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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 15:46
LE DEBAT QUI AGITE LA SOCIETE ALGERIENNE: QUEL ARABE APPRENDRE A L'ECOLE ?
La responsabilité du choix des articles m'incombe entièrement.
Bernard DESCHAMPS

Francetvinfo

Par Amira Bouziri@GeopolisFTV

07/08/2015

« Depuis que la ministre algérienne de l'Education a proposé qu’on apprenne aux enfants de maternelle le dialecte pour les amener doucement à l'arabe classique, les conservateurs lui font la guerre. La suggestion de Mme Benghebrit n’a rien de radical. Avant elle, des experts avaient déjà recommandé l'apprentissage du dialecte algérien - mélange d'arabe, de français, de berbère et d'espagnol - aux petits élèves pour mieux assurer la transition vers l'arabe classique. Mais la ministre, sociologue de formation, en reprenant à son compte cette recommandation, s’est mis à dos les conservateurs du pays. Ces derniers l'accusent ni plus ni moins de vouloir faire disparaître la langue arabe classique, la langue du Coran. En Algérie, comme dans tous les pays arabes, l'arabe dialectal est celui qui est parlé à la maison. La «derija», langue maternelle des enfants, est une langue parlée et non écrite, qui n'est jamais abordée à l'école. L'arabe classique est lui réservé à la religion, à l'école et aux papiers officiels. Les Algériens apprennent l'arabe classique dès leur première année de primaire et l'étudient jusqu'au baccalauréat. Tout comme le français qui sert encore aux matières scientifiques. Le principal argument de la ministre, c'est de diminuer les échecs scolaires trop fréquents dus à la difficulté de la langue arabe. »

TSA

1er août 2015

« Amar Ghoul, le président du parti TAJ, a réagi, ce vendredi 31 juillet, à la rumeur autour du projet de la ministre de l’Éducation Nouria Benghebrit d’introduire l’arabe dialectal (darja) dans le cycle primaire. Lors d’un meeting qu’il a animé dans la commune de Douaouda, à Tipaza, M. Ghoul a estimé que « ce dossier est clos depuis que la ministre a affirmé qu’elle n’a pas déclaré cela et si elle l’avait déclaré, l’initiative doit impérativement passer par le conseil du gouvernement. Et en tant que membre du gouvernement, je n’ai pas eu vent de cela ». Dans ce cadre et pour bien clarifier les positions de son parti par rapport aux intentions à venir de la ministre de l’éducation, Amar Ghoul lui lance : « la langue arabe est sacrée. Elle est consacrée à travers la constitution ». Avant d’insister en haussant le ton : « TAJ dit et déclare que l’Islam, la langue arabe ainsi que le Tamazight sont des lignes rouges et des constantes nationales et des principes novembristes dont on ne se départira pas ».

Kabylie News

7 juillet 2015

« Une vive polémique s'est déclenchée après la propagation d'une information faisant état du statut obligatoire de l’enseignement de l'arabe algérien dans le cycle fondamental de l'école algérienne. En effet, s'ajoutant à la tollé engendrée sur les réseaux sociaux, un groupe de députés islamo-baathistes a demandé le limogeage de la ministre tandis que l'association des Oulémas algériens a dénoncé une atteinte à la langue arabe. De son coté, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a qualifié, aujourd’hui jeudi à Laghouat, la rumeur concernant l’introduction de l’enseignement de l’arabe dialectal dans le cycle primaire de «chahut inacceptable». La ministre, qui s’exprimait sur les ondes de la radio locale, a indiqué que «la langue arabe reste la première langue d’enseignement, adoptée dans l’enseignement des autres matières», soulignant, à ce propos, que «la Constitution est claire sur la question». «Il appartient de faire preuve de sagesse et de s’occuper davantage des questions pédagogiques», a affirmé Mme Benghebrit, avant de faire état de suggestions formulées par des spécialistes participant à la conférence régionale d’évaluation de la mise en œuvre de la réforme scolaire, appelant à tenir compte, de façon progressive, du background linguistique de l’enfant. La ministre de l’Education nationale a estimé, par ailleurs, que l’étude des contenus du manuel scolaire a laissé apparaître une place «insuffisante» accordée au patrimoine national, et émis pour cela le souhait de réserver davantage d’éclairage, sur le plan éducatif, à ce patrimoine, dont la poésie populaire. «Comment concevoir la dimension algérienne, si le secteur de l’éducation n’investit pas sur l’aspect innovateur véhiculé par les langues arabe et amazighe», s’est-elle interrogée. »

Le Soir d’Algérie

8 août 2015

Des syndicalistes soutiennent Benghebrit

« Nouria Benghebrit ne s’attendait certainement pas à devoir autant se justifier, en annonçant, fin juillet dernier, les recommandations issues de la Conférence nationale sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme du système éducatif. Dans cet entretien, le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) et le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) reviennent sur la polémique. Les deux syndicats appellent à laisser l’école loin de la politique et de l’idéologie pour la confier aux spécialistes et aux pédagogues. »

IDIR ACHOUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL DES LYCÉES D’ALGÉRIE (CLA) :

«Ce sont des défenseurs de l’échec»

Le Soir d’Algérie : Que pensez-vous de la polémique autour de l’introduction des langues maternelles dans le cycle primaire ?

Idir Achour : Nous considérons que la polémique autour de cette question relève de l’idéologie et non de la pédagogie. L’approche actuelle n’a pas donné les résultats souhaités et c’est un constat d’échec. Comment défendre un constat d’échec ? Ce sont les ennemis du nationalisme et de la langue arabe elle-même qui veulent maintenir le système actuel. Pourquoi faire de la manipulation pour maintenir un système qui a prouvé son échec. L’expérience actuelle a donné de mauvais résultats, le débat doit être orienté dans ce sens. Plus grave encore, actuellement, sur le terrain, les enseignants du primaire et du moyen enseignent avec l’arabe classique, arrivé au lycée, l’élève reçoit un enseignement en arabe dialectal car ni l’élève, ni l’enseignant ne maîtrisent l’arabe académique de l’école notamment pour enseigner les mathématiques et la physique, alors que c’est l’inverse qui doit se faire. Les recommandations de la Conférence nationale ne sont pas des expériences à expérimenter mais elles sont issues des expériences réelles et rationnelles qui peuvent amener le changement.

Alors vous soutenez cette recommandation ?

Nous sommes avec la position des spécialistes et des chercheurs dans le domaine qui ont démontré que l’adaptation de l’élève se fait pendant la 2e et la 3e année primaire à l’environnement scolaire et l’accessibilité à une langue académique devient plus facile lorsqu’on communique avec l’enfant par sa langue maternelle. Cette approche est utilisée dans le monde entier et de ce point de vue, le CLA est d’accord pour l’utilisation de la langue maternelle dans les classes d’apprentissage." […]

S. A. MEZIANE MERIANE, PORTE-PAROLE DU SYNDICAT NATIONAL DES PROFESSEURS AUTONOMES DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE ET TECHNIQUE (SNAPEST) :

«C’est un problème idéologique et politique»

Le Soir d’Algérie : Que pensez-vous de l’introduction des langues maternelles à l’école ? Meziane Meriane : L’introduction des langues maternelles est une orientation de l’Unesco et jusque-là toutes les recommandations de cette organisation ont été respectées par nos responsables. Il n’y a pas lieu de soulever une polémique puisque actuellement certains enseignants de matière de physique ou mathématiques expliquent aux élèves les cours avec la langue qu’ils utilisent quotidiennement. La langue parlée de l’enfant lui permettra d’acquérir des notions scientifiques et des notions d’enseignement en général. Lorsque l’enfant étudie une langue étrangère, le français ou l’anglais, on utilise l’arabe et on interdit à l’enseignant l’utilisation de l’arabe dialectal pour enseigner l’arabe et permettre à l’enfant d’acquérir des notions par sa langue maternelle.

Quelle recommandation vous voulez voir se concrétiser en urgence ?

Le plus urgent, c’est de lever cette interdiction faite aux enseignants de ne pas parler l’arabe dialectal et nous appelons aussi à la refonte du bac, certaines matières doivent disparaître ou examinées en deuxième année secondaire car cinq jours d’examen, c’est trop long pour l’élève. Il faut aussi revoir le coefficient des matières essentielles à la hausse. Il y a beaucoup de matières, ce qui permet à l’élève d’avoir son bac sans qu’il soit vraiment fort dans les matières essentielles. Un scientifique, par exemple, peut avoir son bac sans être fort en sciences car il récompense avec les autres matières.

Votre point de vue sur la ministre de tutelle...

Je trouve qu’elle a pris des décisions courageuses loin de toute pression politique. Jusque-là, il y avait une mainmise sur l’école algérienne et lorsqu’on touche à leurs visions, nous avons ce genre de réactions. Il faut laisser l’école algérienne loin de toute bataille politique et idéologique et redonner la parole aux spécialistes de l’éducation pour que l’on puisse remettre l’école algérienne sur les rails. » |…]

S. A.

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