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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:57

El Watan

9 mars 2017

 

 

Investissement en Afrique

Nouvelle dynamique pour les entreprises algériennes

 

 

Plusieurs opérateurs algériens à la conquête de marchés régionaux se sont tournés vers le continent africain pour y investir.

Conscients du potentiel économique du continent africain, les opérateurs économiques algériens commencent à s’activer au Sahel dans la perspective d’y placer leurs produits et d’y trouver des relais de croissance à leurs entreprises. La preuve de ce début de prise de conscience, tardive il faut le dire, est l’organisation par le Forum des chefs d’entreprise algériens (FCE) en partenariat avec le gouvernement d’un Forum africain pour les affaires et les investissements.

L’événement qui s’était tenu à Alger à grand renfort de publicité, du 3 au 6 septembre dernier, était doté d’un budget de 5 millions d’euros. Les opérateurs économiques algériens, publics et privés, ont ensuite multiplié les missions de prospection en Afrique subsaharienne.

Le président du FCE, Ali Haddad, rentre d’ailleurs du Mali où il était l’invité d’honneur du Forum de Bamako. Les opérateurs l’ayant accompagné ont même saisi l’opportunité de cette plateforme d’échanges pour se faire une place sur le marché local.

Certains observateurs sur place ont cru voir derrière l’activisme algérien une «offensive de diplomatie économique» à l’égard du Mali.

Le président du FCE, Ali Haddad, et le président du FCE international, Kacem Aït Yalla, y avaient, il est vrai, conduit une importante délégation algérienne, où nombre d’entrepreneurs étaient décidés de faire des affaires dans des secteurs porteurs comme l’agroalimentaire, l’énergie ou l’industrie pharmaceutique.

Rattraper le temps perdu

Lors de son discours prononcé pour l’occasion, Ali Haddad avait également confirmé les nouvelles ambitions économiques africaines de l’Algérie. «L’avenir de l’Algérie, c’est l’Afrique», avait-il affirmé avec aplomb, reconnaissant tout de même que, jusqu’ici, l’Algérie n’était guère présente sur le plan économique en Afrique. Le président du FCE a ajouté toutefois aussitôt qu’«elle a pris conscience de la nécessité d’aller sur le marché international» et de mettre, en quelque sorte, les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu.

L’intérêt des opérateurs économiques algériens pour l’Afrique de l’Ouest s’est manifesté en réalité au printemps 2016, lorsqu’une une mission économique algérienne, composée d’une centaine d’hommes d’affaires opérant dans plusieurs secteurs dont l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, le bâtiment et les services, s’était rendue à Dakar.

C’est pratiquement à cette période que l’Algérie a sonné la charge en matière d’investissements en Afrique. Le ministère des Affaires étrangères est pour quelque chose dans la mise en branle de la dynamique. Il a toujours soutenu, en effet, que le débouché naturel pour les produits algériens était l’Afrique. Mais le département dirigé aujourd’hui par Ramtane Lamamra et Abdelkader Messahel n’a souvent pas été entendu.

Dans le prolongement du Forum africain pour les affaires et les investissements, le gouvernement algérien a co-organisé tout récemment à Alger avec la Banque africaine de développement (BAD) une conférence africaine sur la gouvernance d’internet. Au-delà de l’intérêt intrinsèque qu’a représenté l’événement auquel ont participé de nombreux décideurs africains du secteur, il s’agissait surtout pour l’Algérie de voir comment tirer profit de la bulle technologique africaine.

Bulle technologique africaine

La veille de l’ouverture de la conférence, la ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et des communications, Imane Houda Feraoun, n’avait d’ailleurs pas caché que «le moyen de rentabiliser le secteur des TIC consiste à faciliter son extension vers les pays d’Afrique, tout en indiquant que les télécommunications sont appelées à devenir un secteur des plus importants dans les deux ou trois décennies à venir».

Les ambitions algériennes dans le secteur sont légitimes puisque l’Algérie dispose actuellement de l’un des plus importants réseaux de télécommunications du continent, après ceux du Nigeria et de l’Egypte. Mais si l’Algérie donne l’impression, pour des raisons de proximité sans doute, de privilégier l’Afrique de l’Ouest en matière de conquête de marchés, elle ne compte visiblement pas y jeter tout son potentiel. La région est connue pour être le pré-carré de la France et du Maroc. Et selon toute vraisemblance, l’actuel gouvernement ne cherche pas à y bousculer l’ordre des choses.

Alger semble surtout intéressé par l’Afrique de l’Est. A ce propos, une source politique africaine révèle que des négociations sont actuellement en cours pour une adhésion de l’Algérie au Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), le plus grand bloc régional d’Afrique. Le Comesa regroupe une population totale de 625 millions d’habitants (19 pays) et a un produit intérieur brut réel total de 1015 milliards de dollars. Il faut juste espérer que l’Algérie se donnera les moyens de sa politique et qu’elle mette rapidement en ordre de bataille son économie, car tout reste encore à faire.

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