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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 08:54

El Watan

24/01/2017

 

Les unités de l’Anp sont actuellement en état d’alerte au niveau des frontières avec la Libye et le Mali, alors que le dispositif sécuritaire mis en place sur la bande frontalière algéro-tunisienne vient d’être renforcé pour une meilleure surveillance.

 

  Des consignes de «vigilance accrue» et d’«anticipation sur tout mouvement» en direction du territoire national ont été données par la plus haute hiérarchie militaire.

  Le renforcement en effectifs et en moyens matériels des groupes terroristes activant dans la bande sahélo-saharienne, notamment au Mali et au Niger, la dégradation de plus en plus inquiétante de la situation en Libye, le retour probable de quelque de 2000 à 2500 combattants tunisiens vers leur pays d’origine, ainsi que la prolifération des trafics d’armes et de drogue sur un terrain disputé avec violence entre les Touareg et les Toubous du sud de la Libye font craindre le pire à l’Algérie, qui a mobilisé des dizaines de milliers d’hommes le long de ses frontières sud et nord-est.

  Doté de moyens importants et appuyé par une logistique de surveillance aéroportée, ce dispositif a permis la récupération d’une quantité impressionnantes d’armes de guerre, de drogue, mais aussi d’explosifs. La dernière opération a eu lieu vendredi dernier au sud de Tamanrasset, non loin de la frontière avec le Mali, et s’est soldée par la récupération d’un véritable arsenal de guerre composé d’un mortier de calibre 60 mm, d’un lance-roquettes RPG-7, d’un lance-roquettes RPG-2, d’un canon SPG-9, de deux mitrailleuses de calibres 14,5 et 12,7 mm, d’une mitrailleuse de type PKT, de deux fusils mitrailleurs type FMPK, de 9 pistolets mitrailleurs de type kalachnikov, de deux fusils semi-automatiques de type Simonov, d’un fusil à répétition et d’une quantité de munitions de différents calibres.

Dans son communiqué rendu public à l’issue de cette opération — qui, faut-il le préciser, n’est pas la première du genre — le ministère de la Défense a exprimé «l’engagement et la détermination des unités de l’ANP à garantir la sécurisation de nos frontières» et surtout, lit-on, «à empêcher toute tentative d’atteinte à l’intégrité et à la sécurité du territoire national».

Les quantités de plus en plus importantes d’armement de guerre dissimulées dans le désert, non loin des frontières avec la Libye, le Niger et le Mali, dénotent de la volonté des terroristes, qui agissent en toute liberté au-delà de nos frontières, à alimenter en armes et en munitions les résidus d’Aqmi et autres organisations criminelles asphyxiées et affaiblies par l’offensive des forces de sécurité et leur rejet par la population, afin de reprendre du terrain.

La menace n’aurait jamais été aussi importante si ces groupes n’avaient pas trouvé un appui, voire une complicité des puissances occidentales à l’origine de «la politique du chaos» mise en œuvre en Libye en 2012.

Aujourd’hui, les groupes de Daech se sont emparés du littoral libyen et attendent le ralliement à leurs rangs de quelque 3000 à 3500 terroristes maghrébins de l’Etat islamique (EI) ayant fui les bombardements en Irak, en Syrie et au Yémen, alors que des sources sécuritaires parlent du repli de centaines d’éléments armés de Boko Haram du nord du Nigeria vers la Libye, et les phalanges extrémistes affiliées à Aqmi qui étaient, au départ, circonscrites au nord du Mali ne cessent d’élargir leur champ d’action qui s’étend aujourd’hui jusqu’au sud du Burkina Faso. Même le plus recherché des terroristes au Sahel, le dénommé Belaouer (le borgne) Mokhtar Belmokhtar (qui a rejoint AQMI après une courte dissidence), annoncé comme tué par les Américains en Libye, revient sur le terrain, plus puissant «en hommes et en armes».

Les interventions françaises (au nord du Mali) Serval, puis Barkhane et l’installation de bases militaires françaises au Mali et au Niger, à quelques kilomètres de la Libye, mais aussi américaines et italiennes, n’ont malheureusement pas réduit la menace terroriste. Bien au contraire, elles ont accentué la prolifération des armes, l’élargissement du champ d’action des phalanges de la mort, élargi la fracture intercommunautaire et renforcé la menace sur toute la région qui entoure l’Algérie pour l’affaiblir et réduire de son poids régional. Plus de quatre ans après l’intervention française au nord du Mali, le terrorisme frappe encore plus fort dans ce pays qui a enregistré 257 actes terroristes en 2016.

  Et l’année 2017 a été entamée par un attentat kamikaze qui a fait plus de 70 morts et une centaine de blessés à Gao, région où se concentre le plus gros du contingent de 11 000 hommes (Minusma, la mission de l’Onu au nord du Mali), et 1500 des 2500 militaires français engagés pour lutter contre le terrorisme.

  Mise face à un défit majeur, l’Algérie a non seulement renforcé ses effectifs à ses frontières, mais depuis quelques jours elle a mis son dispositif en alerte n° 1 tout le long de la bande frontalière qui la sépare de la Libye et du Mali, et ordre a été donné de maintenir une vigilance accrue et d’anticiper tout mouvement suspect de personnes vers le territoire algérien.

  Ce dispositif a été appuyé par d’importants moyens techniques de surveillance aérienne, alors qu’au niveau de la frontière algéro-tunisienne un redéploiement des forces de l’Anp a été décidé dans le cadre d’une nouvelle stratégie qui consiste, nous dit-on, à «mieux contrôler» le trafic entre les deux pays. Nos interlocuteurs expliquent que dans le cadre de ce dispositif, «le volet renseignement a pris une grande place et permis des résultats très sensibles sur le terrain.

  Ce qui démontre que l’Algérie est au centre de très fortes convoitises. Elle est la cible d’attaques récurrentes à travers le convoyage d’armements de guerre, dont la destination est pour l’instant non connue.

  Ce qui est certain, c’est que toutes ces armes lourdes récupérées proviennent de Libye et du Mali, les deux pays où se concentre le plus grand nombre de terroristes dans la région». Jusque-là, la mobilisation des forces de sécurité sur le terrain a permis de mettre en échec les scénarios chaotiques prévus pour l’Algérie, mais peut-on espérer continuer à garantir la sécurité et la souveraineté du pays lorsque sur le plan politique et social certaines forces centrifuges poussent à la fracture du front interne ? La question reste posée…

 

 

 

 

 

 

 

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