants en 2015 un Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali qui prend en compte les besoins des populations du Nord-Mali. Mais cet accord n’est pas appliqué par les autorités maliennes auprès desquelles la France pourrait intervenir. Ce que Macron refuse.

 

Ce vieux monde pourrissant

Le monde mercantile dans lequel nous vivons ne répond plus aux besoins des peuples mais n’en finit pas de mourir et son agonie s’accompagne d’un déchaînement de la violence aveugle comme l’a montré une nouvelle fois hier à Carcassonne l’attentat qui a fait quatre morts et un grand nombre de blessés. Sur ce pourrissement se développent le racisme, la xénophobie, le rejet de l’autre alors qu’il faut se serrer les coudes pour nous débarrasser des profiteurs, des banquiers, des rapaces qui « sucent le sang du peuple » (2). On comprend que le découragement parfois l’emporte. Mais rien n’est joué. D’autres Bastilles, au cours de l’histoire, sont tombées alors que tout espoir paraissait bouché.

Les peuples se cherchent en ce début de 21e siècle, du Venezuela à l’Islande, de la France à l’Afrique, de l’Asie aux Amériques. De nouveaux gouvernements d’Amérique du Sud partagent la critique du néolibéralisme, mettent en question les privatisations, l’ouverture excessive des marchés et l’inégalité sociale. Et Maduro, malgré des erreurs, a gagné son bras de fer contre les menées factieuses des USA et Lula, demain peut-être, malgré les manœuvres les plus infâmes.

Et en France ce qui s’est passé le 22 mars n’est pas rien. Alors que les augures prévoyaient l’échec de la grève et des manifestations pour les services publics, des foules importantes ont battu le pavé de nos villes. Certes beaucoup d’efforts seront nécessaires pour atteindre les beaux jours, mais c’est le printemps, camarades, c’est le printemps…

Bernard DESCHAMPS

23 mars 2018

1-J’ai connu Claude Angeli en 1959 au 7e Festival Mondial de la Jeunesse à Vienne (Autriche). Nous étions dans la même chambre avec Claude Lecomte. Ils étaient tous les deux parmi les principaux animateurs de l’Avant-Garde, le journal de l’Union des Jeunesses Communistes de France (UJCF).

2-Camille Desmoulins, 21 juin 1791.

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