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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 16:16
Guy MOLLET et François MITTERRAND
Guy MOLLET et François MITTERRAND

Voici, à propos des pouvoirs spéciaux à Guy Mollet, votés le 12 mars 1956, par les députés communistes, ce que j'ai écrit dans Le fichier Z.

Bernard DESCHAMPS

"Le Journal Officiel, séance du 12 mars 1956, pages 874 et 875, scrutin public (N° 56) à la tribune, fait figurer les députés communistes du Gard, Gilberte Roca et Gabriel Roucaute, dans la rubrique «n’ont pas pris part au vote». C’est également le cas d’autres députés communistes, tels Maurice Thorez et Marcel Cachin.

Robert Gourdon (SFIO) et Edouard Thibault (MRP) ont voté POUR ainsi que Roger Roucaute, alors député communiste de l’Ardèche.

Georges Julliard (poujadiste) a voté CONTRE. Le sinistre Le Pen, alors député, a lui aussi voté CONTRE les pouvoirs spéciaux que Guy Mollet demandait pour combattre les factieux de "l'Algérie française"

Contrairement à d’autres parlementaires, pour lesquels le motif de non vote ou d’abstention est mentionné (maladie, mission, etc…) aucune raison n’est indiquée concernant les députés communistes qui n’ont pas pris part à ce scrutin. Pouvait-il s’agir d’une erreur des services de l’Assemblée Nationale ? Le vote était personnel, public, physiquement présent à la tribune. Une erreur n’était donc pas possible. D’ailleurs, l’article 85 – alinéa 3 du règlement de l’Assemblée ne permettait pas, pour ce type de scrutin, à un parlementaire qui se serait trompé ou aurait changé d’avis de modifier son vote. Aucune rectification de vote n’est donc mentionnée par le Journal Officiel.

La décision de voter la confiance à Guy Mollet avait été prise, après débats, par le groupe des députés communistes sur proposition du bureau politique du P.C.F. Maurice Thorez, le secrétaire général s’était personnellement engagé en faveur de ce vote. On imagine mal qu’il ait pu ensuite changer d’avis. De plus, une décision majoritaire engageait alors tous les députés communistes, au risque d’être exclu en cas d’indiscipline.

Par la suite, dès le mois de juin 1956, les députés communistes refusèrent la confiance à Guy Mollet. Sous le gouvernement de Maurice Bourgès-Maunoury, un nouveau vote de confiance fut sollicité le 19 juillet 1957 afin de proroger la loi sur les pouvoirs spéciaux. Les députés communistes votèrent CONTRE. Mais curieusement, Etienne Fajon, M. Kriegel-Valrimond, Jeannette Vermeerch qui, le 12 mars 1956, avaient voté POUR, sont cette fois mentionnés dans la rubrique «n’ont pas pris part au vote».

Il me semble donc que la non participation au vote n’était pas une manifestation d’indiscipline.

Officiellement, le groupe des députés communistes a voté POUR les pouvoirs spéciaux le 12 mars 1956. Il a voté CONTRE - ce qu'on oublie parfois - le 19 juillet 1957 (gouvernement Bourgès-Maunoury) et le 15 novembre 1957 sous le gouvernement de Félix Gaillard.

Ce vote de « confiance » du 12 mars 1956 a depuis été considéré comme une erreur par le PCF. Il ne constituait cependant pas un aval donné à la politique de répression qui sera pratiquée par tous les gouvernements jusqu’en 1962. Ce vote était guidé par le souci (illusoire ?) de ne pas faire de procès d’intention à Guy Mollet, afin de favoriser l’action commune avec les socialistes français qui s'étaient engagés en faveur de la Paix en Algérie au cours de la campagne électorale des législatives du 2 janvier 1956.

Dans le Gard, comme je l’ai écrit dans Les Gardois contre la guerre d’Algérie, ce vote contribua effectivement au rapprochement avec des militants et des élus tels que le Dr Jean Bastide, le Dr Emile Guigou et Robert Gourdon notamment, qui participèrent avec les communistes et d’autres militants de la Paix à de nombreuses actions en faveur d’une solution négociée avec le FLN.

Bernard Deschamps

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